Dans le petit milieu de la presse funéraire : interview Olivier Géhin

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Dans le petit milieu de la presse funéraire, chacun des trois médias a trouvé sa place et sa spécialité. Nous avons aujourd’hui l’honneur d’accueillir Olivier Géhin, rédacteur en chef de Funéraire Magazine et Grand Ancien du milieu.

og1-2013-300x200 Dans le petit milieu de la presse funéraire : interview Olivier GéhinProfessionnel avant tout

Olivier Géhin est un lettré avec le sens de la formule. Rédacteur en chef de Funéraire Magazine depuis 22 ans, il s’est taillé dans le milieu une solide réputation de rigueur, à laquelle son expérience de terrain n’est pas étrangère « J’ai passé dix ans en Pompes Funèbres, ce qui représente… Quelques milliers de convois. 3000 ou 4000 peut être, mais j’ai horreur de compter. Chaque convoi est unique » Il participe entre autres à la commission du cérémonial personnalisé des PFG, comme rapporteur, à l’aventure de la création des Pompes Funèbres Mutualistes « J’ai toujours cherché à me trouver à la pointe de l’innovation ».

C’est en 1992 qu’Olivier Géhin devient journaliste spécialisé « C’était parfait, puisque je continuais dans le funéraire, tout en poursuivant mes études, et mes recherches en parallèle. En somme, je suis un curieux professionnel, payé pour étudier ! » Mais les pompes funèbres de terrain lui manquent en réalité : « J’ai constamment envie d’y retourner. A chaque fois, je me dis que j’y retourne, mais j’ai toujours un dossier à finir avant. »

Doté d’un sens de l’humour pince-sans-rire, Olivier Géhin a aussi le sens de la formule « J’ai signé un contrat de travail avec la mort ». Où qu’il se trouve, il fera toujours un travail en relation avec le funéraire. Sauf peut être à la retraite, ou l’homme confesse rêver d’un retour à la nature, dans ses chères Vosges, sans pour autant rompre définitivement son contrat avec la faucheuse « A la fin, j’aurais de toute façon l’impression d’être au travail ».

Concurrence féroce

Mais au fait, pourquoi invite-t-on Olivier Géhin alors que les médias funéraires devraient se livrer une concurrence féroce ? Ce ne semble pas être le cas, et Olivier a une explication « Nous apportons tous à nos lecteurs quelque chose de différent. Funéraire Info est dans l’immédiat, l’information chaude, qui n’est pas traitée de la même manière » et il est vrai que sur Internet, les lecteurs décrochent pour tous les articles d’une longueur supérieure à une page et demi. « A Funéraire Magazine, nous prenons le temps d’approfondir le sujet, de l’examiner sous toutes les coutures, de le scruter, l’analyser, de réfléchir à toutes ses implications. Si j’ai besoin de dix pages pour être complet, je prends dix pages. Mais je les ai : le rapport à une revue papier n’est pas du tout le même. Et nous sommes sur un modèle payant. Le lecteur est venu vers nous, je suis payé par mon lecteur, je lui dois un support sérieux et crédible ».

Olivier a aussi de la sympathie pour Résonance « La encore, ce n’est pas la même approche du lecteur».

Toujours avec son humour à froid, Olivier Géhin définit la différence entre les deux grands magazines papier « Il y a Résonance, et quant à moi, j’essaie de faire de la  Raisonance, très modestement ».

Vision du salon

Sur le salon du Bourget, Olivier Géhin n’a qu’une seule réaction, un grand coup du chapeau « Le salon évolue bien. Les exposants se sont montrés très courageux, par les temps qui courent, ce n’était pas évident. Très courageux également, les visiteurs fidèles, et acheteurs en cette période peu propice. Le salon fait preuve d’une extraordinaire résistance à la conjoncture ».

Sur le contenu, Olivier Géhin note « Beaucoup de progrès en terme de décoration, et des efforts notables sur l’offre. Les cercueils en particulier. L’offre tend de plus en plus vers une personnalisation des obsèques et des moyens de se distinguer autrement qu’en rognant ses marges ».

Quel avenir pour les salons ? « Je pense que les salons vont perdurer, en se rétractant. On peut tabler sur une baisse de 10 à 15 % de la taille des stands et du volume de visiteurs, une diminution des budgets mais une offre plus ciblée ».

L’avenir du funéraire

Tiens, une réticence sur le Low Cost, puisqu’Olivier parlait avec réticence de la réduction des marges ? « Le Low Cost fonctionne par réduction des coûts et des marges, donc de la latitude de manœuvre. Paradoxalement, plus on joue sur le prix, plus la famille sera regardante sur les prestations et la qualité. Je pense que l’avenir consiste plutôt à se distinguer par l’offre, personnalisée et de qualité » sans tomber dans l’excès « Il suffit de voir les carrossiers funéraires, qui sont devenus beaucoup plus raisonnables ».

« Internet est venu perturber le marché » poursuit-il « et toute la question à laquelle il faut répondre maintenant, c’est  »comment se différencier ? ». Le rapport prix-prestations est à 90 % psychologique, il faut donc savoir apporter une réponse de qualité aux besoins des familles »

Mais l’avenir du funéraire et les grandes tendances sont en train de se jouer, c’est le mot de la fin d’Olivier Géhin.

Le site de Funéraire Magazine est ici

Propos recueillis au téléphone par Guillaume Bailly

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