Muse aux Vieilles Charrues, une fête dans la défaite

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Les Vieilles Charrues édition 2015 ont commencé jeudi, pour quatre jours, avec une ouverture tout en fracas, grâce à Muse, et en pertes, à cause de l’organisation…
Muse aux Vieilles Charrues, quatrième

C’était le quatrième passage du combo anglais au festival Breton : en 2000, alors débutants, en 2004, en pleine ascension, et en 2010, un concert sous des trombes d’eau dont les participants gardent un souvenir ému. En 2015, c’est un des plus grands groupes du monde qui s’est présenté devant le public de Kerampuilh, la prairie de Carhaix ou se déroule le festival, de justesse, d’ailleurs : les Muse, suite à une mésaventure, sont arrivés sur le site 20 minutes avant le début du concert, encadrés par les motards de la gendarmerie dans un convoi toutes sirènes hurlantes. Une arrivée digne de chefs d’état.

C’est avec seulement dix minutes de retard que Matthew Bellamy, Christopher Wolstenholme et Dominic Howard sont montés sur scène, alors que le public se faisait copieusement enguirlander par le sergent chef du clip de Psycho. Avec ce titre, la bande à Matthew annonce la couleur : ils ne sont pas là pour plaisanter. Le son du groupe pop rock ferait pleurer de joie n’importe quel amateur de métal. Supermassive Blak Hole accompagne le vibrant « Bonsoir Carhaix » lancé par un Bellamy en pleine forme avant que ne retentisse The Handler, histoire de finir d’asseoir la suprématie du trio (accompagnés d’un clavier inaudible la plupart du temps).

Kerampuilh hystérique

Comment rendre instantanément fous 50 000 festivaliers blasés par la nullissime prestation de Soprano subie juste avant ? « Facile » répond Muse : il suffit que Bellamy attaque les premières notes de Plug In Baby pour qu’aussitôt cent milles pieds bondissent dans la plaine, pour trois minutes de tremblement de terre échelle 10 à Carhaix. The Groove, Uprising, Dead Inside, Hystéria, Munich jam, Apocalypse please, Starlight : difficile de réaliser à quel point les trois anglais, en plus d’être des bêtes de scène, sont une usine à tubes.

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Deux titres seulement pour le rappel, mais quels titres : Mercy (avec l’erreur de traduction de mon voisin, qui se retourne vers sa copine pour lui hurler aux oreilles « oh, c’est sympa une chanson pour dire merci ! ») et enfin, sur les notes de l’Homme à l’harmonica d’Ennio Morricone, un Knights of Cydonia épique.

Après la fête, la défaite

Malheureusement, les souvenirs du concert sont vites éclipsés par l’organisation catastrophique de l’édition 2015, d’autant plus surprenante que l’équipe des Vieilles Charrues ont fait preuve, au cours des 23 éditions précédentes de professionnalisme et de talent. Parkings pas indiqués, sortie engorgée, sortir du site puis de Carhaix a pris trois heures à votre serviteur, qui fait partie des chanceux : trois heures, c’est ce qu’il a fallu à un touriste venu exprès pour sortir de son parking. Pas sûr qu’il prévoie de nouvelles vacances en Bretagne.

La surprise est de taille pour le témoin qui voit le festival se féliciter du système de porte monnaie électronique qu’il a mis en place. Trois quart d’heure de queue pour obtenir le bracelet à code-barre, puis deux heures avant de pouvoir accéder au « bureau de change » pour le charger, et quarante minutes de queue en moyenne pour un sandwich, un kébab, ou une pizza (crue, d’après ceux qui l’ont goûté), c’est incompréhensible. Surtout que, dans l’enceinte, l’argent liquide n’a pas cours : c’est le bracelet-porte-monnaie électronique, ou rien. Au pire, on vos donnera gratuitement un verre d’eau, après une interminable attente, encore. Bref, l’expérimentation s’avère un désastre, et les 150 bénévoles engagés pour ce porte monnaie auraient été plus utiles à faire la circulation.

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Voilà comment un magnifique concert se transforme en souvenir de cauchemar. A moins que les organisateurs ne reviennent à de meilleures dispositions, Les Vieilles Charrues est devenu LE festival à fuir absolument.

1 commentaire

  1. Pour info le festival de musilac était certainement autant voire pire que les vieilles charrues au point de vue de l’organisation. Aux vieilles charrues on pouvait sauter dans tous les sens sur les rythmes endiablés du trio anglais a musilac pour une grosse partie du public on pouvait juste sauter de fureur tellement le son etait pourri voire inexistant. Sans compter les navettes gratuites qui etaient débordées et prises dans les bouchons de sortie de festival, les malheureux on du se résigner pour rejoindre leur vehicule a pied, 1h voire 2h dans certains cas. Et l’organisation ne fait pas d’excuses a 69 euros le billet. Pire elle accuse le public de ne pas s’être reparti correctement sur le site. C’est juste honteux

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