Quand les malades d’internet vont aux pompes funèbres

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malade internet

Le funéraire de demain se fera sur internet. D’ailleurs, le web est déjà bien présent, de plus en plus, dans les agences. Parfois dans les recoins les plus inattendus. Retour estival des tranches de vie, histoire d’adoucir la rentrée, et tant pis pour ceux qui font la sieste à la plage.

L’homme entra dans l’agence de pompes funèbres dès l’ouverture. Pâle, les yeux cernés, les vêtements froissés, il avait tout l’air de celui qui n’a pas connu une bonne nuit de sommeil depuis longtemps. Le conseiller, qui rangeait des plaques au fond du magasin, se dirigea vers lui pour l’accueillir.

« Je viens pour préparer un décès » expliqua l’homme puis il ajouta aussitôt « le mien. Je suis condamné. »

Le conseiller funéraire en avait vu d’autres. Il présenta des regrets soigneusement calibrés, puis invita l’homme à se rendre dans son bureau. Une fois installés, il ^proposa à son futur client un café.

« Non, merci. J’ai de l’hypertension ».

Une boisson chaude ? Un chocolat ?

« Non, merci, à cause de mon intolérance au lactose ».

Le conseiller funéraire fit une dernière tentative : du thé ?

« Non merci » déclina l’homme, avant d’ajouter « là, c’est juste que je n’aime pas ça. »

Le conseiller passa ensuite directement au vif du sujet. Il savait que les gens condamnés par un pathologie mortelle n’aimaient pas perdre leur temps en palabres, bien souvent. Efficacité et concision, ils n’étaient pas venus là pour gaspiller de précieux instants de vie.

« Combien de temps est valable le devis ? » demanda l’homme, durant la conversation.

« Trois mois, monsieur », répondit le conseiller, ajoutant « l’idée, ici, c’est surtout de cerner vos volontés essentielles. Pardon de poser la question abruptement, mais… sur votre espérance , qu’on dit les médecins ? »

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L’homme serra la mâchoire « Les médecins sont des incapables. »

Le conseiller funéraire s’étonna, mais ne dit rien. Il se contenta de regarder l’homme en silence, l’incitant ainsi à poursuivre.

« Ce sont des abrutis, ça, c’est sûr. Je souffre d’une Aniridie-tumeur de Wilms, combinée à un Robinow et un syndrome de Seckel. Mais ce qui va me tuer, c’est une tumeur au cerveau, une bête tumeur, qui fait déjà quinze bons centimètres. Et bien ils ne m’ont diagnostiqué aucune de ces maladies. Vous savez pourquoi ? »

Le conseiller funéraire souligna prudemment que, non, il ne savait pas.

« Tout simplement parce qu’il n’existe pas de traitement pour ces maladies, ils ne peuvent pas me vendre de médicaments et toucher leur commission de l’industrie pharmaceutique. Alors, ils prétendent que je vais bien. Vous voyez ? »

Le conseiller funéraire opina. Il voyait. Pas la même chose, mais il voyait. Il tenta une question « Mais si vous savez tout ça, c’est bien qu’un médecin vous a fait un diagnostic ? »

L’homme soupira profondément « Je vous ai dit que ce sont des incapables. Non, heureusement, j’ai pu savoir par un autre moyen à quelles maladies correspondaient mes symptômes. »

« Quel moyen ? » s’enquit le conseiller.

« Ben.. Internet, évidemment ! »

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