Présidentielle 2017, l’avis de décès et la propagande électorale

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Consigne de vote, "Au lieu de fleurs, ne votez pas pour Hillary" Source : Twitter

Une mode arrive des Etats-unis : les consignes de vote post mortem. Mais cela est il possible en France ? Pourrait-on, oserait-on frauder ? Et si oui, avec quelles conséquences ? L’article le plus terrifiant de la semaine… Et on n’est que lundi.

A la mode américaine

C’est une mode qui vient des Etats Unis : laisser des consignes post-mortem dans son avis de décès. Des dernières volontés électorales. Ainsi, on a pu lire récemment dans des rubriques nécrologiques : « Ni fleurs, ni couronnes, mais ne votez pas pour Hilary Clinton » ou encore «Jeffrey vous demande qu’au lieu d’envoyer des fleurs, vous ne votiez pas pour Donald Trump.»

Qui a dit que cela ne pouvait pas prendre en France ? Vous le croyez vraiment ? Regardez votre voisin, dans la rue on en a tous un, qui écoute de la country music en buvant du bourbon-coca, et qui amène ses enfants au Mac Donalds. Nous avons beau résister, en buvant du Pepsi, en mangeant chez KFC et en écoutant Elvis, quelque chose me dit qu’il est déjà trop tard.

Alors attendons nous à voir, d’ici quelques temps, à voir fleurir les avis de décès ou le défunt exprimera ses dernières volontés post-mortem. « Ni fleurs, ni couronnes, mais surtout, ne votez pas Hollande en 2017, il n’est peut être pas pour rien dans ma mort » ou bien « Je ne pourrais pas me décomposer paisiblement dans une France dirigée par Sarkozy ».

Mais si ces volontés n’étaient pas respectées ? Que risquerait-on alors ?

La loi est un carrefour anglais

La législation française est comme un rond-point : elle est dure, mais elle se contourne.

Parce que s’il est interdit d’aller contre la dernière volonté d’un défunt en France, il est impossible de vérifier, dans ce cas précis tout du moins.

Enfin, interdit d’aller contre la volonté du défunt, avec des limites, bien entendu, celles fixées par la loi. Et la loi est comme un gruyère Suisse, pleine de trous. Sans avoir vérifié, je suis prêt à parier que le cas de figure n’est pas prévu, justement. Et qu’il ne le sera pas. Imaginez-vous qu’un politique s’avise d’interdire à un défunt de dire pour qui voter ? Diable, le politique passe sa journée à faire ça, dire pour qui voter. Certes, parfois subtilement, mais les exemples ne manquent pas d’élus expliquant qu’il fallait voter pour untel, et qu’il ne faut pas voter pour untel.

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Pas que les politiques, au passage. est-ce que les artistes se gênent, eux, de leur vivant ? « Si vous votez pour marine Le Pen, je quitte la France » disait par exemple un ancien tennisman reconverti dans la chanson. Message personnel : j’ai écouté ton dernier album. Vraiment, tu devrais pas tenter les gens comme ça…

Et puis, comment contrôler ? Envoyer un huissier de justice dans chaque isoloir pour vérifier la conformité du vote ? Mais l’isoloir, c’est pour s’isoler, et on ne peut y être que seul.

Donc, législativement parlant, on ne risque absolument rien. 6 mois de prison d’évités et 7500 euros d’amende économisés, vous noterez au passage que cet article est sans aucun doute le plus rentable que vous aurez lu aujourd’hui.

Le risque spirituel

Il existe bien entendu un autre risque, d’ordre spirituel. Non, je ne parle pas ici de religion ou de morale, ces sujets regardent chacun individuellement. Il est question de Poltergeist, d’esprit frappeur. Parce que, bon, imaginez, en 2017, vous votez contre les volontés de votre cher disparu, et celui-ci revient vous hanter. Vous aurez l’air malin, d’aller expliquer ça à un spirite ou à un exorciste.

Le pire cas de figure, vous avez perdu deux tontons, le baba-cool libertaire qui faisait mai 68 sur les barricades, qui a laissé pour dernière consigne « Surtout, ne votez pas Sarkozy en 2017 » et le réac débonnaire, qui lui aussi faisait mai 68, mais du bon côté de la matraque, qui lui s’est clairement exprimé « Surtout, ne votez pas Hollande en 2017 ». Bon, si on se retrouve avec Juppé-Valls, vous êtes tranquille, mais sinon, une seule question se pose : en cas de vote blanc, il se passe quoi ? Vous aurez satisfait les deux, ou vous aurez fâchés le deux, qui sous-entendaient que, s’il ne fallait pas voter machin, c’est pour voter truc ?

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Non, ne riez pas : c’est drôle jusqu’à ce que ça vous arrive. Et vous savez quelles conclusions on peut en tirer ? Que le défunt qui vous laisse de telles volontés ne vous aimait pas. Voilà. Ce qui implique que vous pouvez vous dégager de tout engagement vis à vis de sa mémoire, et voter pour qui vous voulez. Ou aller à la pêche, si ça vous chante.

Nous aurons une pensée émue pour l’assistant funéraire chargé de transmettre les dernières volontés du défunt à son journal habituel. Il faudra prévoir du temps : la copiste, après sa quarante-septième vérification, passera la patate chaude à son chef, qui la passera à son chef, et ainsi de suite, jusqu’à ce que le directeur de la publication ne rappelle l’agence, sur le thème du « Mais vous êtes vraiment sûr ? ». Et imaginez les boulettes : le défunt voulait dire de ne surtout pas voter pour Dupont-Aignan, la typo se trompe et remplace le nom par celui de François Bayrou…  A la réflexion, au vu des scores, ça a dû arriver souvent en 2012.

A la réflexion, je crois que je vais m’y mettre aussi. Dans mon avis de décès, je demanderai à ce qu’il soit écrit « Ne votez pas pour moi. De toute façon, c’est trop tard. »

1 commentaire

  1. Vu comme ça, on peut aussi se servir de son propre avis de décès pour interdire à quelqu’un que l’on déteste de se présenter aux obsèques, genre : »Je tiens à faire savoir que je refuse que Duchmol vienne assister à mes obsèques et j’ordonne aux employés des PF de lui interdire l’accès à l’église et au cimetière. » Ce doit être possible, non ?

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