Querelle de clochers autour de Bernadette Soubirous

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C’est une empoignade que l’on pouvait déjà vivre au Moyen-âge entre deux villes d’influence pour le contrôle d’une vague relique sainte. C’est aussi la petite guéguerre qui s’est allumée entre Lourdes et Nevers. En cause : la dépouille de Bernadette Soubirous.

« Rendez à Lourdes sa bergère », réclame le conseiller général José Marthe. L’élu s’est allié à plusieurs descendants de la sainte, et créé en septembre dernier une association en ce sens. Pour lui, la jeune femme, morte en 1879 à 35 ans, est intimement liée à l’histoire de la ville pyrénéenne des pèlerinages, des miracles et des guérisons espérées. Six millions de visiteurs l’an. En 1858, Bernadette y aurait vu la Vierge à 18 reprises.

En 1866 pourtant, elle quitte Lourdes. Elle a 22 ans. Sollicitée de toutes parts, montrée comme une bête curieuse, invitée par nombre de communautés religieuses pour y entrer, sa vie est devenue intenable. Elle se réfugie en Bourgogne, à Nevers, au couvent Saint-Gildard. Pendant treize années, elle va y mener une vie quasi-ordinaire de religieuse. Elle s’occupe de l’infirmerie. De santé fragile, atteinte de tuberculose, elle y meurt en avril 1879.

Pour les besoins de l’enquête en béatification, elle est exhumée trois fois (1909, 1919, 1925). Son corps est très bien conservé. Béatifiée en 1925, canonisée en 1933, sa dépouille repose depuis lors dans une châsse de verre et de bronze.

Le conseiller général de Lourdes est sûr de son argument : les sœurs de Nevers sont de moins en moins nombreuses. Il serait inimaginable que sainte Bernadette tombe entre les mains de laïcs. Mais l’Eglise de Nevers demeurent droite dans sa soutane : déménager serait aller à l’encontre des volontés de la célébrité locale, qui générait quand même en 2012 (serait-ce donc le fond du problème ?) plus de 2,5 millions d’euros de retombées touristiques pour la ville.

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2 COMMENTAIRES

  1. On peut se demander si Nevers serait autant visitée sans la présence de Bernardette.
    Non, je suis mauvaise langue : aucune affaire d’argent là-dessous ! C’est juste que les habitants de la ville se sont attachés à cette bergère qui, à l’origine, n’était pas du coin…

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