Réunion de la CPFM, l’association des Thanatopracteurs de France répond présent

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Nous vous rappelons que la CPFM a décidé de réunir des thanatopracteurs, qu’ils soient indépendants ou salariés, adhérents à la « Confédération des Professionnels du Funéraire et de la Marbrerie » ou non, afin de recueillir les avis et attentes des professionnels.

le Mardi 26 février 2013  de 14 h 30 à 16 h 30
à l’IBIS STYLES PARIS BERCY
77, Rue de Bercy – 75012 Paris

l’association des Thanatopracteurs de France répond présent!

L’ATF sera représenté à cette réunion par une délégation de cinq personnes et a envoyé aux organisateurs et à Funeraire-info.fr, ses positions concernant la profession. Le débat est ouvert, ne pas hésiter à poster vos doléances et vos avis dans les commentaires…

Réunion à la CPFM du 26 février 2013

Concernant les recommandations du HCSP, l’ATF après lecture fait part de ses remarques:

 

Concernant la possibilité de lever l’interdiction des soins de Thanatopraxie pour les personnes décédées d’une des pathologies infectieuses mentionnées dans l’arrêté du 20 juillet 1998 fixant la liste des maladies contagieuses portant interdiction de certaines opérations funéraires, parmi lesquelles figurent le VIH et les hépatites virales:

Les maladies contagieuses sont à distinguer du VIH et des hépatites virales qui sont des maladies infectieuses transmissibles. Cela signifie que la manipulation de ces corps, tant qu’elle n’est pas invasive, ne présente aucun danger. Il était donc inutile d’imposer une mise en bière avec fermeture immédiate pour ces défunts. Ils peuvent tout à fait être présentés après une toilette  où l’on omettrait simplement de ligaturer la bouche. Dans ce cas précis, l’utilisation d’une mentonnière peut être une solution acceptable.

 

Nous sommes en faveur de la levée de cette mesure car contrairement à l’avis du HCSP qui pointe du doigt l’insuffisance de la formation des Thanatopracteurs dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité puisqu’elle ne comporte que 10 à 20 heure sur le sujet, les Thanatopracteurs ont une formation suffisamment poussée en médecine, environ 90 heures en plus des 70 à 80 heures de théorie des soins de conservation, pour être à même d’appréhender correctement les risques et de prendre les mesures nécessaires pour s’en prémunir.

 

A contrario, la pratique des soins de thanatopraxie peut être potentiellement dangereuse puisqu’il y a un risque d’exposition au sang et aux liquides biologiques. Même si nous pratiquons déjà des soins sur ces défunts sans le savoir, puisque beaucoup de porteurs de ces virus l’ignorent eux-mêmes en l’absence de bilan sérologique, qui pourrait en revanche être préconisé sur chaque défunt si l’on a réellement le souci de la protection des Thanatopracteurs. Cela fait partie des risques du métier, dont nous sommes conscients, tout comme les risques chimiques. Aucun d’entre nous ne sous-estime la dangerosité du formol et ses conséquences sur la santé. Son utilisation devrait d’ailleurs être bientôt abandonnée, des fluides de conservation sans formol existent déjà et nous attendons qu’ils soient autorisés.

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Concernant la levée de l’interdiction de pratiquer des soins sur les porteurs du HIV et des hépatites B ou C lorsque cet état est connu, nous y sommes opposés. S’il est parfaitement logique qu’un chirurgien ou une infirmière pratique des actes médicaux invasifs sur un patient porteur d’une maladie infectieuse transmissible, puisqu’il s’agit là de soigner une personne vivante, s’agissant d’un défunt, le risque de contamination qu’encourt le Thanatopracteur est disproportionné par rapport au bénéfice que la famille peut en tirer. L’intérêt de la Thanatopraxie réside dans l’aide au travail de deuil pour les proches, il n’est pas là question de vie ou de mort qui justifierait qu’une personne saine se contamine.

 

Si cette interdiction est levée, conserverons-nous notre libre arbitre et aurons-nous la possibilité de décider en toute connaissance de cause de pratiquer ou non ces soins ?

Cela n’est pas sûr, pour plusieurs raisons. La première est que dans la réalité nous avons assez peu d’information sur les défunts dont nous nous occupons. Si le VIH et les hépatites ne sont plus indiqués sur le certificat de décès, nous n’en aurons plus connaissance. De plus, il est bien de ne pas méconnaître la réalité des risques psychologiques mais il serait bien de prendre également certains autres paramètres en compte.

 

Un Thanatopracteur peut-il vraiment se permettre de refuser de pratiquer un soin ?  Pour un employé, ça reviendra à un refus de travail qui pourra le conduire au licenciement et un indépendant prendra tout simplement le risque de perdre ses clients au profit d’un Thanatopracteur qui acceptera tous les soins.

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Concernant la recommandation du HCSP sur l’information claire des familles sur les soins proposés:

Les familles doivent être informées sur l’acte de Thanatopraxie. C’est le travail des assistant(e)s funéraires. Il faut bien réaliser que les familles qui poussent la porte d’une boutique de pompes funèbres sont en état de choc et n’ont pas encore commencé leur travail de deuil. Il est absolument inconscient de penser que l’on peut leur donner des détails techniques sur le soin de Thanatopraxie. Un professionnel qui a reçu une bonne formation, notamment en psychologie du deuil,  est capable de choisir les mots adéquats pour proposer ce service aux familles sans les traumatiser.

 

Concernant l’interdiction des soins de Thanatopraxie en dehors des locaux spécifiquement dédiés, avec une ventilation et une architecture des locaux adaptés à cette activité et une gestion des déchets:

Nous sommes naturellement pour l’amélioration des conditions de travail des Thanatopracteurs mais il faut nuancer ceci. Si le défunt est décédé à l’hôpital, il est possible de pratiquer le soin à la morgue avant le départ du corps ou encore au funérarium avant de le ramener au domicile s’il y a un transport. Par contre, il faut aménager une exception si le défunt décède à son domicile. Il arrive que nous soyons obligés d’intervenir en urgence pour diverses raisons, il faut tenir compte de la spécificité de notre travail et du fait que les funérariums ne sont pas répartis de la même manière sur tout le territoire. Les soins doivent par contre être interdits dans les services de soins, pour des raisons évidentes d’hygiène et de sécurité.

 

Concernant la formation continue des Thanatopracteurs à l’hygiène et la sécurité:

Ce type de formation n’a aucun intérêt pour les Thanatopracteurs qui maîtrisent ces sujets. Il ne serait par contre pas forcément inutile de faire des journées de mise à jour sur la législation, destinés aux chefs d’entreprises.

 

Concernant la vaccination des Thanatopracteurs et le contrôle de leur immunité:

La loi les oblige déjà à se faire vacciner et le problème du suivi de la santé des indépendants est le même que pour toutes les autres professions.

 

Le secrétaire  Eric Minière

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