Organiser un recueillement personnalisé, l’art de se faire oublier

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Après avoir vu, la semaine dernière, la définition et les raisons pour organiser un recueillement, cette semaine, penchons-nous sur la façon dont il doit être conçu et réalisé. L’objectif est simple : faire tenir beaucoup de choses en peu de temps, sans brusquer.

Le recueillement

Pour des raisons qui ne regardent qu’elle, la famille a souhaité organiser un recueillement. L’assistance sera de 20 personnes dans une petite salle, qui contiendra outre des chaises, un pupitre, un catafalque pour y déposer le cercueil et… c’est tout. Exception faite, bien entendu de la décoration de la salle.

Le Maître de Cérémonies, dès lors, doit vaincre un premier obstacle : ne pas être l’intrus dans cette sphère intime. Pour cela, pas de solution miracle : c’est un ensemble de comportements que l’on met au point et que l’on affine au fur et à mesure de sa carrière. La règle d’or est : ne pas chercher à adopter un comportement familier, mais savoir quand se faire oublier.

Maîtrise de l’espace et du temps

Dans un si petit espace, le micro est superfétatoire. L’objectif est de maîtriser sa voix : être audible par tout le monde, sans crier. En somme, parler normalement, en se tenant droit, tête légèrement levée pour dégager la gorge. On rappelle la règle de base de toute cérémonie : on ne lit pas. Exercez votre mémoire, ayez votre texte sous les yeux si cela vous rassure, mais connaissez le par cœur.

Bien entendu, la famille peut vous demander de lire des textes. Entraînement : apprenez à lire un texte sans le regarder, en mémorisant les phrases au fur et à mesure, en lisant rapidement les parties suivantes, en profitant de la ponctuation.

Créer une intimité

Le contenu d’un hommage est assez simple en soit : une musique d’entrée, une musique de sortie, éventuellement, un morceau de musique durant la cérémonie, et des textes.

Les transitions sont globalement les même que celles d’une cérémonie civile classique, en tenant compte de l’assemblée plus restreinte. Vous pouvez vous permettre de détailler, après vous être renseignés auprès de la famille, « Votre père, votre époux, votre frère, votre oncle » en regardant, si possible, les personnes concernées.

Essayez de créer le sentiment d’intimité. Cela tient à peu de choses. Par exemple, lors d’une cérémonie civile classique, avec une vaste assemblée, vous direz généralement « Nathalie, sa fille, va à présent lire un hommage à Jean-Luc ». Durant un hommage devant si peu de personnes, vous pouvez personnaliser, en vous tournant vers l’intéressée, avec une phrase comme « Nathalie, vous avez préparé un mot pour votre père », désignant le pupitre de la main.

Sobriété

Dans l’immense majorité des cas de figure, la famille qui demande un recueillement dans l’intimité est en quête de sobriété. Ce n’est ni le lieu ni le moment de faire une folle démonstration de charisme ou de déborder d’imagination.

La clef de voûte, c’est de repérer un coin, ou vous pourrez vous reculer discrètement lorsque votre présence n’est pas requise. Par exemple, si l’hommage est entrecoupé d’une musique centrale, pour éviter de vous retrouver debout comme un idiot à côté du cercueil. Ne soyez pas envahissant. De même pendant les lectures. Gardez en tête que la salle est petite : où que vous soyez, en quelques pas, vous arriverez au pupitre pour prendre la relève si besoin.

Enfin, certaines familles peuvent avoir en tête une idée très précise d’hommage. Auquel cas, laissez-les faire, soyez présent simplement en tant qu’assistant technique. Assurez-vous simplement que le coin où vous vous ferez oublier ne soit pas trop inconfortable.

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