Monsanto et l’immortalité, dites-le avec des fleurs

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Monsanto en route vers l’immortalité ? En tout cas, la célèbre société de biotechnologie américaine, souvent décriée, vient de déposer le brevet pour une invention qui va permettre d’empêcher les fleurs de faner. Et lance un nouveau concept, la mutation génétique provisoire.

Dites le avec des fleurs

Il ne viendrait à personne l’idée de vendre, ou d’acheter, des fleurs fanées. Le coût de transport de ces végétaux s’en trouve substantiellement augmenté : entreposage frigorifique, camions hermétiques remplis de gazs anti-âge et autres procédés chimiques pour empêcher les fleurs de faner avant leur vente.

Il faut dire que le marché de la fleur s’est considérablement internationalisé. L’exportation et la vente des fleurs et des plants vivantes représentaient un marché de 20 milliards de dollars avec les Pays-Bas, l’Équateur et la Colombie qui sont les plus gros exportateurs. Ainsi, 80 % des fleurs vendues aux Etats-Unis proviennent de l’importation.

Monsanto entre en scène

Le principal facteur qui permet aux végétaux de mûrir, et de se faner, est l’éthylène. Un gaz produit par les plantes elle-même, et qui provoque des phénomènes aussi divers que la chute des pétales de rose ou le pourrissement des pommes de terre.

La création de l’entreprise américaine est un protocole, basé sur une molécule issue de l’ARN (acide ribonucléique ), qui permet de bloquer l’hormone qui fabrique l’éthylène. L’action du protocole Monsanto, baptisé BioDirect, est provisoire.

Concrètement, l’idée est de traiter les fleurs avant leur éclosion avec le protocole Monsanto. Celles-ci seraient ensuite livrées sur le lieu de vente, et prêtes à être commercialisées lorsque les effets du produit seront dissipés.

Un révolution fleurie

Hilary Rogers, une scientifique à l’université de Cardiff qui étudie le stress sur les plantes, expliquait à la presse Américaine que, si le processus fonctionne bien, et que Monsanto trouve une solution pour le commercialiser, alors le marché de la fleur sera bouleversé.

L’enjeu porte sur l’aspect périssable des fleurs. La quantité de déchets, fleurs fanées, perdues, surface de culture utilisées pour ces végétaux perdus, seraient considérablement réduites. L’impact écologique de ce produit serait donc positif.

Reste deux écueils majeurs : la mauvaise réputation grandissante de Monsanto, la firme étant devenue pour les écologistes un symbole à abattre, et la difficulté qui semble se présenter pour passer d’un traitement de laboratoire à un produit commercialisable en masse.

D’ici là, les fleurs qui composeront les couronnes mortuaires proviendront certainement encore longtemps d’un réfrigérateur, à l’ancienne. On ne peut toutefois que se poser la question : ce traitement sur les végétaux trouvera-t-il un jour son équivalent humain ?

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