Pompes funèbres, l’enfance de l’art

0
356
Promotion d'assistants funéraires 2016
Les enfants de croque-morts rejoignent souvent la profession à leur tour. Plus souvent, du moins, que les enfants de go-go danseurs ou de nonnes.

Il faut dire que, dès leur plus jeune âge, ils surmontent l’obstacle majeur à l’aspirant travailleur de la mort : la crainte de cette dernière.

Lorsqu’on a joué à cache-cache dans les cellules de béton préfabriqué qui servent à l’édification de caveaux, aux petits soldats sur les tas de gravats et de terre de cimetières, et que l’on s’est promené dans des chambres funéraires la tétine à la bouche, il est difficile de se laisser impressionner par un cadavre.

Ainsi, par exemple, ce petit garçon que je vis une fois entrer dans le laboratoire alors que le thanatopracteur faisait son soin et que je lui tenais compagnie, attendant qu’il ait fini pour pouvoir rapatrier le défunt. Il entra naturellement, du haut de ses huit ou neuf ans, jeta un regard sans émotions particulière au défunt, s’en désintéressa, et demanda tranquillement « Vous n’avez pas vu des clefs ? Papa a encore perdu les clefs de sa voiture ».

Le thanatopracteur m’expliqua, après que le gamin soit reparti, non sans nous avoir très poliment dit « au revoir », que l’enfant en question était le fils des propriétaires de cette société familiale. Il eut cette sentence qui avait quelque chose de définitif « Son père est croque-morts, sa mère est croque-morts, la plupart de ses oncles et tantes sont croque-morts, son grand père était croque-morts, son arrière grand-père était fossoyeur, lui, pour l’instant, il a envie d’être cosmonaute, mais si tu veux mon avis, ça lui passera ».

LAISSER UNE RÉPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here