Obsèques, le mort était toujours vivant

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Un article paru aujourd’hui dans Ouest-France nous apprend qu’un défunt s’est fait attendre au cimetière, et que l’affaire est plus que louche. A Funéraire Info nous n’avons pas de réponses… Mais encore plus de questions.

Bref résumé

C’est un avis d’obsèques qui a fait tilt dans certains esprits à Alençon : annonçant le décès de Cédric Lancelin, 26 ans, l’avis précise que « La cérémonie sera célébrée le Mardi 16 Septembre 2014, à 10 heures 30, Église du Christ Roi de Courteille à ALENCON ».

Certains esprits proches de la justice, d’ailleurs, puisque le défunt était « bien connu des services de police », selon la formule consacrée. Il avait d’ailleurs une peine de prison ferme à effectuer avant de pouvoir vaquer librement à ses occupations, qui semblent consister principalement à chercher comment s’approprier le bien d’autrui. Un petit Mozart de l’arnaque, puisque, si jeune, il comptait déjà 29 condamnations à son casier.

On ignore si c’est l’affliction devant la perte d’un si bon client, la simple politesse vis à vis d’un habitué, ou, l’on n’ose y songer, le soupçon, mais le Procureur de la République a tenu à envoyer un représentant aux obsèques. Représentant qui trouva, le jour et à l’heure dite, une grand-mère éplorée devant une église à l’huis clos.

Le Parquet soupçonne le jeune homme d’avoir voulu se soustraire à sa peine et le recherche activement. La pompe funèbre explique qu’elle a reçu un coup de fil pour demander des obsèques, puis un coup de fil pour les annuler, au prétexte d’un conflit familial.

De plus en plus louche…

Là, nos lecteurs professionnels auront bondi de leur chaise : mais quelle pompe funèbre aurait été assez inconsciente pour tomber dans ce piège ? La réponse est simple : toutes.

Reprenons les faits : la famille appelle les Pompes Funèbres Bouillon, à Alençon. L’homme à l’appareil explique que son frère est décédé à Paris, demande de prendre date pour la cérémonie et la crémation, et prend rendez-vous avec le conseiller pour samedi matin.

Puis l’homme appelle Ouest-France, pour demander un avis de décès à faire paraître absolument le vendredi. Ouest-France prend l’avis en note, et, après avoir raccroché, la sténo appelle, pour vérification, les Pompes Funèbres, pour avoir confirmation qu’un dossier est bien ouvert. La pompes funèbre confirme, oui, elle est bien en relation avec la famille.

Enfin, le même homme rappelle la pompes funèbre le samedi, pour expliquer, puisqu’il prétend être le frère du défunt, que sa belle-sœur, la veuve, a opté pour une inhumation dans une autre ville. Ça aussi, ça arrive, le conseiller funéraire annule l’église et le crématorium, et puis c’est tout, puisque la famille est passée en direct avec le journal.

Le coupable est…

S’il faut désigner un bouc-émissaire, c’est le sens du service et de l’écoute.

Peut on reprocher quoi que ce soit à Ouest France ? Non, le journal a fait son travail, prise en compte de l’avis, vérification, publication.

Peut on reprocher quoi que ce soit au conseiller funéraire ? Non, il a fait son métier, dans une situation finalement assez banale. N’importe qui serait tombé dans le panneau, à sa place. Non ? Moi, oui, en tout cas. Comment faire pour éviter ce genre d’arnaques, tout vérifier ? Encore faut il avoir le temps. Arrêter d’être sympathiques et humains avec les familles endeuillées ? Ca ressemble à une mauvaise idée.

Peut on reprocher quoi que ce soit au mort ? Non, il est mort… attendez, non, il ne l’est pas, finalement. Et c’est un escroc professionnel. On dirait que notre coupable est tout trouvé. De plus, au vu de son pedigree, ce n’est pas une casserole de plus qui changera quoi que ce soit.

En attendant, tout le monde le cherche. Il est parti s’enterrer on ne sait où.

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PS : l’avis de décès a été retiré entre-temps du site de Ouest-France.

Funéraire info remercie Delphine de Ouest-France et notre informateur masqué (il se reconnaîtra) pour leur aide inestimable.

L’article de Ouest France

Le pédigrée du « défunt ».

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3 COMMENTAIRES

  1. je ne suis pas d’accord avec vous concernant la parution dans le journal. Le professionnel n’aurait pas dû envoyer l’avis d’obsèques sans avoir signer les papiers de pouvoir et avoir vu le défunt. C’est inadmissible.

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