Pompes funèbres et handicaps, encore de gros efforts à faire

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pompes funèbres et handicaps

En France, près d’une personne sur quatre présente un handicap quel qui soit – malvoyant – malentendant etc. Comment faire lorsqu’un conseiller funéraire doit faire face à une famille dont celui qui doit pourvoir aux funérailles présente un handicap ? Pompes funèbres et handicaps, comment faut-il s’y prendre ?

Vous êtes à la caisse d’un supermarché, et d’un coup vous voyez une file moins longue que les autres, chouette, vous accourez dépenser votre argent. Et là un petit panneau signal que l’hôte/sse de caisse présente un handicap, il ou elle est malentendant, et la seule chose que vous avez à faire et de parler en le regardant droit dans les yeux. On comprend mieux pourquoi il n’y a personne à la caisse, les ¾ des individus ne disent même pas bonjour, comment pourraient-ils en plus regarder quelqu’un dans les yeux. Le handicap a toujours existé, il fait partie prenante de la société et pourtant très peu sont les personnes qui savent aujourd’hui communiquer grâce au LSF, la langue des signes française.

Un conseiller désarçonné, et une famille doublement peinée

Imaginez, vous êtes à votre bureau, en agence, et vous voyez arriver une famille dont la personne qui doit se charger des funérailles est sourde – cas précis-. Bien sur vous pouvez écrire, mais la grande majorité des personnes en souffrance de surdité présente une difficulté avec certains mots. Organiser des obsèques prend en moyenne une heure en agence au premier contact. Et là pendant une heure, vous vous rendez vous à quel point vous pouvez vous débrouiller lorsque vous allez en vacances à l’étranger mais que vous êtes incapable d’aider un individu qui en a besoin, alors même que c’est votre métier.

Une formation incomplète

La formation de conseiller funéraire dure 140 heures. Pourquoi n’est-ce pas possible, d’autant plus dans le label qualité mis en place il y a peu de ne pas intégrer un module LSF ? Comment penser qu’on puisse mettre en place un module d’art floral, d’organisation de l’agence ou de compréhension d’un contrat de travail mais que 2heures de LSF ne se retrouvent nulle part ? Avec un métier sollicité et des futurs conseillers funéraires qui cherchent un poste, la clé est dans la différence, et si cette différence peut, en plus, être quelque chose de vraiment utile, et pas seulement à la vie professionnelle pourquoi ne pas la mettre en place ?

Pompes funèbres et handicaps, tout un protocole à revoir

Et ce n’est pas valable que pour le conseiller funéraire, mais quid du mettre de cérémonie dont les mots travaillés et touchant ne pourront parvenir qu’à une partie de l’assemblée réunie ce jour, car personne ne pourra traduire ce texte ? Pourtant depuis, la loi handicap du 11 février 2005 imposait, que d’ici 2015, les services publics et privés devaient se rendre accessibles aux personnes handicapées en générale et à celles atteintes de surdité en particulier.

Une société culpabilisante

Et si on se sent si coupable et misérable c’est parce que la langue des signes n’est apprise … qu’à l’université voire parfois au lycée, et encore en module complémentaire où certains ne vont que pour gagner quelques points aux partiels ou au bac. Combien d’heures perdues en permanence ou à la cafet du lycée alors que quelques heures de LSF auraient été fort utiles ?

Quid de la responsabilité sociétal et gouvernementale ? C’est bien beau de vouloir intégrer un enfant handicapé à l’école, et si c’est l’école qui s’intégrait au handicap ?

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