OGF, le premier opérateur funéraire français

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C’était au XIXe siècle. L’empire napoléonien était tombé, et le fils du professeur de piano de feu la reine Marie-Antoinette menait une carrière artistique. Joseph Langlè écrivait. Du théâtre. Des articles. Des récits. Mais Langlè, ancien étudiant en médecine, avait aussi une autre passion. Le funéraire.

Entrepreneur, il crée d’abord la « Compagnie Générale des Sépultures », puis en 1828, « L’entreprise générale des pompes funèbres », ancêtre des PFG (1844). A l’époque, l’Eglise monopolise les cérémonies, mais délègue la logistique. Langlé va s’y investir, chargé des inhumations en banlieue parisienne d’abord jusqu’à sa mort en 1867.

Les PFG deviennent société anonyme en 1898, et vont tirer partie de la laïcisation des pompes funèbres (loi de séparation Eglise-Etat), proposant aux communes qui le souhaitent de prendre en charge cette nouvelle tâche. Rapidement, la société réfléchit à un développement à la fois interne et externe. Ainsi, alors qu’elle crée sa société de menuiserie fabricant les cercueils du groupe (1919), sa société de marbrerie (1936), et rachète aussi des concurrents dans l’entre-deux guerres : Robiot et Henri de Borniol (fondé en 1820). Cette dernière est aujourd’hui la société de prestige d’OGF.

Les PFG vont peu à peu imposer des normes. A commencer par les salons funéraires. Le premier du genre (un PFG donc) ouvre en 1962 à Menton (Alpes-Maritimes). Le groupe crée aussi une compagnie d’assurance dès 1976 (Auxia, revendue  au groupe Médéric en 2000). Un premier crématorium ouvre en 1988 à Nantes. En 2003, le réseau d’entreprises locales Dignité funéraire est mis sur pied.

Petite révolution en 1979 : La Lyonnaise des Eaux devient l’actionnaire majoritaire. Après la suppression du monopole communal en 1993, le groupe passe sous pavillon américain (1995) quand Service Corporation International, leader mondial du secteur, prend le contrôle d’un ensemble qu’il va bientôt fusionner sous l’étendard OGF (Omnium de Gestion et de Financement).

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Rebondissement en 2007, et changement de drapeau, avec l’entrée majoritaire de la société française de capital-investissement Astorg Partners. Une opération à 780 millions d’euros. Depuis cette date, plus de 40 acquisitions ont été réalisées par OGF-PFG.

Le premier opérateur français (un quart du marché national en 2012 et 50 crématoriums en gestion) n’en a pas fini. En 2013, c’est le fonds britannique Pamplona Capital Management (contrôle par le milliardaire russe Alex Knaster) qui se porte acquéreur pour 875 millions d’euros. Le régime de retraites canadien Ontario Teachers’s Pension Plan entre aujourd’hui au capital, à hauteur de 30%.

En 2014, OGF employait plus de 5.500 collaborateurs. Sur l’exercice clos au 31 mars, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 512 millions d’euros. Par ailleurs, le groupe déclarait alors détenir plus de 400.000 contrats obsèques en portefeuille, gérer 450 funérariums et produire 135.000 cercueils par an.

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