Pourquoi il ne faut pas voir peur d’Ebola

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Ebola : un nom qui fait peur, un virus indomptable et létal, le pire cauchemar de l’humanité, un ennemi invisible absolument terrifiant… Et puis, non : juste un pétard mouillé.

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Le virus Ebola

Ebola, l’affaire de l’été

Il faut reconnaître qu’une certaine presse ne fait pas avarice d’efforts pour terrifier l’opinion publique, qui semble malgré tout s’en fiche comme de l’an quarante. Il faut les comprendre, les pauvres : le conflit Israelo-Palestinien est en pause, et il vaut mieux éviter d’aborder certains sujets, comme le crash de l’avion d’Air Algérie, qui rappelle de façon trop cuisante l’humiliation dont notre président s’est couvert avec sa manie commémorative, ou l’Ukraine, au risque de laisser filtrer des informations essentielles, laissant à entendre que Obama n’est pas l’ange de paix qu’il voudrait faire croire.

Heureusement, il y a Ebola. Ebola, c’est un virus, ça marche à tous les coups. Il y a eu des films sur Ebola, des romans, comme « Sur Ordre » de Tom Clancy ou des terroristes mettent la main sur une souche pour la diffuser massivement. Ebola, c’est l’assurance de pouvoir inquiéter l’opinion à moindres frais et de pouvoir maintenir devant son poste l’audience hypocondriaque.

Pourtant, tout cela n’est qu’un pétard mouillé, un très gros pétard mouillé, puisque Ebola n’est, pour nos pays occidentaux, absolument pas une menace.

Ebola, mode d’emploi

Ebola est une fièvre hémorragique qui se caractérise par des poussées dans des foyers très circonscrits par pics, et par une létalité élevée. Pour résumer, Ebola apparaît dans une région déterminée, tue beaucoup de monde et disparaît.

La particularité de cette épidémie là d’Ebola, c’est qu’elle dure, s’étend, et a même atteint les pays occidentaux, alors que jusqu’ici, c’était majoritairement une fièvre africaine.

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Contrairement à ce qu’on pense, la létalité d’Ebola ne vient pas du virus lui-même. Jusqu’ici, il ne se soigne pas, mais les patients peuvent y survivre si on leur apporte les soins appropriés. Pas de remède, mais une guérison en soulageant les symptômes jusqu’à disparition de la maladie.

Ebola est surtout létal dans les coins reculés de l’Afrique qui ne dispose pas de centres hospitaliers suréquipés, ni des médicaments et du matériel adéquat, et qui n’a pas les moyens de les acquérir. Dans un hôpital français, un patient atteint d’Ebola aurait 95 % de chances de s’en tirer, contre 50 en Afrique. Et surtout, l’épidémie serait contenue grâce aux mesures de quarantaine qui sont elles aussi, coûteuses.

Ebola, pas dangereux ?

Ne tergiversons pas trop sur un hypothétique remède que les américains auraient mis au point : il n’en est qu’au stade expérimental. Soigner Ebola consiste surtout à faire tomber la température et hydrater le patient : presque la routine pour un médecin Européen ou américain.

Rappelons, pour finir, qu’Ebola a tué à ce jour 731 personne en deux mois d’épidémie. Rien que pour la journée d’aujourd’hui, le cancer aura tué 21917 personnes, le SIDA 8219, le paludisme et la tuberculose 5479 chacun.

Rien qu’en France, le tabac tue chaque jour 200 personnes sans le moindre flash d’information.

Néanmoins, le principal danger d’Ebola est sa période d’incubation longue, de 5 à 21 jours. Un maldae potentiellement infecté peut se promener et transmettre le virus sans le savoir. Celui-ci, toutefois, se transmet par les fluides et secrétions, ce qui implique un contact proche.

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Le funéraire en cause… et en première ligne

Un des principaux moteurs de transmission de l’Ebola est la coutume funéraire. On a observé, en effet, dans les régions ou les épidémies avaient été virulentes, une coutume funéraire qui consistait à faire la toilette du défunt puis à se laver les mains, tous les intervenants dans la même bassine.

Une terrain propice, donc, à la transmission de la fièvre hémorragique, qui se comporte comme une maladie nosocomiale après le décès, et qui survit plusieurs heures à son hôte. Des précautions seraient peut être opportunes, donc, pour les pompes funèbres qui se verraient confier un défunt qui aurait été de passage dans une région infectée.

Le scénario d’une épidémie massive est donc, non pas impossible, mais improbable, dans nos contrées. Reste le cas de l’Afrique, qui souffre, plus que du virus en lui-même, d’un cruel manque de moyens…

2 COMMENTAIRES

    • Je ne comprend pas : vous n’avez pas peur du cancer, du SIDA, du paludisme, ou de la tuberculose, mais Ebola vous fait trembler ? Vous avez statistiquement moins de chance d’attraper Ebola que de gagner au Loto. Pensez plutôt à cette perspective réjouissante.

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