Peine de mort : les conditions de travail des bourreaux

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1878
Execution Eugène Weidmann en 1939, la dernière en public en France.
L’Arabie Saoudite a lancé le recrutement de huit bourreaux, une profession originale et peu répandue. Mais au fait, quelles sont les conditions de travail de ces salariés de la mort ?
Un job difficile

Bourreau n’est pas un métier facile. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le recrutement ne privilégie pas les criminels psychopathes ou les sadiques, du moins dans les grandes démocratie qui en emploient. Un petit tour du monde des conditions de travail des bourreaux dans ces pays s’avère instructif.

Aux Etats-Unis

En Amérique du Nord, les conditions de travail du métier de bourreau varient selon les états. Ainsi, par exemple, on apprend qu’en Californie, le médecin qui assiste à l’exécution, et dont le rôle consiste à s’assurer que les produits sont placés dans le bon ordre et que le condamné est décédé, à l’issue, est payé 18000 dollars pour une exécution. Il n’en perçoit que 12000 si l’exécution est reportée au dernier moment.

Les gardiens membres de l’équipe d’exécution, eux, au nombre de 20, chacun avec un rôle bien défini, sont volontaires et ne doivent pas avoir travaillé dans le couloir de la mort depuis un an, pour éviter tout lien affectif avec le prisonnier exécuté. Les membres de ces équipes, affectés à différents services, se réunissent une fois par mois pour une simulation d’exécution. Pas de prime pour eux, mais une journée d’exécution est intégralement payée en heures supplémentaires.

Dans d’autres Etats, parmi lesquels le Texas, le bourreau, celui qui est chargé de déclencher l’injection létale, est un citoyen anonyme recruté sur base de volontariat. Il est accueilli par le directeur de la prison, qui est le seul avec le représentant du gouverneur à connaître son identité, et guidé jusqu’à une petite pièce fermée ou se trouve le déclencheur. Lorsque le directeur de la prison donne l’ordre de procéder à l’exécution, l’homme, qui peut voir et entendre les ordres qui lui sont donnés (mais pas le condamné) grâce à une petite meurtrière, déclenche le dispositif. Lorsque le processus est terminé, le directeur vient le chercher, lui remet sa rémunération dans une enveloppe, en liquide, et le raccompagne. Le Texas paie ces bourreaux 5000 dollars par exécution.

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Au Japon

Le Japon pratique la peine de mort par pendaison. Le procédé est simple : le condamné est placé, corde au cou, sur une trappe qui s’ouvre lorsqu’un bouton est poussé. L’empire du Soleil Levant, connu pour sa discipline, est intransigeant avec ses bourreaux : ceux-ci sont cinq gardiens désignés d’office, qui apprennent le jour-même qu’ils sont les malheureux élus; Refuser donne lieu immédiatement à un licenciement. Cinq ? Oui, chacun est placé devant un bouton, sur lesquels ils doivent appuyer tous ensemble. Quatre sont faux et un seul commande l’ouverture de la trappe, sans que jamais le gardien qui a effectivement causé le mort du condamné ne saches que c’était le sien.

Les exécutions au Japon ayant lieu le matin, les gardiens reçoivent une prime équivalente à 180 Euros et bénéficient d’un congé pour toute l’après-midi.

Les pelotons d’exécution

Lorsque les membres d’un peloton d’exécution perçoivent leurs fusils, ceux-ci sont déjà préparés pour le tir. Un ou plusieurs d’entre eux sont aléatoirement chargés de balles à blanc. De tous temps, la méthode a fait ses preuves : les bourreaux éprouvant des remords ont toujours réussi à se persuader que leur arme était chargée à blanc et que, donc, ils n’ont rien à se reprocher.

En France

Lorsque la peine de mort fut abolie, François Mitterrand décida, par humanité, de débloquer une somme spéciale destinée à verser une retraite aux deux derniers exécuteurs des arrêtes criminels, André Obrecht et son neuveu Marcel Chevalier qui avait succédé à son oncle (et qui exécuta le dernier condamné à mort Français, Hamida Djandoubi). Jusque là, le bourreau officiel français recevait une enveloppe d’argent liquide, qui lui servait à rémunérer ses aides et à entretenir la guillotine. Il exercait par ailleurs un métier dans le privé (Obrecht était contremaître dans une usine de voitures, Chevalier imprimeur). La charge de bourreau se transmettait par cooptation familiale.

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Guillaume Bailly

2 COMMENTAIRES

  1. Il faut quand même être psychopathe ou dénué de tous sentiments humains pour être bourreau. C’est un peu comme celui qui exerce dans un abattoir ou participe à une corrida. Il n’a plus le sens de la vie et agit presque mécaniquement. Tué un être vivant est un crime, mais pas quand il s’agit d’appliquer une loi ou lorsque l’on porte un uniforme. Étrange paradoxe de la loi depuis la nuit des temps. Il suffit juste d’être un bourreau rémunéré et adoubé pour ne pas craindre la justice quand on en massacre d’autre. Mais le crime de sang reste le même et me dégoûte tout autant.

  2. Pour compléter le propos de Pierre TAPPOU, je dirais que le jury qui condamne quelqu’un à mort se rend coupable d’assassinat (meurtre avec préméditation). Donc, faut-il éliminer aussi ces « braves gens » ? Ah ben non, puisqu’ils agissent « au nom du peuple français » (du moins, quand la peine de mort existait encore chez nous), suis-je bête ! Et que des états américains paient des citoyens lambdas pour exécuter quelqu’un, ça me donne une nausée monstreuse. Mais bon, puisqu’ils agissent eux aussi au nom de la loi et ne voient pas le condamné…

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