Pompes Funèbres et sécurité : faire face à la violence d’un intrus en cérémonie

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Comme tout métier en contact avec le public, les pompes funèbres ont a gérer toutes sortes de situations, dont certaines peuvent s’avérer dangereuses. Comment faire face à l’ivresse d’un intrus, par exemple ?

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Il arrive que des cérémonies soient perturbées par des individus sous l'emprise de l'alcool

Situation

La situation est relativement banale : un individu ivre, éconduit par les pompes funèbres, parvient à s’introduire dans l’église par une porte latérale, et remonte jusqu’à l’autel avant que les pompes funèbres n’aient eu le temps de l’intercepter. L’individu est ivre, et, face aux tentatives de l’équipe de le sortir rapidement des lieux, s’énerve et devient agressif.

La cérémonie est interrompue, et tout le monde, de l’assistance aux officiants, attends que le problème soit réglé, avant de poursuivre. Cela signifie deux choses : c’est un incident dont vous pouvez être tenu pour responsable, et tous les regards sont fixés sur vous, et la façon dont vous allez débloquer le conflit.

La solution tient en trois mots : équipe, calme et fermeté, et l’échec, en deux mots seulement : seul et violence. Suggestions pour parvenir à un résultat optimal, et éviter autant que possible que l’anicroche devienne un incident.

Savoir qui est là

Un croque morts n’est pas « seulement » un spécialiste du droit funéraire, expert en psychologie du deuil, compétent en rites funéraires des différentes religions, manutentionnaire, logisticien, hygiéniste, géologue capable de faire la différence entre un granit Perros Guirec et un autre de Chenghao, et je vous épargne une douzaine d’autres talents et compétences, il doit aussi varier les plaisirs avec des savoirs-faire d’autres professions, comme par exemple Agent de Sécurité.

La plupart des équipes de pompes funèbres n’assistent pas à une cérémonie devant l’assistance, mais depuis le fond de la salle. Remonter les allées, placer les gens de l’assistance, est une occasion d’observer discrètement le public, en quête d’allure ou de comportements anormaux. Sans préjuger, bien entendu, surtout en cette époque qui voit des gens venir assister à des obsèques en bermuda. Mais observer, se faire une idée, prendre le pouls, et, en quelques sorte, « sentir » le public. Une forte odeur de vinasse montant d’un type débraillé qui n’a dit bonjour à personne est un rare, mais bon indice, indiquant qu’il vaut mieux garder cet homme là à l’oeil, en particulier.

La famille, ou les proches, en général, ne manqueront pas non plus de signaler un inconnu au comportement incohérent ou suspect.

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Faites-vous une raison : vous n'êtes pas un cow-boy, et vous n'avez pas à le devenir.

Se rappeler son service militaire (ou regretter de ne pas l’avoir fait)

La discrétion des services funéraires s’apparente, en quelques sorte, à du camouflage : on ne se rend pas compte que l’opérateur est là, mais les éclaireurs qui gisent un peu plus loin indiquent que le travail est fait. Pour faire plus simple et plus concret : le travail des pompes funèbres n’est pas de faire en sorte qu’un gêneur soit expulsé de la cérémonie, mais qu’il ne parvienne jamais à y pénétrer. C’est une prestation ingrate : la famille et l’assistance ne saura jamais ce que vous avez fait pour la préserver.

Voilà pourquoi un filtrage à l’entrée est nécessaire. Autant cela ajoute au côté « haut de gamme » du travail, un porteur pour ouvrir la porte aux retardataires, leur indiquer une entrée discrète et une place libre, autant, sans que personne n’en aie conscience, il sert de filtre contre des individus au comportement rendu erratique par diverses substances.

Mais la règle numéro un est de ne jamais, jamais, laisser un membre de l’équipe isolé. Si le contact visuel permanent n’est pas possible, il faut s’organiser pour aller jeter de temps en temps un regard à ses collègues. Plus peut être en certains lieux que d’autres : si vous êtes dans un quartier ou « jeune » signifie « qui a moins de 75 ans », il est peut être inutile de rester sur la défensive.

Poli, mais ferme

Si l’individu que vous avez en face de vous est ivre, ou sous l’effet d’une substance qui produit les même effets, il est inutile d’essayer de le ramener à la raison : vous ne dialoguez pas au même niveau de rationalité. Un individu saoul ne redeviendra raisonnable que lorsque son alcoolémie le lui permettra.

Exposez clairement la situation, en des mots simples, il y a une cérémonie, il est ivre, il ne faut pas déranger les gens, puis donnez un ordre ferme, et facile à prononcer. C’est important : l’ivresse fixe les idées, provoque des lubies, et si l’intrus s’est mis en tête d’aller présenter ses condoléances à la famille, il sera difficile de lui faire changer d’avis. Il doit donc avoir un mur face à lui : à tous ses « mais… », répétez la même phrase, exactement, sans varier d’un iota. Si il vous « explique » ou qu’il pose des question, relever revient à entrer dans son jeu et se laisser entraîner vers des palabres sans fins. Lui a tout son temps, pas vous. N’argumentez pas, mais abrutissez-le par une répétition constante.

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Mais consolez-vous en vous rappelant que les cow-boys, c'est vous qui les enterrez

Coercition physique

La coercition physique doit être légère : un bras empoigné, les deux si nécessaire, pas plus. Éventuellement, si l’individu devient violent, un ou deux membres de l’équipe peuvent le ceinturer en attendant l’arrivée des forces de l’ordre. Ne ripostez jamais aux coups que vous pourriez éventuellement recevoir : soit l’intrus est plus faible que vous, et dans ce cas votre réaction sera disproportionnée, soit il est plus fort que vous, peut être armé, et sous l’effet de substances psychotropes, et vous êtes alors en danger.

Vous devez estimer la dangerosité de l’individu et prendre les mesures proportionnées. Le clochard du quartier, que vous connaissez depuis vingt ans, et qui est dans un mauvais jour parce qu’il a bu trop de picrate ne représente sans doute pas une menace. Un individu que vous ne connaissez pas et qui semble sous l’emprise de drogue peut représenter une autre sorte de menace, plus précise. Essayez de gagner du temps, et faites appel à la police : ils ont le droit, les méthodes et les moyens d’intervenir. Et surtout, ils connaissent le terrain et sa faune et sauront à qui ils ont affaire.

En amont (et en résumé)

Mais le plus important : surveillez les abords. Même si c’est ingrat, l’idéal est que la famille ne se rende jamais compte qu’un perturbateur a failli semer la zizanie aux obsèques de leur cher disparu.

Et surtout, gardez en tête l’empathie : un individu agressif est persuadé qu’il va vous faire peur ou réagir. Si vous gardez votre calme, vous lui faites perdre l’emprise qu’il a sur vous, et vous le rendez réceptif, par empathie, à votre sérénité. Le meilleur moyen d’être serein, c’est de savoir que toute l’équipe est derrière lui, prêt à le ceinturer s’il esquisse un geste à votre encontre.

Si vous êtes juste face à un gêneur ivre, et que vous ne comprenez pas ce qu’il vous raconte, inutile d’essayer : de toute façon, ce n’est pas intéressant.

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