Naples : la grève des enterrements est déclenchée

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L'entrée du cimetière de Poggioreale, à Naples

Il ne fait plus bon mourir à Naples. Depuis le nouvel an, les défunts se trouvent pris en otages au cœur d’un conflit qui oppose la municipalité et cinq coopératives de fossoyeurs. En jeu : la privatisation des services funéraires au cimetière central Poggioreale.

Depuis le début du mois, plus aucun enterrement n’a lieu dans ce gigantesque cimetière, aménagé en 1837. L’un des plus grands du pays. C’est la grève. Les morts attendent en chambre froide l’issue des négociations. Car voici quelques semaines, la mairie a décidé de confier dorénavant à des sociétés privées les travaux à effectuer en ces lieux. Une tâche remplie depuis vingt ans par les coopératives de fossoyeurs, qui dénoncent donc leur mise à l’écart, synonyme de perte d’emploi. Dans le journal italien Stampa, leur porte-parole s’est excusé auprès des familles pour la peine engendrée, précisant qu’eux aussi en avaient une. Et qu’il fallait bien la nourrir.

On connaîtra le 2 février le résultat de l’appel d’offre lancé par la mairie. Le conflit risque donc de durer jusque là. Les fossoyeurs entendent négocier un accord qui leur donnerait la garantie que les sociétés privées retenues feraient appel à eux. Ce qui n’a rien d’évident. Et pas seulement au nom de la liberté d’entreprendre.

En effet, certaines de ces coopératives ont été stigmatisées par le passé pour des pratiques curieuses, mêlant histoires de pots-de-vin, de vols dans les chapelles ou de revente de niches funéraires. En sollicitant des sociétés privées, la mairie napolitaine a donc aussi en tête d’enterrer certaines pratiques anciennes.

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