Préparer sa mort

On n’est jamais si bien servi que par soi même : Ce proverbe populaire s’applique également au dernier stade de notre vie. Il ne s’agit pas comme Ernest Hemingway de déterminer quand et comment, mais simplement d’accomplir un certain nombre de démarches, d’anticiper en pensant à ceux qui restent. L’expression « mettre en ordre ses affaires » est de mise, voici quelques repères.

 

Conventions obsèques, caveau de famille, crémation…

C’est souvent lorsqu’on arrive au soir de sa vie que le besoin de déterminer et de régler ses dernières volontés se fait sentir. Pourtant de nombreuses personnes ont eu à affronter une disparition soudaine, la mort brutale d’un proche. Les questions terre à terre sont vite présentes avec leur absence de réponse. Pas de testaments, pas de dernières volontés : Comment savoir ce qu’il ou elle aurait voulu : « on n’en avait jamais parlé »…

Et puis il y a également l’aspect financier : Qui paye les funérailles lorsque rien n’est prévu ? Le traumatisme de la mort brutale se double de toutes ces questions non réglées.

 

Organiser ses obsèques

Faire un testament devant notaire est traditionnellement la meilleure manière de posséder. Dans celui-ci on peut expressément déterminer où et comment ses funérailles auront lieu. Certains préfèrent confier une enveloppe à un proche, noter sur un carnet…Mais sachez le, seul le testament notarié et acté  a force de loi.

En ce qui concerne l’organisation proprement dite, vous pouvez affirmer de manière détaillée votre vision de la cérémonie, choisir la musique qui accompagnera votre dépouille, le rite funéraire (religieux ou profane), les gens qui porteront le cercueil, celui qui prononcera votre éloge…Parfois quelques phrases ou brides de conversation éclairent les proches sur vos souhaits, mais cela est il suffisant ?

Il y a des questions éthiques et morales qui nous effleurent au détour des circonstances de la vie. Ainsi en est il du devenir de notre enveloppe charnelle. Au cours d’une discussion, le don d’organes, l’incinération peuvent être abordés, mais il ne suffit pas de dire « je voudrais donner mon corps à la science » pour que son désir soit exaucé.

Le don d’organes

Avoir sur soi une carte de donneur de l’association France Adot ou de la fondation Greffe de Vie signifie que l’on ne s’oppose pas au prélèvement de ses organes pour une transplantation. La législation française est claire : elle repose sur le consentement présumé (loi Caillavet de 1976). A moins de s’être inscrite dans le Fichier National du Refus, toute personne est un donneur potentiel. En pratique, avant la moindre intervention, les médecins déterminent auprès de la famille si le disparu avait manifesté la moindre résistance au don.

http://www.france-adot.org/

http://www.dondorganes.fr/ site de l’agence nationale de biomédecine.

Le don du corps à la science

Le donateur désire que sa dépouille serve à l’enseignement de la médecine ou à l’expérimentation. Cette démarche est faite par 2800 personnes en France chaque année et est indispensable aux progrès de la science. La volonté du donateur doit être formulée une demande manuscrite, signée et datée, à l’une des 28 facultés de médecine comportant un service de don du corps. Celle-ci lui enverra à son tour un formulaire et enfin une carte. Le don est évidemment gratuit, mais il arrive que certains établissements demandent une contribution pour les frais de transport et d’inhumation. Le corps une fois utilisé est incinéré et quelques facultés rendent les cendres à la famille.

 

Témoignages

« Mon père avait tout prévu : Il voulait être inhumé en Bretagne, ne pas être incinéré, que la messe ait lieu dans son village d’origine…Il avait même mis de côté sur un livret, l’argent nécessaire aux obsèques » nous explique Antoine 48 ans. Mais une telle prévoyance est rare, pourtant elle éviterait bien des douleurs et des gestes regrettables. Ainsi qu’en atteste Sophie 38 ans : « Ma grand mère est morte très brutalement et on s’est retrouvé totalement dans le brouillard : elle n’avait rien prévu, n’en parlait jamais. On a du retourner sa maison pour trouver les papiers de banque, d’assurance…On s’est déchiré entre nous, les enfants, les oncles et tantes, les petits-enfants…Nous avons fini par voter pour prendre certaines décisions comme le lieu de sa tombe : elle avait divorcé de mon grand-père, mort depuis. C’était un cauchemar !