Gestion des obsèques pour un indigent, côté pompes funèbres

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obsèques pour un indigent

Comment gérer en tant que professionnels du funéraire sur le plan humain, personnel et professionnel des obsèques de personnes seules, sans famille ? Quelles sont les responsabilités qui vous incombent lorsque vous devez faire des obsèques pour un indigent ?

Le même respect pour tous aux obsèques pour un indigent

Pour Marc, ça passe par le respect, c’est une question de principe qui va au delà de tout « Le respect est le même pour tous, je ne fais pas de différence entre des obsèques pour un indigent ou pour quelqu’un dont les proches se seront déplacés en nombre »

Parmi les indigents l’on peut retrouver les sans domicile fixe, mais aussi des personnes qui n’ont plus ou pas de famille, certaines sont des personnes âgées, délocalisées et désocialisées. Le drame de la solitude comme on le nomme aujourd’hui. Le collectif mort dans la rue s’est indigné il y a quelques années sur le non respect de pratiques lors des obsèques d’indigents  : toilettes, habillement,dignité de la sépulture.

Le domaine du souvenir

« Ça n’est pas parce qu’il n’y a personne aux obsèques pour un indigent que ça ne veut pas dire que personne ne se souviendra de lui, c’est comme deux personnes qui se marient sans aucun invité est-ce-que pour autant que leur amour n’est pas authentique ? ».  La mort, on le sait renvoie souvent à la solitude. Pour les agents funéraires une cérémonie est dans l’esprit, un partenariat entre les agents et la famille, mais lorsqu’il n’y a pas de famille, le rôle des agents funéraires est incertain. Les voilà tout à coup dans l’intimité, spectateur de ce qui aurait dû être et de ce qui n’est pas.

Didier est gardien de cimetière est chaque année il le voit notamment au moment de la Toussaint il y a de moins en moins de personnes. Aujourd’hui il n’y a plus de fosse commune et heureusement, tout le monde doit pouvoir être enterré décemment sans distinction de culte ou de croyance. Mais Didier regrette ses « amas de terre sans visage, sans hommage, pourtant il y a des histoires là en dessous ».

Un indigent… qui ne l’est plus

Parfois une famille apprend des années plus tard qu’une personne de leur entourage ou de leur famille est décédée et enterrée là, sans sépulture. Certains paient pour les changer de place, Anne fait partie des marbriers de la ville de Lyon, elle explique que depuis quelques années des gens lui demandent où se trouve la tombe de telle ou telle personne, mais « je ne peux pas toujours leur répondre, il y a tellement de tombe sans plaque ».

Les obsèques pour un indigent, pour ne surtout pas oublier

Entre le tabou de la mort, et le nombre de personnes isolées, le risque est de voir augmenter le nombre d’indigents, –nommés aujourd’hui personnes démunies de ressources suffisantes –. Le nombre de personnes isolées est davantage conséquent dans les grande ville où le maillage communautaire est faible. Mourir dans l’anonymat le plus total peut arriver à chacun de nous. Les aléas de la vie nous mettent en garde contre cet oubli possible. Mais il est difficile de ne pas oublier lorsqu’on sait que c’est à la commune de payer les frais non seulement d’obsèques mais aussi tout ce qui a trait au souvenir. Les dotations de l’état diminuant, les cimetières ne sont plus prioritaires.  La ville de Bordeaux a néanmoins réussi il y a cinq maintenant à ériger une stèle en mémoire de ces personnes anonymes. Certains se recueillent devant elle chaque année, en mémoire de ces défunts qu’on oublie peu à peu.

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