Pompes funèbres de Grenoble : à chacun sa version

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(Capture Dailymotion)

Epinglé par la Cour régionale des comptes, la gestion « indécente » des pompes funèbres intercommunales (PFI) de Grenoble a été dénoncée vendredi par les élus de l’agglomération, actionnaires de la SEM exploitante. Ils réclament une « remise d’équerre » d’ici l’automne, qui passe pour beaucoup par un changement de gouvernance. La directrice générale n’est pas d’accord.

« Je ne démissionnerait pas » : c’est ce qu’a clairement affirmé Corinne Loiodice ce week-end dans les colonnes du quotidien « Le Dauphiné ». La dirigeante, notamment vilipendée pour ses 249.000 euros bruts annuels sur la période 2008 à 2012, avait balayé les reproches avant que le rapport ne soit rendu public vendredi par les élus locaux de la Métropole. Elle relève erreurs et approximations dans le rapport des magistrats.

Certes, personne ne conteste la bonne qualité du service rendu aux habitants. La société se porte plutôt bien financièrement. Mais la Cour régionale des comptes s’interroge sur des frais de communication, de bouche, de déplacements excessifs, des avantages en nature et des hauteurs de rémunération des dirigeants curieuses. Les salaires des 70 salariés auraient augmenté sur la période de 2%. Ceux de la direction de 25 %. Un chiffre contesté par les intéressés.

Au-delà de la complexité du débat chiffré, il y a celui sur la responsabilité. Les élus délèguent la gestion de ce service funéraire public à la SEM. Ils la contrôlent. Celui-ci a été défaillant, estime la Cour régionale des comptes. La faute à qui ? Le débat est ouvert. Tous s’accordent sur ce point : « Nous devons reconquérir la SEM » a martelé vendredi un élu de l’agglomération grenobloise. Cela passe notamment par une réduction des coûts de fonctionnement. Et un départ forcé de la directrice générale ? Le président de la Métropole a dégagé en touche, vendredi, estimant qu’il revient à la SEM de le dire. Il paraît difficile d’imaginer un tel départ (assorti de grosses indemnités) alors qu’elle est proche de la retraite.

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Pour Corinne Loiodice, l’activité normale des pompes funèbres intercommunales grenobloises, leur promotion, leur image auprès du public, génère ces dépenses de réception, de déplacements, et les frais effectués dans les logements de fonction. D’autant que ça ne représente qu’environ 5% des charges de l’entreprise, sixième acteur du funéraire en France. Pas de mise en danger, donc. Ce serait même indispensable à la performance économique de l’entreprise.

La rémunération ? Non, pas d’abus. C’est tout à fait conforme à ce qui se fait dans le métier pour un cadre expérimenté, compétent, ayant des responsabilités professionnelles, civiles et pénales. Tout est transparent, figure dans les rapports d’activité, a été validé par les commissaires aux comptes. Quant au contrat de travail, il a été entériné par les élus de l’agglomération. La même institution (renouvelée depuis) qui s’insurge aujourd’hui.

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