Migrants : le blues des conducteurs de trains d’Eurotunnel

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Depuis fin juin, treize migrants ont perdu la vie aux abords du tunnel sous la Manche. Percutés par un train, électrocutés en tentant de rallier l’Angleterre. Pour les conducteurs des navettes, c’en est trop. Ils ont lancé un « appel à l’aide » dans une lettre ouverte, publiée ce jeudi.

« Nous ne voulons, nous ne pouvons plus exercer notre métier dans de telles conditions de stress, d’angoisse, de peur au ventre », écrivent ces cheminots du Pas-de-Calais, syndiqués à la CGT qui relaie leur cri d’alarme. Dans ce document, ils confient leur peurs. « Peur de commencer, peur de finir, peur de conduire, peur du devant, peur de percuter, d’écraser, d’électrocuter, de réduire en bouillie un pauvre hère, un déshérité, un maudit de la vie, un damné de la Terre. »

« Le cœur n’y est plus », avouent ces conducteurs de rames. Ils évoquent une sorte de « comptabilité morbide », ils parlent d’images qui les hantent pendant leurs repos, de situations « surréalistes ».

Le dernier mort de la liste a succombé dans la nuit de mardi à hier mercredi, percuté par un train de fret. La semaine dernière, un mineur mourait dans les mêmes conditions. Le 18 septembre, un autre candidat à la traversée avait été foudroyé. Ce syrien aurait tenté de monter sur une navette sous tension.

Il y aurait 3.500 migrants présents aux abords de Calais, tentant de passer la Manche en empruntant un ferry ou un train sur le site d’Eurotunnel.

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