Pompes funèbres, Virginie recherche un emploi

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A en croire certains responsables de pompes funèbres (et je les crois volontiers), les aspirants conseillers funéraires et les conseillers funéraires diplômés poussent comme des champignons. Les uns sollicitent un stage, les autres un emploi.

Dans ce dernier cas, il a l’air malin le duo CV-lettre de motivation dans la pile de candidatures reçues par le recruteur potentiel.

Promenons-nous dans les bois

Champignon à diplôme moi-même, en ce moment, je travaille du chapeau en me languissant de travailler tout court. L’ambiance ? Tantôt chanterelle toute enthousiaste lorsqu’il s’agit de rencontrer des professionnels, tantôt pleurote un peu tristounette quand je vois que le temps passe et ne sait faire que ça.

Sortir du lot ? Pas loin de me sentir un peu truffe, j’ai décidé de sortir du bois. Un peu.

Petit survol du parcours dudit champignon trompette-de-la-mort-300x208 Pompes funèbres, Virginie recherche un emploi

J’ai fait des études, travaillé et donc suivi un parcours assez classique au cours duquel, époque et circonstances obligent, le contrat à durée déterminée,  le chômage parfois et la reconversion furent de mise. Bibliothécaire-documentaliste à l’origine, passée par des entreprises commerciales, ce sont les avis d’obsèques qui m’ont ouvert les yeux sur le monde funéraire. En contact quotidien avec des particuliers endeuillés, des représentants des cultes, des administrations et surtout des pompes funèbres, j’ai su que ma place était là, comme une évidence. Bien consciente de ne pas connaître tous les aspects de la profession funéraire et de devoir valider cette intuition auprès des professionnels, j’ai mis à profit l’accès que j’avais à eux tous les jours dans le cadre de mon travail : j’ai pu fréquemment les interroger et obtenir des réponses précises et franches puisque nous étions alors les maillons d’une même chaîne.

Comprenant que le métier de conseiller funéraire était bien celui qui me convenait, après formation,  j’ai obtenu l’attestation légale, si vivement recommandée alors.

 2012 fut pour de nombreux professionnels rencontrés une période marquée par l’attentisme et le repli : confrontés au climat économique général pessimiste et inquiets d’une nouvelle législation funéraire sur la formation, annoncée mais encore floue, beaucoup ont préféré différer toute décision d’embauche, voire le moindre engagement envers tout postulant non aguerri.

Cependant, grâce à mon attestation, j’ai pu m’immerger dans mon futur métier comme observatrice éclairée. Les aspects essentiels ne m’ont pas échappé. Quelques heures chez l’un, chez l’autre ou quelques jours chez un autre encore, m’ont confirmé les réalités d’une pratique professionnelle exigeante, difficile et captivante. Je m’y suis destinée les yeux bien ouverts.

Et vlan, le 1er janvier 2013 : le diplôme supplante mon attestation et fragilise mes candidatures. Mais pas ma volonté. Je ne renonce pas et en cela je suis soutenue par ceux qui m’ont dit « Non, pas pour l’instant » et qui m’encouragent  à persévérer.

Et puis il y a la dynamique du secteur. Ne serait-ce qu’un petit tour sur le web et on est tout ragaillardi : « … 3000 entreprises, majoritairement des PME implantées localement (86 % ont moins de 10 employés), 22000 salariés, une légère  féminisation des conseillers et des prévisions de recrutement en hausse. En effet, les données statistiques de l’INSSE indiquent l’accroissement du nombre de décès en France (545 000 par an, 600 000 en 2020 et 700 000 en 2040). Si l’on ajoute que la moyenne d’âge actuelle des dirigeants est de 55 ans, ce qui suppose des départs à la retraite à remplacer, on en déduit logiquement que de nombreux postes seront à pourvoir dans les années à venir…

Dans ce milieu, le recrutement est souvent endogène : il s’opère en interne, par concurrence entre les entreprises. Désormais, quand il s’ouvre à l’extérieur, c’est le diplôme qui est requis à défaut d’expérience…

… Sans cynisme, on peut considérer le funéraire comme un vivier d’emplois : les entreprises se concurrencent, indépendantes ou liées à un grand groupe, certaines coulent, d’autres surnagent, mais l’activité de cette branche poursuit sa progression… »

 

Novembre 2013 : diplôme de conseiller funéraire en poche après nouvelle formation, je célèbre « l’événement » au Salon funéraire à Paris. Sur un nuage. Galvanisée.

Depuis, je rêve d’un emploi de conseiller funéraire. Polyvalente, maîtresse de cérémonie… Je m’y épanouirais, nourrie par le souvenir de ma ténacité…

Et je cherche. Pour l’instant en vain : champignon dans la pile CV + lettre, ou quelque chose comme ça.

Vous avez poursuivi votre lecture jusqu’ici ? Vous êtes ce recruteur potentiel ? Vous regrettez que je n’aie pas parlé ici d’empathie, de rigueur, de capacité d’écoute, de conseil, de conviction et de discrétion ? Aisance d’élocution, goût du contact, sens commercial, efficacité ? Et l’autonomie, l’esprit d’initiative, la disponibilité, la mobilité ? Ici, non, je n’en ai pas parlé. Voyez plutôt ma lettre de motivation. Et mon CV. En plus, vous saurez que je suis en Bretagne, à Rennes, prête à déménager dans le grand Ouest ou même ailleurs. Je rêve et je cherche. Rencontrons-nous.

Pas loin de me sentir un peu truffe, disais-je. Certes,  la truffe est aussi un champignon estimable et estimé. Une histoire de flair. Peut-être, mais quitte à être un champignon poussé parmi tant d’autres, je choisis celui qui prend la forme d’une corne d’abondance. Tout un programme dans ce contexte. Son nom : trompette de la mort.

Cette candidature vous intéresse ? Laissez nous un message dans les commentaires ou contactez nous sur cette adresse mail ( funeraire.info[at]gmail.com ) pour une mise en relation.

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