Petite Histoire des rites funéraires celtiques

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Le monde Celte

Sur le plan Historique, nous allons constater que la crémation des corps, en matière de funérailles, ne date pas d’hier. En revanche, il s’agit ici d’expliquer le sens recherché par nos ancêtres lors de la préparation, de la cérémonie funèbre et du traitement des corps lors du dernier adieu.

Chaque époque possède ses traditions, ceci dit, nous aurions encore beaucoup à apprendre de ceux qui nous ont précédés dans le Temps.

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Le monde Celte

Qui sont les Celtes ?

On parle de traditions et civilisations celtiques pour des peuplades géographiquement réparties du nord de l’Ecosse au sud de la Normandie et de la Bretagne Occidentale jusqu’aux frontières entre l’Allemagne et la Pologne.

Selon l’historien grec Hérodote, les Celtes habitent les régions qui vont des Colonnes d’Hercule jusqu’au Danube au milieu du ve siècle av. J.-C., c’est-à-dire de la péninsule Ibérique à laRoumanie en passant par la France, la Belgique, le nord de l’Italie, le sud de l’Allemagne, la Bohême, la Moravie, la Slovaquie, la Slovénie, l’Autriche (traditionnellement reconnue comme étant la région d’origine des Celtes du Hallstatt) où la présence de populations à caractère celtique est attestée.

Les Romains considéraient les Celtes comme étant également des Gaulois.

Jules César mentionne ainsi les Celtes, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules :

« La Gaule se divise en trois parts, l’une habitée par les Belges, une autre par les Aquitains et la troisième par ceux qui se nomment dans leur propre langue Celtes et dans la nôtre Gaulois. »

(En latin : Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur.)

Quelles sont leurs pratiques religieuses ?

Avant l’avènement du Christianisme en Europe, les Celtes avaient une pratique très tribale de la religion Druidique. C’est-à-dire que le savoir-faire sacré des Druides se transmettait par l’observation, l’apprentissage et l’instruction de jeunes initiés. On a très peu retrouvé d’écrits qui concernaient les traditions païennes des druides.

Le clergé druidique constituait à elle-seule une classe sacerdotale parmi les autres classes sociales de la population celte (guerriers, et paysans) et avait en charge la célébration des cérémonies sacrées et des rites cultuels.

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Sous la civilisation de Hallstatt (-1100 à -400 av. J-C), on distingue deux types de sépultures : les masculines (celle du guerrier) et les féminines (celles des femmes).

Les tombes féminines offrent de nombreuses parures, des fibules volumineuses (sorte de grosse épingle à vêtement très travaillée et finement ciselée), typiques du goût exubérant de l’époque. Les sépultures riches possèdent très souvent d’impressionnants services manufacturés et très travaillés en bronze constitués de seaux, situles (seaux aux bords refermés), bassins et tasses. L’armement du guerrier accompagne le corps du défunt dans la tombe.

Sous la civilisation de la Tène (environ -400 à -30 av. J-C), on retrouve un vase contenant du vin pur dans les tombes riches du ve siècle, appelé « stamnos étrusque ». Dans les sépultures féminines, on retrouve de plus en plus de miroirs mais fabriqués à l’étranger et importés.

Les mobiliers funéraires laissent entrevoir une légère disparité sociale entre les puissants et le reste du peuple. Cependant, les importations méditerranéennes baissent et les bijoux déposés auprès des corps sont moins somptueux. Les sépultures des chefs de bandes perdent de leur faste et de leur monumentalité, mais conservent le mobilier type : le poignard de parade fait place à la panoplie guerrière complète, et le char à deux roues, plus léger et rapide, qui remplace le char de parade est inhumé par-dessus le corps du guerrier.

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Tumulus Celte

Des rites funéraires anciens.

Le corps est donc inhumé au début de la civilisation de Hallstatt en position du fœtus pour que selon les traditions druidiques, celui-ci reparte « en bon état » auprès des divinités.

Sous la période de la Tène, le corps est inhumé sur le dos, sans cercueil ni sarcophage.

Plus on se rapproche du Christianisme, plus les pratiques évoluent et bouleversent les traditions établies. Les corps sont désormais inhumés (toujours sans cercueils) mais dans un linceul de lin blanc et le visage recouvert. Une toilette mortuaire et un habillage sont effectués où l’on pare le guerrière ou la femme de ses plus beaux attributs : bijoux, vêtements de prix, parfums, coiffure et armement.

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La crémation des corps chez les Celtes date d’à peu près -1300 avant J-C. Le corps est brûlé en plein air sur un bûcher préparé avec soin et les cendres et restes d’ossements sont récupérés, placés dans des urnes en terre cuite et inhumées dans ce que l’on appelle des « puits funéraires ». Un archéologue et prêtre catholique, l’Abbé Ferdinand Baudry a pratiqué des fouilles poussées et a retrouvé des puits funéraires de ce type au XIXème siècle sur sa commune de Vendée à Le Bernard

Ce qui est étonnant, c’est qu’aucun rite funéraire n’était fixe chez les Celtes, ainsi l’on a également découvert des urnes funéraires inhumées à côté de tumuli où se trouvaient des restes mortuaires de corps inhumés sur le dos ou en position fœtale.

La « civilisation des tumuli » (-1500 à -1200 av. J-C) a côtoyé de près la « civilisation des urnes » ou « nécropoles » ou « champs d’urnes » (-1200 à -1000 av. J-C), d’où la mixité des modes de sépultures dans certaines régions, principalement l’Ouest de la France.

Quelques mots pour finir.

Ainsi, on peut constater sur le plan historique que le principe de crématiser des corps humains était déjà bien présent plus de mille an avant notre ère.

La mixité des sépultures sur un même site appelé nécropole où plusieurs urnes étaient inhumées (du grec « ville morte »), relevait de certaines traditions druidiques indo-européennes, quant au traitement des dépouilles mortelles : soit par l’inhumation des corps en entier dans un tumulus soit par la crémation et l’usage d’urnes funéraires dans des puits.

Le Christianisme a supprimé et écarté cette mixité pendant des siècles pour enfin revenir à l’usage de la crémation et de l’inhumation des urnes dans les cimetières, aux côtés des corps inhumés en cercueils bien après le troisième quart du XXème siècle, et ce n’est qu’en 2008 qu’une loi, en France, a reconnu le statut des cendres issues de la crémation en tant que restes mortels à proprement parler.

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