Et le respect dû aux défunts, bordel ! la (Mauvaise) humeur

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Profanateurs de sépulture

Dans la région Lyonnaise, connue pour sa bonne gastronomie, un gang de fossoyeurs s’est fait prendre pour trafic de bijoux volés sur des cadavres, et trafic de marbre provenant de monuments. Ambiance XIXéme siècle… La semaine dernière.

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Profanateurs de sépulture

L’on est loin de l’ambiance gothique de l’Angleterre juste après l’abrogation du Murder Act : les détrousseurs de cadavres d’aujourd’hui, n’errent plus, l’air chafouin, dans les cimetières la nuit, afin d’y dérober des cadavres vendus à des fins de dissections, se cachant des fossoyeurs qui essayaient de protéger les défunts qu’on leur avait confié. Non, aujourd’hui, ce sont les fossoyeurs eux-même, les salopards…

La main dans le sac

Ces vermines, employés dans plusieurs cimetières de la périphérie de Lyon, se sont fait prendre la main dans le sac d’une juteuse magouille. Songez donc : dans les concessions à priori abandonnées, ils dépouillaient les corps de leurs bijoux. Mais, loin de s’arrêter là, ils extirpaient les dents en or des mâchoires des cadavres, opération, lorsqu’on y pense, fort peu ragoûtante.

Et, comme il n’y a pas de petits profits, ces Burke et Hare à la petite semaine démontaient les monuments qui, convenablement repolis, étaient vendus pour neufs, avec sans doute la complicité de quelques marbriers. L’enquête est sur leurs traces bouseuses.

Bijoux, dents en or : les fossoyeurs indignes et leur complice, la compagne du « cerveau » de l’opération, ont été interpellés, en possession de 2000 euros provenant de la vente de bijoux, et 600 euros de la vente de marbre. Le tout en liquide, bien entendu. Tout ça pour ça ? Pas si sûr : à priori, le trafic durait depuis 2009…

Il est amusant de constater que les fourgues d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec les gangsters nicotinomanes qui étalaient le butin sur la table de quelque cave sordide, et l’évaluaient à la lueur d’une ampoule nue : c’est fini, les polars des années 50. C’est tout bonnement dans une boutique qui achète l’or au poids que les profanateurs allaient revendre leurs biens mal acquis.

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Resurrection Men de Thomas Rowlandson. Surveillés par un squelette, deux trafiquants placent un corps exhumé dans un sac.

Circonstances aggravantes

Le travail des fossoyeurs ne consiste pas seulement à creuser des trous, loin de là. Les fossoyeurs municipaux sont aussi là pour entretenir le cimetière, assurer le transfert des défunts vers l’ossuaire… et surveiller.

Les vivants sont censés pouvoir, sinon se défendre, du moins alerter les secours, appeler à l’aide. Les morts n’ont pas cette possibilité. Pourtant, ils sont dignes d’être protégés : leur sépulcre est le point de focalisation du recueillement des vivants, qui apprennent ainsi à vivre avec leur deuil, et ne parlons même pas de leur vie, cette vie qu’ils ont occupé à bâtir, chacun à sa mesure, le monde ou nous vivons. A moins qu’il ne fût tout à fait contemporain, sans doute le toit qui vous protège des intempéries a été bâti par l’un de ces morts.

Ainsi, ils ont gagné le droit à la sérénité, celle de savoir que leur dépouille restera respectée, et, ne fut-ce que symbolique, leur ultime repos ne sera pas troublé.

Les fossoyeurs sont là pour protéger ces lieux de repos, y faire la police lorsqu’ils sont ouverts, et veiller à ce qu’ils soient protégés en dehors des heures publiques. Ils sont là, également, pour réparer lorsque d’infâmes individus, veules au point de fuir le jour, s’attaquent ainsi lâchement à ces gisants impuissants.

Que dire alors lorsque ceux qui sont censés veiller à leur quiétude la troublent ? Lorsque ceux chargés d’assurer l’intégrité des lieux la profanent ? Lorsque les dépositaires, et responsables ; du respect dû aux défunts en font un vil commerce ? Imaginez un policier qui serait lui-même le voleur, un pompier pyromane. Ce sont des circonstances aggravantes.

Ceci explique le flot d’injures et d’invectives de cet article : ils sont pires que le vulgaire profanateur, puisqu’ils avaient aussi pour mission de lui barrer la route et, théoriquement, la responsabilité des défunts.

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Cages à cercueil (mortsafes) exposées à Logierait en Écosse. Elles étaient destinées à protéger les défunts des pilleurs de tombe. Sont-ce les morts qu'il faut mettre en prison ?

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans…

Le pire, dans cette histoire, c’est qu’ils ne risquent rien. Perdre leur emploi ? Et alors ? Ainsi déchus, ils toucheront d’abondantes aides sociales qui, accumulées avec le fruit de leur infâme trafic les laisseront à une opulente vie d’oisiveté. Parasites ils furent, parasites ils resteront.

Ils risquent une amende. Comment la paieront ils ? Ils seront insolvables. Ainsi, son règlement sera reporté jusqu’à la prescription.

Ils risquent également de la prison. Combien ? Un an. Si l’on retient les circonstances aggravantes, qui peuvent doubler la peine, deux maximum. C’est à dire juste en dessous du seuil fixé par la loi Dati, et largement en dessous du seuil de la future loi Taubira, accompagnée de consignes strictes : moins de deux ans ? Aucune violence sur un vivant ? Ils ne passeront pas une journée ne prison. Pas une.

Mais c’est sur l’ensemble des professions du funéraire, toutes confondues dans l’esprit du public, qu’ils jettent encore l’opprobre. Dans l’esprit du public, ce sont, encore une fois, tous ceux qui ont la mort pour métier qui seront soupçonnés, jaugés, regardé avec doute. Eux qui, encore une fois, seront regardés avec suspicions de devront se justifier. Tous les professionnels consciencieux et honnêtes. Il faut vous y faire : c’est pas demain la veille que l’on sortira du top 10 des métiers les moins respectés.

Fut un temps ou les détrousseurs de cadavres étaient pendus haut et court. Soulevés par la corde, ils agonisaient longuement, à moins qu’ils n’aient au préalable payé le bourreau. En échange de quelque monnaie, celui-ci leur tirait sur les pieds, brutalement, afin que leur nuque se brise, et que leur agonie soit courte et indolore. L’histoire ne dit pas s’il rendait ce service si on le payait de dents en or.

Mais ce n’est pas demain le veille que l’on verra s’extirper de son tombeau fraîchement pillé un cadavre qui tirera à l’aide d’un pistolet de gros calibre dans le dos des profanateurs de sépultures en train de s’enfuir. Dommage. La seule chose qu’ils risquent, c’est notre mépris. Veillons à ce qu’en la matière, ils en aient en abondance.

3 COMMENTAIRES

  1. C est facile de se baser sur les dires des journalistes quand on ne connaît véritablement pas la réalité!!! On parle de « vermine », « tête de réseau », « cerveau » mais ou vas t on????
    Je ne cautionne pas ce qui est fait mais fait peut être pas oublié que ses caveaux sont a l abandon, que personne n a tenu a poursuivre la concession et qu il ne s agit pas de profanation en tant que telles!!
    Si ils risquent quelque chose c est juste par le fait qu ils ont touchés a l état, a l argent qui aurai pu rentrer dans les caisses c est uniquement cela!!!!!
    Et quand a la petasse qui dénonce juste pour se venger de son ex alors qu elle est tout aussi fautive et qu elle est même pas interpellé, j ai même pas les mots!!!!!!
    Alors pour conclure je vais finir sur vos dires a vous en me raccrochant au fait qu ils ne risquent rien qu il n y aura aucune condamnation comme ça je pourrai prendre soin d une de ses vermines dans aucun mépris.. Le votre ne l empêchera pas de vivre!!

    • Marie
      Le risque est le suivant
      Des atteintes au respect dû aux morts.
      Article 225-17 Modifié par LOI n°2008-1350 du 19 décembre 2008 – art. 13
      Toute atteinte à l’intégrité du cadavre, par quelque moyen que ce soit, est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
      La violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, de tombeaux, de sépultures, d’urnes cinéraires ou de monuments édifiés à la mémoire des morts est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.
      La peine est portée à deux ans d’emprisonnement et à 30000 euros d’amende lorsque les infractions définies à l’alinéa précédent ont été accompagnées d’atteinte à l’intégrité du cadavre.
      Source: http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do?idArticle=LEGIARTI000019983162&idSectionTA=LEGISCTA000006165306&cidTexte=LEGITEXT000006070719&dateTexte=20130926
      Il va y avoir condamnation…
      Eric

    • J’ajouterai juste à ce qu’à dit l’Admin que je ne ma base pas sur les dires des journalistes pour écrire mes articles : je SUIS journaliste. Il y a un travail de recoupements, de recherches et de vérification derrière nos articles.

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