Ossuaire parisien : Thiais après le Père-Lachaise

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cimetière du Père Lachaise
Entrée de l'ossuaire du Père-Lachaise

Plein, trop plein l’ossuaire parisien. On se bouscule au Père-Lachaise, qui conserve notamment les restes humains exhumés des concessions de plusieurs cimetières locaux. Au printemps, un nouvel ossuaire régional ouvrira donc à Thiais (94), au sud de Paris. Un chantier à épisodes.

Il y a eu les catacombes de la capitale, puis le Père-Lachaise après 1952. Thiais était, d’après la mairie de Paris, le seul site capable d’offrir l’espace nécessaire : 15.000 m2 seront à terme construits sous l’esplanade engazonnée, face à la porte principale, bâtis en trois fois successivement, au gré des besoins. Selon la présentation de la mairie, qui y réfléchit depuis 2010, cela « permettra la réinhumation annuelle de 500m3 de reliquaires ». L’ossuaire devrait « assurer les besoins de conservation des cimetières parisiens pour les quinze années à venir ».
C’est la toute première tranche de travaux (2.500 m2) qui s’achèvera au printemps. En principe en mars. « Les restes seront mis dans des boîtes étiquetées, avec des codes barre, et stockés au cas où les descendants veuillent les récupérer », explique Jean-Michel Tournoux (cabinet Apui). Cet architecte a déjà travaillé entre autres sur la rénovation des crématoriums du Père-Lachaise et de Champigny-sur-Marne (94).
Le maître d’œuvre du chantier a été désigné en 2013. Mais un rebondissement a failli stopper le projet. Le 28 avril 2014, un sondage archéologique à l’endroit des travaux envisagés détecte la présence « d’une centaine de corps de soldats allemands » enterrés là à la Libération. Du tissu, des bottes, des vareuses sont récupérés. Un registre confirme des inhumations allemandes entre l’été et décembre 1944. Aurait-on découvert une nécropole oubliée ?
Récit enlevé de l’architecte Jean-Michel Tournoux : « Ils appellent la mairie, la police, le juge, le ministère. Pour s’apercevoir à la fin qu’ils n’ont pas lu jusqu’en bas, que les restes des soldats ont déjà été transférés dans un cimetière normand, et qu’ils n’ont retrouvé que des objets isolés. Du coup, le chantier a été déplacé de 100 mètres. On a pris un an de retard. » Vérification faite auprès des autorités allemandes, le transfert a bien eu lieu, en 1948. Petit problème : dans les registres du cimetière de Thiais, la case exhumation n’avait pas été bien cochée.

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