Profanations de cimetières : des solutions, pas de panacée

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Les profanations de cimetières sont un problème très présent dans l’actualité, pour des motifs très variés mais toujours imbéciles. Comment s’en préserver ? Quelques pistes explorées par les communes.

Médiatisées ou non, à motivations religieuse, politiques ou éthyliques, peu importe : les profanations de cimetières sont des événements traumatisants très mal vécus autant par les victimes que par les habitants alentours. De plus en plus, les communes cherchent à se prémunir contre eux, sans pour autant trouver la panacée.

Le concierge électronique

Une solution retenue, notamment par la commune de Givenchy, consiste à apposer un système de portier automatique. L’idée est simple : installer à la fois sur la porte et sur le montant un aimant puissant, activé par un système d’horlogerie. Ainsi, l’heure de la fermeture venue, le cimetière est verrouillé.

Cette solution est valable pour les petites communes qui n’ont pas les moyens de nommer un responsable de cimetière. Un inconvénient qui donnera des sueurs à certains, c’est que les distraits qui oublieront l’heure de fermeture se retrouveront enfermés. Prévoir un système pour la sortie, ou un interphone : les personnes âgées ne sont pas encore toutes équipées de téléphones portables…

Le système est renforcé par un groom mécanique, la journée, qui permet à la porte de se refermer et maintient ainsi les animaux errants à l’extérieur.

Face au profanateur moyen, généralement des quidams désœuvrés et alcoolisés, le système peut en effet être décourageant. Face à des attaquants déterminés qui ont une cible précise en tête, ce sera insuffisant : les murs d’enceinte peuvent toujours se franchir. Surtout que, sans gardien humain, les profanateurs peuvent avoir à franchir le mur une seule fois : il suffit, pour entrer, de se laisser enfermer dans le cimetière.

La vidéosurveillance

L’installation de caméras vidéos est une solution utilisée pour l’espace public, et qui pourrait très bien s’appliquer au cimetière. Des communes comme Ballancourt, Lambres-Lez-Douai ou la Chapelle Basse mer ont déjà équipés leurs cimetières de caméras.

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Ces communes ont d’ailleurs toutes la même motivation : il est s’agit dans ces trois cas d’apporter une réponse à une recrudescences de vols commis en plein jour. Dans les cas qui nous intéresse, la profanation, celle-ci est principalement commise de nuit, lorsque les abords du cimetière sont déserts et qu’aucun curieux ne sera à même d’observer les actes.

Cela implique soit un éclairage du cimetière en permanence, soit un équipement spécifique à la vidéosurveillance nocturne, l’un comme l’autre encore plus coûteux que les systèmes standard.

Le point commun aux communes citées, comme à celles qui envisagent l’équipement, est un espace à surveiller relativement rectangulaire, sur peu voire pas de niveaux, et de petite taille.

Des cimetières plus vastes, sur plusieurs niveaux, avec de nombreux angles morts, deviendraient rapidement un cauchemar de surveillance, exigeant soit la multiplication des caméras, soit celle des angles morts… Qu’un individu s’étant donné la peine de faire un repérage pourrait facilement exploiter.

Dernier point, mais non des moindres, la vidéosurveillance est généralement utilisée à postériori. On imagine mal un opérateur surveiller en permanence des dizaines d’écrans, à moins que les caméras ne soient équipées d’un système de déclenchement par détecteur de mouvements, ce qui en augmenterait encore le coût, et donnerait lieu à de nombreuses fausses alertes.

La vidéosurveillance dans les cimetières servirait ainsi à punir les actes, et non à les empêcher, ce qui, en ce domaine, rassure peu les populations. Et encore, à la condition expresse que les images fournissent assez d’éléments.

Les patrouilles

Les patrouilles, de police ou de gendarmerie, sont certainement l’élément le plus paradoxal : rassurant pour les usagers (les familles des défunts), elles sont les plus inefficaces en fait.

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Les effectifs de police et de gendarmerie sont en effet assez faible pour des zones immenses à couvrir, et la travail ne manque pas.

Un profanateur décidé n’aura ainsi qu’à attendre qu’une patrouille passe et s’en aille pour avoir la certitude d’être tranquille plusieurs heures : entre la surveillance de zones plus sensibles et les interventions inévitables, il serait fort étonnant qu’une ronde soit faite plus d’une fois par nuit.

Entendons nous bien, il n’est nulle question ici de manque de motivation de la part des fonctionnaires ou militaires, simplement d’un manque de moyens.

Quand au profanateur d’opportunité, il serait bien en déveine si, sur la durée de la nuit, il tombait sur la patrouille pendant ses quelques minutes de présence.

Pas la panacée ?

D’autres responsables réfléchissent certainement à d’autres solutions. S’ils nous lisent, nous serions ravis de leur ouvrir nos colonnes. Mais, comme nous l’avons vu, aucune n’est encore la panacée pour lutter contre les profanations, dégradations et vols.

La bonne nouvelle n’est pas là, néanmoins, parce que, contrairement à ce que vous pensiez, il y en a : les élus et responsables ont, en de nombreux endroits, pris la mesure de la gravité du phénomène, et mettent des moyens, non plus seulement pour punir ces actes, mais pour tenter de les prévenir.

Si l’on sait combien de profanations ont été commises, on ne saura jamais combien ont été empêchées. Mais le fait que les cimetières soient pris au sérieux par les municipalités, qui ne les voient plus seulement comme de simples espaces à gérer administrativement mais comme des lieux de mémoire cristallisant la sensibilité des populations ne peut être que bénéfique.

Guillaume Bailly

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