Mourir nuit gravement à la santé, Yo-Yo post Mortem

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Dans le milieu de la bande dessinée, il existe toutes sortes d’auteurs et toutes sortes d’éditeurs. La rencontre de Gilles Le Coz avec les éditions Sandawe.com a donné lieu à un album… mortel, dans le bon sens du terme : Mourir nuit gravement à la santé, Yo-Yo post Mortem.

yo-yo-post-mortem-217x300 Mourir nuit gravement à la santé, Yo-Yo post MortemL’histoire

Monsieur Jean Paul Gratin est mort. Mort et enterré. Mais le repos éternel n’est pas encore au programme. Car, de son cercueil, un ultime voyage attend notre défunt… En compagnie d’un étrange guide, un squelette à l’humour… mortel, sorti tout droit d’un film de Tim Burton. Son nom ? Mister Bône. Cette descente au pays des défunts se transforme grâce à lui en un voyage initiatique, loin d’être triste ! Mister Bône a pour mission d’accompagner les morts dans une descente acadabrandesque vers l’ultime passage. Ce qui se passe une fois nos chers défunts enterrés est loin de ressembler à l’imagerie populaire. Vous n’y brûlerez pas pour l’éternité dans les pires tourments, mais vous serez plongé dans la truculence délirante d’un inframonde. Où fantaisie, poésie et humour noir mènent la danse. Où petits et grands trafics forment une économie de l’ombre. Où un mystérieux personnage tire les ficelles et provoque d’impressionnantes apparitions. Dans cet au-delà, l’âme de Mr Gratin s’offre surprises et décharges d’adrénaline à répétition, tandis que dans le monde des vivants, l’épouse de Monsieur Gratin, noyée de chagrin, mêne un quête désespérée pour tenter d’entrer en contact avec son défunt mari. Elle pénètre dans la masure d’une inquiétante spirite aux méthodes particulièrement bizarres. Va-t-elle réussir à lui faire parvenir l’ultime message qu’elle n’a pu lui dire avant sa mort ? Ou sera-t-elle entraînée, elle aussi, dans le dédale de ce monde étrange ?

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L’historique

L’album est publié aux éditions Sandawe.com, qui n’est pas un éditeur comme les autres. En effet, Sandawe.com est une plate-forme de financement participatif. Le principe ? Il est simple : les auteurs présentent leurs projets directement au public intéressé, les internautes adhérents de Sandawe. Ceux-ci soutiennent les projets qui leur plaisent en versant de l’argent, d’un montant de leur choix. Une fois un montant atteint, servant à financer l’édition de l’album, celui-ci paraît.

Qu’y gagnent les investisseurs ? Un retour sur bénéfices, s’il y en a, et, en fonction des montants engagés, divers cadeaux, albums en édition papier ou numérique, bien entendu, mais aussi planches originale, dédicaces… et surtout, surtout, un contact direct avec l’auteur, qui explique l’évolution de son œuvre, et immerge ce public participatif au sein de sa création. Les investisseurs sont appelés des édinautes et forment un groupe de passionnés au goût très sûr.

Gilles Le Coz a donc convaincu le public de le suivre et de financer son album. Est-ce justifié ?

planche-yo-yo-220x300 Mourir nuit gravement à la santé, Yo-Yo post MortemCe qu’on en a pensé

Tant d’édinautes ne peuvent pas se tromper, vous direz vous. Et c’est vrai. Ce Yo-yo Post Mortem est une très bonne surprise. Truffé de références, à la chanson notamment, bourré d’humour, on pourra peut être reprocher à cet album une certaine linéarité, mais qui est due à l’histoire : après tout, il s’agit de deux fortes personnalités qui se rendent d’un point A à un point B, l’un guide roublard, l’autre naïf découvrant un univers déconcertant. Pas de suspense insoutenable donc, mais des gags à chaque page, des références, des rires à la pelle, et une fin à mourir… de rire.

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C’est le point fort de l’album : la référence à Tim Burton est peut être ce qui s’en rapproche le plus, mais Gilles Le Coz développe un univers propre, vite identifiable, qui ressemble et s’éloigne de ce qui s’est fait dans le genre (Burton, mais aussi La Petite Mort ou Monsieur Mardi-Gras Descendres) tout à la fois.

Si les personnages ne seront pas tous les même d’un album à l’autre (il faut le lire pour savoir pourquoi), Le Coz semble vouloir explorer et développer son univers dans une série. Ce Yo-Yo Post Mortem fait alors office d’introduction haut de gamme.

En bref, une découverte rafraîchissante, peuplée de personnages attachants, et un monde au potentiel énorme dont on attend de découvrir la suite après avoir lu celui-la d’une traite. Funéraire Info vous le recommande les yeux fermés.

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