Rammstein aux Vieilles Charrues, ou comment éviter la mort dans les festivals (1/2)

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vieillescharrues2013-31qp Rammstein aux Vieilles Charrues, ou comment éviter la mort dans les festivals (1/2)Il arrive parfois que nos rédacteurs veuillent souffler un peu, et, en cette période estivale, quoi de mieux pour ce faire qu’un festival ? Nous y avons été, et, franchement, nous sommes surpris de ne pas y aller plus souvent… A titre professionnel.

Plusieurs mois avant Rammstein

Il fallait le voir pour le croire. Plus précisément, jusqu’au tomber de rideau, j’ai eu un doute, un énorme doute.

La rumeur courait depuis longtemps, c’en était presque devenu une blague : Rammstein viendrait aux Vieilles Charrues. Improbable, vu l’esprit décontracté et bon enfant du festival, contrastant avec l’artillerie de panzers ultra professionnels déployé par le groupe de métal germanique. Sauf qu’un matin, prenant mon petit déjeuner avant de rédiger l’éphéméride et la revue de presse sur lesquels vous vous ruez en arrivant au bureau, j’en crachai mon café de surprise sur mon Télégramme de Brest : une photo de Till Lindemann sous le titre « Rammstein viendra aux Vieilles Charrues ».

Bon, c’est très exagéré : le groupe avait annoncé lui-même sa venue la veille, sur son site internet. A onze heure pile, comme prévu : les métaleux teutons sont ponctuels. A onze heure une, ma femme et moi avions acquis nos places.

Quelques détails sont sortis au compte-goutte. Le directeur des Vielles Charrues avouant avoir « Cassé sa tirelire » pour faire venir le groupe, et ce désarroi visible entre les lignes dans les articles qui suivirent l’annonce. Les longues négociations, les exigences logistiques draconiennes pour monter le show, l’achat d’une scène plus grande, l’immense plateau des Charrues étant trop petit pour accueillir la pyrotechnie des Allemands. Plus une condition tout à fait exceptionnelle aux Vieilles Charrues, ou les artistes jouent parfaitement le jeu, pas de droit à l’image. En gros, le festival n’avait pas le droit de montrer les images captées. Et on sentait l’équipe profondément dégoûtée de ne pas pouvoir montrer trente secondes d’extraits du show lors de ses conférences de presse, illustrant le propos « Il y avait Rammstein ».

Mais bon, c’était officiel : le jeudi 18 juillet, à 22 heures 25, les teutons sont ponctuels, vous l’ais-je dit ? Rammstein ferait exploser Kerampuilh, la paisible prairie ou se déroulent les Vieilles Charrues, sous le déferlement de ses explosifs. Déjà, neuf semi remorques tournaient leurs pneus immenses vers l’ouest.

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Till Lindenmann photographié au moment précis ou on lui apprenait que c'était Raphaël qui faisait la première partie de Rammstein aux Vieilles Charrues

Longtemps avant Rammstein

L’arrivée aux Vieilles Charrues est un poème à elle toute seule. Garés à quelques kilomètres du site, nous avions entamé la longue marche qui allait nous mener à la (momentanément) paisible prairie. Des bénévoles, postés à un rond point, nous avaient aimablement indiqué : « C’est par là ! Deux kilomètres cinq ». Nous avions parcouru donc au moins la moitié de cette distance, lorsque nous avions à nouveau croisé des bénévoles, qui avaient confirmé « Toujours tout droit ! Plus que deux kilomètres cinq ». « Marrant », dis-je à ma femme, « on a fait du sur-place ? ». Ah, le folklore des festivals et des distances à géométrie variable.

Vous avez remarqué à quel point on détecte facilement ce qu’on déteste ? Alors qu’à la librairie, je peu passer plusieurs fois à côté du nouveau livre de mon auteur préféré sans le voir bien que ce soit précisément ce que je suis venu chercher, je sais instantanément quand il y a de l’orange dans le chocolat. Ma femme a pointe le nez en l’air tout en affirmant « Il n’y a pas que des cigarettes ici ». Elle a horreur du cannabis, comme vous l’aurez certainement deviné. Je crois qu’elle a repéré tous les fumeurs de joints de l’entrée jusqu’à la scène. Moi, j’ai repéré les dealers. Et deux agents de sécurité qui discutaient avec un bénévole par talkie-walkie, sur le thème : « Il y a un gars qui a dû prendre un truc, il est défoncé sur le parking, je fais quoi ? ». La réponse, appeler les pompiers. Il faut être un peu idiot pour acheter de la drogue sur les festivals, déjà, en temps normal, c’est tout sauf sain, mais les grands rassemblements attirent des revendeurs prêts à fourguer toutes sortes de cochonneries coupées et recoupées. Ils s’en fichent : leurs clients ne sont pas des habitués, ils ne les reverront plus. Je l’étonne qu’il n’y ait pas plus de gens à tomber raide mort après avoir gobé un cachet sans savoir ce qu’il y avait dedans. Sur le site, les bénévoles sont vigilants, la fouille est complète, et la sécurité vigilante. Mais toutes les transactions se font à l’extérieur.

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Il paraît que moins on a de talent, plus on a de guitares. Raphaël en changeait à chaque chanson.

Le festival avait commencé tranquillement. Trop tranquillement, peut être, avec Raphaël, venu là avec sa collection de guitares inonder Kerampuilh de ses chansons. Manifestement, le chanteur n’avait pas bien compris ou il était : en pleine après-midi, sous un soleil implacable, dans chaleur écrasante, ce qu’il fallait au public, c’était de la fraîcheur, pas de la guimauve dégoulinante. Par ce temps, le sucre écœure vite, et donne grand’soif.

Un bon résumé de la situation fut lorsque le chanteur brama « J’irai dormir sur le ventre rond de ma bien aimée » sans se rendre compte que plusieurs festivaliers éclataient de rire. Sa prestation est admirablement résumée par une fan, venue à priori exprès pour lui, et qui expliquait à une amie « Franchement, j’aurais mieux fait de rester chez moi écouter le CD ».

Oui, quand on aime un artiste, il faut se renseigner un minimum sur ses prestation scéniques, avant de se déplacer.

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The Hives : pas besoin du soleil pour transpirer, dix secondes de concert suffisent à se retrouver en nage (et en transe)

Avant Rammstein

Fort heureusement, avant Rammstein, il y avait The Hives pour remonter l’ambiance. Bon, en même temps, des Suédois habillés en Mariachis mexicains et qui jouent un punk rock à faire passer les meilleurs tenants californiens du genre pour une clique de bal musette fauché ne peuvent pas être de mauvais gars. Débordant d’énergie, les cinq vikings ne laissent pas une minute au public pour souffler.

Note : il faudrait demander à Pelle Almqvist, le chanteur, d’expliquer à Raphaël ce qu’est un festival. Rien à redire, The Hives, c’était parfait, à un détail près, avec leurs costumes, rien qu’à les voir, ils donnaient chaud. Faut être courageux pour être un rockeur.

En parlant de soif, de nombreux festivaliers se désaltéraient à la bière tiède. Parfait pour se déshydrater, ça. L’avantage d’un festival, c’est qu’on n’a pas d’intimité : impossible de tomber frappé d’insolation et desséché par l’alcool éthylique dans un coin pour y mourir tranquille, il y a toujours quelqu’un pour prévenir les secours. Mais bon, la bière ne dispense pas de l’eau, il faut juste prévoir une vessie plus grande.

A peine The Hives sortis de scène que déjà, à l’autre bout du pré, la foule appelle Rammstein. Là aussi, il y a failli avoir des drames. Mais ça, c’est pour demain.

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2 COMMENTAIRES

  1. Bravo. Première partie de cette première journée bien résumée. On a l impression que vous y étiez ! La bière était coupée à l eau… Allo quoi ! Reste que quelques festivaliers manquent à l’appel pour arrondir les fins de mois. J y serai à nouveau l an prochain. J attends votre résumé de la 2nde partie. Kenavo.

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