Moselle : opérateurs funéraires, attention à la ligne jaune

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Une macabre découverte en Moselle, et voilà la presse qui se remet à parler des pompes funèbres, en mal, comme d’habitude. Ne râlez pas, c’est mérité…
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RTL, Europe 1, Loractu, Métronews, France Soir, le Figaro, La Dépêche, TF1, L’Express, France Soir… Les pompes funèbres ont les honneurs de la presse depuis deux jours. Mais que se passe-t-il ? Des croque-morts inventifs ont participé à une publicité pour une bonne oeuvre ? Un petit rigolo a commis un livre avec plein d’anecdotes ? Non, hélas.

Il paraît qu’on aime mieux parler de soi en mal que de n’en point parler, c’est François de La Rochefoucauld qui l’affirme (1613 – 1680, écrivain, moraliste et mémorialiste français, surtout connu pour ses Maximes – cette aparté culturelle vous a été offerte par la rédaction), et, de ce point de vue, c’est réussi : même Funéraire Info se trouve obligé d’évoquer l’affaire en termes sinistres.

L’affaire, parlons-en

L’histoire commence lors d’une bucolique promenade sylvestre en Moselle. Des promeneurs en quête de muguet, fort peu à propos, puisque des trompettes de la mort eussent été de bon aloi, tombent au détour d’une combe sur des ossements indiscutablement humains, des restes de cercueil et des pierres tombales.

« Xavier Dupont de Ligonès ? » s’est peut être demandé l’un. « Oh ben non, à lui tout seul, il ne peut pas être si nombreux » a peut être répondu l’autre.

Rapidement, la gendarmerie a été prévenue de l’existence de cette fosse commune/dépotoir à ciel ouvert, et a commencé ses investigations. Première chose que l’œil exercé du professionnel déduira, c’est qu’ils ne voulaient pas trop en dire à la presse. Des inscriptions ont certainement été retrouvées sur les monuments, une matinée de recherche devrait les mener du cimetière d’où elles ont été enlevées, vers l’entreprise qui a déposé une demande d’autorisation de travaux en mairie.

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Ca vous gratouille ou ça vous chatouille ?

Même si l’envie me démange, ne comptez pas sur moi pour dénoncer les Pompes Funèbres Très Méchantes ce n’est pas le genre de la maison. En revanche, et je pense que vous serez d’accord avec moi, ils méritent un savon homérique.

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Cher Monsieur,

Vous avez dévidé des défunts à même la forêt. Vous me direz peut être que ce terme de dévidé n’est pas joli, je vous rétorquerai que vous êtes tout de même drôlement gonflé de vous offusquer d’un simple mot.

Chaque jour, des milliers de professionnel du funéraire en France s’efforcent de faire leur travail le plus consciencieusement possible, veillant au respect de la législation, très contraignante dans notre domaine, aux intérêts de leurs entreprises, très fragilisées en cette période de crise, en gardant toujours en tête l’intérêt des familles et le respect dû aux défunts. C’est tellement rare que je dirais que jamais un journaliste ne pousse la porte de leur agence et n’en sort avec l’idée d’un papier sur le thème « quel métier difficile, que ces gens font si formidablement ».

Par contre, il suffit que vous fassiez l’andouille une fois (du moins vous êtes vous fait attraper une fois, il y en a peut être d’autres) pour que toute la presse débarque. Est-ce que vous connaissez la probabilité pour que des publications comme Le Point ou Le Figaro consacrent des articles sur des pompes funèbres Mosellanes qui font bien leur boulot ? Nulles, oui.

Par contre, vous, félicitations, vous avez réussi à faire en sorte que ces prestigieuses publications se penchent sur notre sujet et ne ruinent notre réputation déjà (injustement) sulfureuse. Au niveau national, il va falloir des jours, peut être des semaines, avant que les familles ne fassent à nouveau une pleine et entière confiance à leur interlocuteur, et le manque de confiance, en période de deuil, peut s’avérer dramatique, mais au niveau de la Moselle, ce sera sans doute encore plus long.

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La justice décidera dans un premier temps de votre sort. Dans un second temps, sans doute, les familles et les professionnels qui collaboraient avec vous le feront-ils à leur façon. Votre cas est désespéré, j’abandonne.

Mais à tous les autres, professionnels du funéraire, qui nous lisent, rappelez-vous bien, si vous êtes tentés de franchir la ligne rouge : tout finit par se savoir, et ce jour là, ce ne sera pas seulement à vous, mais à toute la profession, que la presse ne fera pas de cadeaux.

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1 commentaire

  1. Il y a quelque chose qui m’échappe : comment un op’ fun’ a-t-il pu traiter avec un particulier pour laisser des ossements et autres sur son terrain ? Comment a-t-il fait pour transporter tout ça sans que personne ne s’en aperçoive ? La commune avait-elle entrepris des démarches pour abandon de concession ? Et quand bien même : les restes mortels auraient du aller dans l’ossuaire, ou être crématisés, pas jetés en pleine forêt. Les pompes funèbres auraient opéré discrètement et en pleine nuit pour accomplir leur sale besogne ? Mais si quelqu’un est allé au cimetière le lendemain, il a bien du s’apercevoir que quelque chose clochait et avertir tout de suite la mairie ! Si quelqu’un a une explication à cette bizarrerie, j’aimerais qu’il m’explique, svp.

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