Rentrée littéraire : Charles Manson et le mal absolu

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En cette rentrée littéraire, deux romans dont le titre est presque similaire viennent exhumer la sombre affaire du meutre de Sharon Tate il y a cinquante ans. Nous sommes le 09 Août 1969, Charles Manson ainsi que trois autres membres de sa « Famille » pénètrent dans la propriété de Sharon Tate, l’épouse de Roman Polanski, alors enceinte de huit mois. Sans aucune pitié ils la tueront ainsi que quatre autres personnes présentes à ses côtés ce jour là.

California Girls et The girls. Deux romans, deux angles, une seule mémoire. L’écho médiatique de cette funèste affaire à été telle que cinquante après deux générations, dont une qui n’était pas née à cette époque, se penche à nouveau sur ce qui a agité l’Amérique. Si le diable avait un visage à l’époque c’était bien celui de Charles Manson, gourou qui se croyait être la réincarnation du Christ. C’est devenu aussi une bannière politique contre la drogue. Un angle lyrique et un angle réaliste. Focus sur ces deux perles de la rentrée littéraire.

Simon Liberati, huit clos dans la famille Manson. 

Un an après le magnifique et perlé Eva, Simon Liberati revient sur l’affaire Manson en publiant aux éditions Grasset, California Girls. S’il opte pour un point de vue réaliste c’est pour mieux « exorciser ses terreurs enfantines« . Âgé de neuf ans à l’époque, il se souvient parfaitement du séisme médiatique. L’été s’est terminé là, le 9 août 1969. Son roman est une simon-liberati Rentrée littéraire : Charles Manson et le mal absoluautopsie d’un meutre par un gourou, mais aussi par les filles de la famille Manson qui voulaient surtout attirer l’attention de leur papa gourou. Liberati nous emmène durant les trentes-six heures qui entourent le meutre de Sharon Tate. Derrière le crime crapuleux et les croix gammées

Simon Liberati, California Girls, Éditions Grasset

sanglantes gravées sur le fond, c’est surtout l’histoire d’une rock star ratée – le crime visait le manager des Beach Boys – que Simon Liberati met en exergue. Manson avait donné une consigne « créer le spectacle le plus terrifiant possible« . Un sujet qui, malgré la date, fait un sombre écho aux attentats de notre époque. Un bijou de littérature, sans aucune fioriture, ni voyeurisme dans la plongée des meurtres sans raison et sans morale.

Eva Cline, une approche psycho-sociologique 

Autre roman, autre angle, cette fois Eva Cline signe un roman ThThe-girls-emma-cline Rentrée littéraire : Charles Manson et le mal absolue Girls, dont les personnages masqués dissimulent à peine les vrais protagonistes de la sombre affaire d’Août 1969. Derrière la fiction c’est tout une approche psycho-sociologique que l’on découvre sur la place des femmes dans la société. Elle appuie avec brio la manipulation exercée par Manson sur les trois adolescentes paumées, droguées, et fanatiques qui auraient fait n’importe quoi, ce qu’elles ont fait, dans un geste à la fois de rejet de la société mais aussi de soumission envers leur nouveau dieu. Si l’Amérique s’est fait porte-parole d’une lutte anti-drogue et a mis en garde contre les dérives de la jeunesse, les substanes illicites n’expliquent pas à elles seules le pouvoir nihiliste de ces jeunes filles arrivées de nulle part que la narratrice Evie Boyd de The Grils décrit comme « aussi racées et inconscientes que des requins qui fendent l’eau ». 

The Grils, Emma Cline, Les Éditions de la table ronde. Traduit de l’Anglais, Jean Esch 

Deux romans pour un seul traumatisme qui sans fausse pudeur viennent éclairer le passé sombre de la fin des années 70.

filles-manson Rentrée littéraire : Charles Manson et le mal absolu

Patricia Krenwinkel, Leslie Van Houten et Susan Atkins

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