Panthéon : ça s’en va et ça y vient

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L’histoire du Panthéon est remplie d’entrées plus symboliques qu’effectives.  Ainsi, des quatre Résistants honorés ce mercredi, deux ne verront pas leur corps transférés : Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Leur famille n’a pas voulu les voir exhumer.

La tradition républicaine honore des mémoires. Et ce temple dédié aux Grands Hommes (qui n’avait reconnu jusqu’ici qu’une seule femme pour ses mérites) abrite ainsi de nombreuses plaques comportant plus de mille noms. On y trouve ainsi des écrivains morts pendant la guerre de 1914-1918, des inscriptions à la gloire d’Antoine de Saint-Exupéry, du philosophe Henri Bergson, de l’as de l’aviation Georges Guynemer, de l’abolitionniste Toussaint Louverture, ou encore des listes de soldats tombés lors de la guerre de 1870, et des victimes de la révolution de 1830. Leur dépouille ne se trouve pour autant pas en ces lieux. Exception du jour : Pierre Brossolette joint son urne à son inscription déjà présente.

Y être ou pas. En 2011, le président Nicolas Sarkozy n’avait dévoilé qu’une plaque en mémoire d’Aimé Césaire. Le poète avait demandé à ce que son corps ne quitte pas sa Martinique. Fixant son dévolu sur l’écrivain Albert Camus, le locataire de l’Elysée est revenu bredouille là-aussi, la famille s’opposant au transfert.

La chasse aux grands hommes n’a pas toujours été facile, même la décision prise. Ainsi, le gardien du Panthéon (enfin, son successeur) attend toujours l’entrée de René Descartes, philosophe « panthéonisé » en 1793, mais dont les restes se trouvent dans une église parisienne. Des personnages de la Révolution (les enfants Bara et Viala, les généraux Beaurepaire et Dampierre, tous morts pendants les combats) ont été désignés dans un grand élan de ferveur patriotique… puis plus rien. On ne sait d’ailleurs même pas ce qu’il est advenu des dépouilles de Viala et Beaurepaire.

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Et puis il y a ceux qui en sont sortis, par la petite porte. Mirabeau en tout premier lieu. Entré en 1791, exfiltré en 1794 et transporté jusqu’à Clamart, on s’est aperçu que le révolutionnaire peu scrupuleux jouait sur plusieurs tableaux, en ces temps troublés. On l’a remplacé par Marat, poignardé dans sa baignoire, qui n’y reste que quelques mois, le temps de passer de mode. Voltaire lui-même failli en sortir une fois la royauté restaurée, après Napoléon. Mais Louis XVIII estima que maintenir ce critique de la religion au Panthéon redevenu église en 1822 était déjà en soi une punition.

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