Le rapport du SPTIS sur le rapport de l’IGAS

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Le rapport de l’IGA sur les soins de conservation a suscité beaucoup de réactions. Dernière en date, celle du SPTIS, une longue analyse que Funéraire Info a lu en exclusivité.

sptis-logo-bleu-1-300x127 Le rapport du SPTIS sur le rapport de l'IGASUne méthodologie réfléchie

Si le Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés a pris son temps pour réagir au rapport, ce n’est pas seulement parce que la rapport est long et parfois complexe. Après analyse, le syndicat a soumis le rapport à chacun de ses membres, pour recueillir leurs réactions et leurs réflexions, et en a fait la synthèse tenant compte des spécificités locale de chacun.

Le syndicat rejoint d’ailleurs les autres lectures, dont celle de Funéraire Info, sur les approximations, pour ne pas dire erreurs, disséminées tout au long du rapport. Mais le SPTIS souligne par ailleurs la clarté de celui-ci, ainsi que la bonne compréhension de certains sujets.

La fin des soins au domicile

Première réserve du SPTIS, l’utilisation préconisée de carboglace. Si le syndicat reconnaît l’utilité de la méthode, il souligne également à juste titre qu’elle est un reliquat du passé, qui trouve rapidement ses limites, de même que la plus moderne table réfrigérée. En effet, la baisse de température du corps ralentit la décomposition sans la stopper, et cela pose problème au delà d’un certain délai, que le SPTIS fixe à trois jours, ainsi qu’au domicile.

C’est le premier gros point qu’aborde le SPTIS : le syndicat, après consultation de ses adhérents, se dit favorable à l’interdiction des soins à domicile, soulignant que la France est le seul pays d’Europe à les autoriser encore.

Le SPTIS rappelle d’ailleurs à cette occasion qu’il avait fait des propositions en ce sens, présentant des compromis et alternatives, pour que la fin des soins de conservation à domicile ne rime pas avec la fin du repos du défunt à son domicile, et donc n’empiète pas sur la liberté des obsèques.

Un vocabulaire corrigé

Le SPTIS reprend le tableau synthétique des formulation des soins, en corrigeant les erreurs, pour ne pas dire les aberrations qui s’y étaient glissées, pour en proposer une version plus en adéquation avec ce que les professionnels du funéraire connaissent et pratiquent au quotidien.

Le SPTIS souligne l’ambiguïté qui règne sur le mot « soins somatiques ». Plus catégorique est la réaction sur le terme « embaumement », toujours à juste titre, puisque les corps recevant des soins de thanatopraxie n’ont pas vocation à la momification.

Soulignons à ce propos que l’auteur du document, dans son analyse du tableau synoptique, et de l’alinéa 9 de la page 10 du rapport de l’IGAS, utilise l’expression « soins médicaux » (« En revanche nous ne sommes pas du tout d’accord avec le rapport à la page 10 alinéa 19 lorsqu’il est dit que le soin de conservation, à part les obligations légales, ne repose que sur une fonctionnalité de présentation plutôt que médicale ») omet de remplacer le mot médical par le mot sanitaire. C’est une erreur sémantique, puisque les thanatopracteurs n’étant pas médecins, ils ne peuvent avoir une quelconque action au niveau médical.

Le VIH, vrai problème ?

Revenant sur l’interdiction des soins à domicile préconisé par le législateur au titre du principe de précautions, le SPTIS s’offusque que la levée de l’interdiction des soins sur les patients atteints du VIH ne bénéficie pas du même principe de précautions.

L’argumentaire du SPTIS est le suivant : le HIV n’est plus transmissible 24 à 36 heures après le décès, selon Monsieur Romero et les associations de patients, or c’est justement le délai durant lequel les thanatopracteurs préconisent de pratiquer des soins, attendre au delà risquant de leur faire perdre toute efficacité.

Le SPTIS regrette vivement que ses propositions n’aient pas été retenue, notamment des précautions techniques renforcées, ainsi que la liberté du praticien de refuser de procéder aux soins.
Le syndicat coupe ainsi la poire en deux : si les membres du SPTIS ne s’opposent pas formellement à une levée de l’interdiction des soins sur des patients atteints du HIV, ils le refusent dans les conditions préconisées par le rapport.

Autres réserves

Le syndicat exprime par ailleurs des réserves sur la collecte des DASRI par les opérateurs funéraires. De même, le SPTIS soulève le problème de l’information à apporter aux familles, en s’interrogeant sur la forme qu’elle doit revêtir et son exhaustivité.

Une suggestion particulièrement pertinente, nous semble-t-il, et qui mérite réflexion, est l’habilitation des centres de formation funéraires. Les écoles qui forment des professionnels habilités ne devraient elles pas l’être également ?

Conclusion

On pourra à la rigueur taquiner le SPTIS sur le fait qu’ils s’opposent à ce que des médecins président les jurys, alors que quelques lignes plus bas est préconisée la création d’un ordre qui serait classé en profession de santé, ou sur le côté parfois obsessionnel de certains combats parfois hors-sujet. Mais l’ensemble se tient.

En effet, le syndicat des thanatopracteurs a présenté une synthèse engagée, ce qui est précisément le rôle d’une structure syndicale, sur lequel on pourra ne pas être d’accord, ce que ses auteurs reconnaissent d’ailleurs dans la conclusion, mais qui prend le temps de développer des arguments qui auront un intérêt pour ceux et celles qui cherchent à se faire objectivement une opinion.

Comme le souligne d’ailleurs l’auteur dans sa conclusion, la thanatopraxie est arrivée à un tournant. Il convient donc d’écouter toutes les voix pour se faire une opinion mûrement réfléchie, puisqu’il serait dommage de gâcher cette chance par une précipitation de mauvais aloi.

9 COMMENTAIRES

  1. L’ordre des pharmaciens est un ordre reconnu comme une profession de santé et n’est pas dirigé par des médecins pour autant, la thanatopraxie appartient donc à ses acteurs au même titre que la pharmacopée appartient à la sienne, cela dit si on veut jouer sur les mots il suffit de classer l’ordre des thanatopracteurs dans la catégorie des professions dites « techniques » ou de « cadre de vie » comme le sont les vétérinaires , les architectes, les experts comptables ou encore les géomètres Experts , ainsi il ne sera pas dit que nous dépendons de la santé bien que ce soit l’un de nos ministères de tutelle soit dit en passant et nous pourrons évoluer en un Ordre sans être chaperonné par un président de jury médecin puisque nous ne sommes pas reconnus, à priori comme une profession de santé !

  2. Le VIH, vrai problème ?

    Avec la nouvelle technique BIOSAC 200 tous les problèmes dans la manipulation d’un cadavre avec le VIH ou le groupe de maladies infectieuses , vous seriez exclu d’être une technique non invasive .

    – Le conserfil nature BIOSAC 200 , les retards techniques de l’ apparition de la décomposition et la putréfaction du cadavre .

    – Facile à utiliser et simple du produit .

    – Les économies réalisées sur les autres systèmes de conservation .

    – La fonction du produit est de l’absorption de gaz toxiques et irritants générés dans le processus de la matière organique desconposicion .

    BIOSAC – 200 résultats dans plus de 2000 cadavres étant incroyable.

    – Selon l’étude menée par le coroner Dr , à 132h , l’aspect extérieur et maintient l’ouverture des cavités et la visualisation de ces viscères avoir un comme si j’avais au moment de l’ apparition d’autopsie .
    Conserver dans un endroit froid à partir du moment de la mort 02h30 le 5 Janvier , jusqu’à la réalisation de l’autopsie à 09h00 le même jour .

    Directeur Commercial .

  3. Est ce la solution que vous préconisez dans votre pays sous prétexte que les soins n’y sont que très peu pratiqués ? Et nous vous rappelons que contrairement au document que vous nous avez fait parvenir la semaine dernière cette façon de faire n’est en rien une méthode de thanatopraxie , ce n’est , à notre sens, qu’une méthode de retardement de la putréfaction rien de plus au même titre qu’une table réfrigérante ou que de la carboglace…

  4. Tout comme à part faire de la publicité pour votre produit qui est à la limite du Spam, je ne vois pas en quoi l’intervention est constructive, et encore moins ce qu’elle viens faire dans le sujet en question.

  5. Il existe un produit que j’avais testé avec son inventeur Paul CLERC (un ami disparu hélas) Ce produit avait montré toute son efficacité lors des tests que nous avions fait à Nice au service des don du corps en plein mois de juin ou le soleil tapât très fort sur les grandes baies vitrés. ce produit s’appel le NATHOL 2000 à base de propolis et de miel liquéfié. en faisant des méchages imbibés du produit et en passant celui ci avec un pinceau sur l’ensemble du corps à deux reprise avec un temps de seichage de 10 minutes entre les couches de ce produit et bien il n’y avait aucune odeur et le corps de maintenait bien et un an après j’ai eu à pratiquer la même chose à domicile car la famille ne pouvait financièrement se permettre un soin et donc une tirette avait était consentie et avec l’accord de la famille j’ai procédé à cette application et les obsèques ont eu lieu 3 jours et le résultat Nickel

  6. Bonjour,

    J’ai également testé le Nathol, bien qu’efficace dans certains cas de figures. Il lui arrivait aussi de montrer ses limites la ou l’injection d’un soluté à base de formol faisait très bien son travail.

    Le soucis du Nathol, c’est qu’il n’a pas trouvé sa place sur le marché qui se situais plus entre la toilette et le soin.

    A vous lire,

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