Road Tripes de Sébastien Gendron

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sebastiengendron.-crédit-photo-Arnold-Gendron-300x150 Road Tripes de Sébastien Gendron
Sebastien Gendron. (crédit photo Arnold Gendron)

L’avis

Il est des auteurs qui décident d’écrire un polar sans respecter certaines règles édictées.

Par exemple ils vont partir dans un contexte délirant, où tout va filer à 200 à l’heure. Pour cela, l’auteur prend deux personnages antagonistes et les fait cohabiter pendant pas loin de trois cent pages.

C’est ce qu’a fait Sébastien Gendron dans Road Tripes.

Vincent vient de se faire plaquer par sa femme, musicien raté, père et époux tout aussi raté, à pas loin de quarante ans il est au bord de l’alcoolisme. Obligé de retourner vivre chez ses parents et surtout de retrouver un travail. Et le boulot qu’il va trouver, c’est distributeur de prospectus publicitaire. C’est là que son chemin va croiser celui de Carell. Ha Carell, c’est un beau spécimen de la race humaine, laid comme ce n’est pas possible, le crâne plein de flotte, et surtout sociopathe qui va se prendre d’amitié pour Vincent. Et surtout l’entrainer dans une épopée, un road movie déglingué, dans le sud de la France. Entre les vols de voitures, les braquages de DAB, les incendies de forets et toutes sortes d’agressions.

Voici un guide fabuleux pour foutre sa vie en l’air en 4 000 kilomètres !

Ce livre est une belle récréation, on flirte avec le roman noir, mais le roman à sauce humour noire, avec une belle pincée de cynisme. Sébastien Gendron s’est « lâché » dans ce livre, et on l’en félicite, car c’est un excellent moment de lecture.

 

roadtripes-205x300 Road Tripes de Sébastien GendronL’ extrait :

« Déclencher un incendie, je n’avais jamais fait. Agresser un motard, non plus. Provoquer un accident de voiture, encore moins. La course-poursuite avec la maréchaussée, en toute logique, était elle aussi une première. Je découvrais un monde, celui de la route, où tout devenait possible. On prenait le volant et tout pouvait commencer. J’étais en train de comprendre ce grand sentiment de liberté qui suintait des road movies américains. Carell et moi, on était Peter Fonda, Dennis Hopper, James Taylor, Warren Oates, Robert Blake, Barry Newman : les aigles du bitume, les seigneurs de la ligne discontinue, les princes du pot d’échappement. »

Le quatrième de couverture :

« Aujourd’hui encore, je ne sais pas pourquoi je suis monté dans cette voiture. Sans doute parce qu’un autre que moi en avait décidé ainsi. Je sais juste que la portière s’est ouverte, la portière s’est refermée. Entre les deux, j’ai eu le temps de m’asseoir et de boucler ma ceinture. »

Quand deux paumés décident de jouer aux cow-boys sur des routes où les pompes à essence ont remplacé les Indiens, cela donne une course folle et déjantée entre Bordeaux et Montélimar, soient 4000 kilomètres en dents de scie à manger des sardines à l’huile et des gâteaux secs, à foutre le feu aux forêts et à vider un fusil pour secouer le décor… Un polar délirant signé Sébastien Gendron, dans la lignée de Donald Westlake, Joe R. Lansdale et Christopher Moore.

 

L’auteur :

Né en 1970 à Talence, Sébastien Gendron a passé sa jeunesse dans le Bordelais. Après une licence d’études cinématographiques, il se retrouve tour à tour livreur de pizzas, manœuvre, télévendeur de listes de mariage… avant de devenir assistant réalisateur puis réalisateur. A 33 ans, il publie son premier roman, La jeune fille et le cachalot, suivi d’un recueil de nouvelles et de quatre autres romans dont le numéro 266 de la collection du Poulpe : Mort à Denise.

 

ROAD TRIPE de Sébastien GENDRON éditions Albin Michel

17 ISBN : 9782226248251

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