Mort des sportifs : le cercueil, ultime carton rouge ?

0
937
mémorial à la mémoire de Tom Simpson, mort durant le Tour de France en 1967, sur le mont Ventoux, assis sur son vélo.
Le sport est bon pour la santé, certes, sauf quand on s’effondre raide mort sur le terrain. C’est la triste histoire qui est arrivée à Gregory Mertens jeudi dernier, à 24 ans. Ce n’est pas le premier.
Le cas des sports mécaniques

Dans cette sinistre litanie, mettons à part la formule 1 : se propulser le plus rapidement possible dans la voiture la plus légère possible comporte un certain facteur risque qu’il ne faut pas négliger. Ou plutôt, comportait un certain facteur risque : la double mort de Roland Ratzenberger le samedi, puis Ayrton Senna le dimanche 1er mai 1994, précédé, ce même week end sur le circuit d’Imola de Rubens Barrichello sonnent le glas de la formule 1 sans électronique, alors interdite.

La moto offre encore moins de protection. Rien que sur le Paris-Dakar, par exemple : sur 24 morts dans les compétiteurs depuis le début de la compétition, 20 sont des motards. Le premier fut Patrick Dodin, en 1979, et le dernier en date, Michal Hernik, en 2015. Le Paris-Dakar aurait cause, en tout, entre 50 et 60 décès depuis son existence en 1979, dans les équipes, mais aussi parmi les habitants des villes traversées…

Il y a des oublis, et ils sont nombreux, on n’a pas traité ici des courses de moto sur circuits, mais d’une manière générale, les sports mécaniques sont mortifères par nature. Tout comme les compétitions nautiques, par exemple : Loic Caradec, mort en 1986 sur la route du Rhum, Alain Colas disparu avec son bateau, le Manureva, sans laisser de traces, ont couru, et accepté, des risques inhérents à la nature de leur sport.

Lire aussi :  OGF: Inauguration du crématorium de Beaucaire

D’autres sports ne sont pas à l’abri : catcheurs, boxeurs, hockeyeurs, chaque discipline a ses victimes. Ces sports sont néanmoins considérés comme « rugueux » et les mauvais coups y pleuvent souvent.

Il en va tout autrement de compétitions sportives censément « paisibles » comme le football, par exemple.

Footballeur, la mort à la ligne de but ?

Gregory Mertens n’est que le dernier en date d’une longue liste entamée en 1889, lorsque, le 13 janvier, un certain William Cropper, dont l’équipe de Staveley affrontait celle de Grimsby Town s’effondre, victime d’une rupture intestinale. Si beaucoup de joueurs de football du début du XXéme siècle meurent du tétanos après blessures, (James Collins, Joe Powell, respectivement en 1900 et 1896), certaines causes de la mort sont plus surprenantes : Tommy Blackstock meurt en 1907 d’avoir donné un coup de tête au ballon…

La plupart des footballeurs aujourd’hui meurent de complications cardiaques, comme Mertens. Le phénomène est bien connu : généralement, les joueurs de moins de trente ans décèdent d’une cardiopathie sous-jacente, c’est-à-dire qu’ils sont porteurs d’une malformation cardiaque silencieuse et ignorée. Avant 30-40 ans, il s’agit d’un épaississement du muscle cardiaque, qu’on appelle fibrillation ventriculaire, et après 30-40 ans, on a principalement des infarctus du myocarde, compliqués par un épaississement du muscle cardiaque.

Il est très difficile de détecter les malformations cardiaques et de savoir quand un épaississement du muscle cardiaque devient pathologique.

Sportifs du dimanche et des autres jours

Le phénomène semble être en augmentation depuis le début des années 2000 : pourtant, d’après les spécialistes, il s’agit d’une illusion, causée par le fait que c’est justement dans ces années là que le phénomène a été identifié. Nombre de diagnostics posés sur des décès antérieurs seraient à revoir.

Lire aussi :  France Tombale, le bilan du spécialiste du funéraire en ligne

Il est à noter une statistique édifiante : sur 1000 cas recensés en France de mort subite du sportif, seuls 15 étaient des compétiteurs de haut niveau. 985 de nos compatriotes sont morts persuadés de prendre soin de leur santé. Le football, la course à pieds et le vélo sont les trois sports les plus mortels.

Au final, le petit footing de décrassage du samedi matin a plus de chance de vous tuer que si faisiez des tours à 300 kilomètres/heure au volant d’une Formule 1. La seule discipline sportive qui semble, d’après nos recherches, ne jamais avoir fait de victime dans l’histoire est le curling. A bon entendeur…

Guillaume Bailly

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here