Organisation des secours après le crash d’un avion

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Quelles sont exactement les procédures en cas d’écrasement d’avion en France ? Quoique rarissimes, ces évènements sont soigneusement préparés et ne laissent aucune part à l’improvisation.
Geler la scène avant tout

Il faut tordre le cou à l’idée selon laquelle les premières unités de secours arrivées sur place se précipitent afin de porter secours aux survivants. L’intervention sur un site de crash d’avion exige un pragmatisme à toute épreuve, et la première étape consiste à geler la scène.

Le risque, en effet, est le suraccident. Un avion écrasé est une bombe chimique en soi : fumées toxiques dégagées par la combustion, carburants… Sans compter les dommages environnementaux qui peuvent devenir autant de dangers, comme, dans le cas qui nous intéresse, les débris à flanc de montagne qui peuvent chuter sur les équipes, l’impact qui peut fragiliser la falaise et provoquer des éboulements…

Aussi est il vain de tenter de porter secours à d’éventuels survivants si c’est pour envoyer les sauveteurs à la mort. Geler la scène vite que le nombre final de victimes ne soit supérieur à celles de l’accident initial.

Cette étape consistera donc à bloquer l’accès à la scène pour toute personne dont la présence n’est pas indispensable, puis sécuriser les éléments dangereux dans la mesure du possible, et indiquer les zones de danger dans le cas inverse.

Ensuite, la seconde étape, porter secours aux survivants. Si il y en a…

L’enquête

La troisième étape est de se lancer à la recherche des boîtes noires, en ratissant chaque zone. Les boîtes noires sont les éléments essentiels de l’investigation à suivre, et sont considérées comme les éléments les plus prioritaires de l’enquête.

Lorsqu’une zone a été fouillée, les équipes peuvent commencer à trier les débris de l’appareil et les restes humains. Ceux-ci sont rapatriés vers le site dédié à leur identification.

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L’enquête proprement dite, sur le terrain, passe par le quadrillage de la zone en carrés. Délimités par des bandes plastiques, ceux-ci sont soigneusement inventoriés et photographiés. Cela permet de dresser une cartographie précise de l’emplacement de chaque élément.

Identification des défunts

Les restes des défunts sont transportés, soit à l’IML le plus proche, soit dans un endroit sur le site de commandement de l’opération équipé pour permettre les investigations médico-judiciaires.

Les relevés ADN ne sont qu’une partie de l’identification : les médecins légistes, sur place, usent de tous les procédés à leur disposition pour permettre l’identification, comme l’inventaire des signes particuliers et le relevé des empreintes dentaires.

Un examen médico-légal est également pratiqué sur chaque corps, afin de déterminer le plus précisément possible l’instant et les circonstances du décès. Ceci servira à préciser, le cas échéant, ce qui s’est passé lors des derniers instants de l’appareil.

La chapelle ardente et les familles

Dans des cas comme celui-ci, la chapelle ardente a plus une charge symbolique destinée au recueil des familles qu’au dépôt des corps. Il est en effet impossible, à des fins d’enquête, et, dans les cas précis de l’avion Allemand, des difficultés d’accès au site, de laisser les familles se recueillir sur les lieux.

La chapelle ardente matérialise donc un lieu de recueillement ou les familles peuvent, ensemble ou séparément, aller évoquer les défunts, et ou les officiels peuvent déposer leurs hommages et condoléances.

Afin de faciliter la matérialisation du deuil, on peut y déposer des cénotaphes, des cercueils vides, ou dans lesquels on aura disposé des objets personnels des victimes. L’utilisation des cénotaphes se fera selon la culture et les coutumes des victimes.

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Les corps, enfin, seront restitués aux familles. Une fois l’identification terminée, les médecins légistes envoient au fur et à mesure leurs conclusions au procureur de la République. Celui-ci est le seul habilité à lever la réserve et autoriser la restitution de chaque corps à sa famille.

Le rôle des pompes funèbres

Les pompes funèbres, dans tout cela, n’ont qu’une place minime. Les rapatriements sont pris en charge par les assurances, qui affrètent un avion pour le retour des corps dans leur patrie d’origine. Les pompes funèbres sont, dans ce cas, de simples exécutants techniques, fournissant un cercueil, la manutention et les véhicules pour mener le cercueil à destination.

Les pompes funèbres, dans cette affaire, sont en plein dans leur rôle de service public : en effet, ces dossiers sont extrêmement chronophages, les prestations facturées sont réduites au minimum, et la rentabilité de ces dossiers est nulle. Il s’agit véritablement, pour les entreprises, de remplir leur rôle dans la société et de participer, à leur façon, à la solidarité nationale.

Guillaume Bailly

Nous remercions Claire Sarazin pour son aide précieuse

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La tente catastrophe

La société HYGECO est régulièrement appelée sur les lieux de catastrophe afin de mettre à disposition des autorités leur tente catastrophe. Cette dernière, unique en France, est une morgue mobile, isolée et réfrigérée, peut être transportée à n’importe quel endroit et installée en trois heures maximum.

D’après nos informations, la préfecture n’a pas encore décidé du déploiement de cet équipement sur les lieux ; de nombreux véhicules équipés de cellules réfrigérées ont, en revanche, convergé ce mercredi matin sur site.

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