Rapport au ministère de la santé : Avis de décès de la cigarette electronique ?

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Un cartomiseur, avec une bourre et une résistance, un "Tank" (réservoir), un drip tip (embout à lévres), voilà un des systèmes de vaporisation du liquide

Aujourd’hui, le rapport tant attendu sur la cigarette électronique va être remis à la ministre de la santé. L’occasion pour notre vapoteur de rédac’chef de le commenter.

Quelques principaux points du rapport

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Un cartomiseur, avec une bourre et une résistance, un "Tank" (réservoir), un drip tip (embout à lèvres), voilà un des systèmes de vaporisation du liquide : 10 euros l'ensemble, le cartomiseur est à changer environ une fois par semaine, en fonction de votre consommation, 2.20 euros environ la pièce

La première chose qui frappe, dans ce rapport, c’est que, contrairement à une directive européenne actuellement à l’étude, il préconise de ne pas interdire la cigarette électronique. Le collège d’experts, sous la direction de Bertrand Dautzenberg, tabacologue, professeur de pneumologie, est parvenu à une conclusion, que l’on peut résumer comme suit : la cigarette électronique est trop récente pour que des informations pertinentes sur son utilisation sur le long terme soient fournies, les experts s’accordent aussi sur la dangerosité du produit, mais pour ajouter aussitôt que le produit est beaucoup moins dangereux que la cigarette classique.

Les experts préconisent plusieurs mesures : l’interdiction de la vente de cigarettes électroniques aux moins de 18 ans, et l’interdiction de son utilisation dans les lieux publics, comme le tabac. La première mesure est tout à fait raisonnable, ceci afin de limiter la dépendance des mineurs à la nicotine. La seconde est cohérente par rapport aux lois anti-tabac, qui devraient, au passage, être rebaptisées lois anti produits nicotiniques, et délivrera les responsables des lieux publics du flou juridique qui régnait en maître.

Sur les liquides, pareillement, le rapport propose d’ouvrir une certification pharmaceutique, pour des liquides dont le producteur aurait fait la demande, mais ne l’impose pas. Seuls les produits certifiés pourraient être vendus en pharmacie, les autres, comme le matériel, étant vendus dans des points de vente agréés.

A quoi va ressembler la vie d’un vapoteur si le rapport est appliqué tel quel ?

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Une batterie pour alimenter le tout, entre 20 et 25 euros pièce, autonomie une journée, rechargeable par prise USB. Voilà, vous avez tout...

Si le rapport était suivi à la lettre par la ministre, le rapport ne changerait strictement rien à la vie d’un vapoteur, exception faite de ceux qui utilisent leur e-cig dans les lieux publics. Le taux de nicotine maximum préconisé est de 18 mg, contre une législation qui autorise la vente jusqu’à 20 mg, ce qui, au point de vue du « hit » (la sensation de gratouillis au fond de la gorge) et la satisfaction du besoin en nicotine devraient être imperceptibles.

Au vu du traitement médiatique, la seule différence pour les vapoteurs sera que, lorsqu’ils sortiront leur cigarette electronique, on ne leur demandera plus « Qu’est ce que c’est ce truc ? » mais « Ah, c’est donc ça, la e-cig ? ». Un peu de variété ne fait pas de mal.

L’objectivité, la clarté, et surtout, la reconnaissance des vertus de la e cigarette par une commission qui avait pour consigne d’appliquer le principe de précautions est sans aucun doute une excellente nouvelle.

Ou acheter sa cigarette électronique ?

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Ne reste plus qu'à choisir un e-liquide, environ 5. 90 euros les 10 ml, dosé en nicotine selon votre consommation de cigarette. Votre vendeur de cigarettes électroniques saura vous conseiller.

La question est : ou sera vendue la cigarette électronique ? Trois solutions sont possibles : dans des boutiques dédiées, chez les buralistes, chez les pharmaciens.

Les pharmaciens n’ont pas l’air de déborder d’enthousiasme, et se contenterons certainement des produits de qualité pharmaceutique qui seront proposés chez eux. L’un d’eux, contacté par téléphone, nous a expliqués qu’il avait vocation à vendre des produits de sevrage ou de substitution, mais devenir revendeur de drogue de consommation courante le mettait mal à l’aise. Position louable, dont nous ignorons si elle est partagée par tous ses collègues, qui sont invités à nous livrer leur opinion.

Il faut alors privilégier les boutiques. En effet, les buralistes, qui revendiquent l’exclusivité, provoqueront à terme la mort du produit, ou sa dérégulation sur le marché parallèle.

Quand la cigarette électronique est arrivée en France, les bureaux de tabac n’en ont pas voulu. Le marché s’est organisé lui-même, avec des passionnés devenus revendeurs, et le petit miracle a eu lieu : la cigarette électronique s’est auto-régulée, les revendeurs, pour la plupart, et les fabricants, se sont imposés à eux-même des normes de transparence et d’éthique dans le souci du consommateur.

Tous ce travail, serait il juste que ce soit aujourd’hui des buralistes qui n’ont rien fait qui en profitent ?

Une vente de cigarette électronique, en boutique, c’est environ trois quart d’heure. Un vendeur s’enquiert de votre profil de fumeur, vous fait tester du matériel, vous fait goûter des produits, pour vous proposer ce qui vous conviendra le mieux, puis, une fois le tout choisi, vous explique comment utiliser et entretenir votre matériel.

Vous voyez, vous, votre buraliste prendre trois quart d’heure pour vous expliquer le fonctionnement de votre cigarette électronique ?

Enfin, dernier point mais peut être selon nous le plus crucial. Nous avons demandé à Michaël, de Mcortex Distribution, combien d’emplois il avait créé « Depuis environ un an, neuf, moi y compris, dont la moitié était demandeurs d’emplois » et combien d’emplois représente la cigarette électronique en France ? « On estime environ 500 depuis que la cigarette électronique est arrivée en France ». En deux ans, donc. La société Alphaliquid, fabriquant français de e-liquide, a créé à elle seule 120 emplois ces deux dernières années. Combien d’emplois ont été détruits chez les buralistes, pendant ce temps ? Exception faite des tabacs frontaliers, pour d’autres raison, le chiffre est plus faible.

Un secteur en pleine expansion, qui s’est auto régulé, qui crée des emplois et peut, à terme, faire faire des économies à la Sécurité Sociale, la ministre de la santé, lorsqu’elle lira ce rapport équilibré et objectif, devra également garder ces éléments à l’esprit. D’autant que brider la cigarette électronique serait un signe fort et positif adressé à la cigarette classique. James Bond dirait : un permis de tuer.

Vous pouvez lire le rapport intégral ici

Note : même si l’auteur de cet article est, vous l’aurez compris, un inconditionnel de la cigarette électronique, cela tient du fait qu’il a arrêté, grâce à elle, le tabac. S’il avait le choix, aujourd’hui, il aurait préféré ne pas avoir commencé à fumer.

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