Le rôle du ministre expliqué à la sinistre, le cas Filippetti

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Normalement, la mort et l’art sont neutres : ils n’ont pas de coloration politique. Normalement. Lorsqu’une Ministre de la Culture fait l’amalgame, ni l’un ni l’autre ne peuvent rester dans leur réserve. (Mauvaise) humeur.

Note : on va encore nous dire que Funéraire Info est un journal de droite, puisque nous allons taper dans ce qui suit sur une ministre de gauche. Rien de plus faux : Funéraire Info est une publication absolument neutre, qui souligne les boulettes du gouvernement en exercice. Gouvernement qui est actuellement de gauche. A ceux qui nous ont fait remarquer que nous n’avons jamais tapé sur le gouvernement, de droite, précédent, nous tenons à rappeler que Funéraire Info était en phase de création, à ce moment là. Dont acte : nous n’avons tout simplement pas eu le temps de taper sur le gouvernement précédent.
De plus, ceci est un billet d’humeur qui engage notre rédacteur, et nullement la ligne éditoriale du journal. Si quelqu’un veut publier chez nous une opinion différente, nous l’accepterons avec joie. Ce qui nous confère une indéniable supériorité sur Madame Filippetti.

aurelie-filippetti-soutien-le-journaliste1-300x296 Le rôle du ministre expliqué à la sinistre, le cas FilippettiBref rappel des faits

Le jeudi 31 octobre, Gérard de Villiers décède à 83 ans. Aussitôt, les hommages s’accumulent. Il faut dire que l’homme a vendu 150 millions d’exemplaires de sa série de romans SAS. Considéré comme des romans de gare, ses livres lui vaudront la réputation d’« auteur le mieux renseigné du monde » puisque la légende veut que les diplomates français, dans les années 70, lisaient SAS pour savoir ce qui se passait dans le monde.

Le décès de l’auteur est d’ailleurs annoncé à la une du New York Times, et des principaux titres de la presse américaine. Gérard de Villiers, n’en déplaise à certains, était certainement l’auteur français contemporain le plus lu au monde.

Au milieu de l’effervescence, quelques voix se sont élevées, de plus en plus nombreuses : « Tiens, mais ou est donc le communiqué du Ministère de la Culture » ? L’attente se prolongea, emplie de questions, jusqu’à ce qu’Aurélie Filippetti, la Ministre concernée, donc, daigne se fendre d’un tweet : « Faire des choix, c’est donner du sens ».

Position claire : Gérard de Villiers n’aura pas droit à son communiqué du ministère de la culture, c’est intentionnel. Position politique d’Aurélie Filippetti, totalement en adéquation avec ses idées, qui se doit d’être récompensée comme il se doit : d’un côté, par une adulation éphémère de la minorité la plus sectaire de son électorat, et, de l’autre, par son limogeage brutal et humiliant par le Président de tous les Français. Explications.

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Le rôle du ministre expliqué à la sinistre

La démocratie fonctionne ainsi : le peuple élit un chef de l’état, et une majorité, en fonction de ses souhaits et de la politique que le candidat propose. Ainsi, François Hollande a été élu, et a obtenu la majorité à l’Assemblée Nationale, pour appliquer une politique socialiste. Toute la difficulté pour François Hollande, comme pour ses prédécesseurs, comme ce le sera pour ses successeurs, est d’appliquer sa politique sans sombrer dans le dogmatisme.

En d’autres termes, il était la candidat des socialistes, mais il est à présent Président de la France, et donc, des français. De tous les français, y compris ceux qui n’ont pas voté pour lui. Sa tâche, définie par le mot « égalité » dans la devise de notre république, est de considérer sur un pied d’égalité tous les français.

Bien entendu, François Hollande n’est pas responsable de l’attitude de Madame Filippetti. Mais il est gardien de nos institutions, et cette responsabilité qui lui est incombé à l’heure précise de son élection, il se doit de la faire peser sur les ministres de la République, qui sont directement sous ses ordres.

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Gerard de Villiers

Le cas Filippetti

Chaque ministre doit veiller, selon les compétences de son ministère de tutelle, à rendre hommage aux défunts qui ont servi la France, en contribuant, par exemple, à sa grandeur. Tel est le sens de l’hommage national. Cet hommage est gradué, bien entendu, en fonction de l’importance dudit personnage, du simple communiqué à la panthéonisation.

Avec 150 millions de livres vendus, dans le monde entier, et sa reconnaissance jusqu’aux Etats-Unis, dont le protectionnisme culturel n’est pas qu’une légende, Gérard de Villiers méritait un hommage. Un simple communiqué eût suffit. 150 millions d’exemplaires vendus font de Monsieur de Villiers, dont il faut reconnaître qu’il fut un écrivain littérairement médiocre, un contribuable exemplaire.

Mais Gérard de Villiers avait l’heur de déplaire à Madame Filipetti qui, en tant que socialiste, abhorrait son machisme, sa complaisance dans les barbouzeries, sa xénophobie sous-jacente, sa nostalgie colonialiste et j’en oubli, dont le moindre n’est certainement pas la forte propension de Gérard de Villiers à être de droite. C’est compréhensible, que madame Filippetti ne trouve aucune vertu à Monsieur de Villiers. Mais celui-ci était dans son droit : la « liberté » de notre devise.

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Liberté, Egalité, Fraternité VS Socialisme, Dogmatisme, Snobisme

Seulement, voilà : Madame Filippetti est Ministre de la République, en vertu d’une onction donnée par le peuple souverain, peuple souverain qui avait adoubé de Villiers en tant qu’auteur de romans de gare. On discutera littérature plus tard : écrire un livre, c’est très difficile, en écrire eux cent et convaincre à chaque fois le public est exceptionnel, et vaut une reconnaissance populaire.

La mort réconcilie, et c’est le rôle d’un ministre de rappeler que les morts, quelle que soient leurs idées, avaient en commun un amour de la France, qui nous unis parmi nos désaccords et constitue le fondement de la patrie. Nous avons la LIBERTE de choisir une façon d’aimer la France, l’EGALITE de traitement quelles que soient nos idées, et la FRATERNITE au moins au moment de la mort, quand la lutte s’achève et que l’on est salué comme un adversaire honorable au but louable.

C’était le travail de Madame Filippetti, Ministre de la République. Travail ingrat : il faut parfois savoir se mettre son opinion derrière l’oreille pour la fumer plus tard. C’est ce travail qu’elle a refusé de faire, violant ainsi le pacte républicain pour mettre son idéologie au delà de toute considération, sous-entendant clairement qu’elle ne serait la ministre que de ceux qui sont d’accord avec ses idées.

Lorsqu’un salarié refuse d’exécuter une part du contrat de travail qu’il a pourtant accepté, c’est un motif de licenciement. En tant que DRH de la France, et surtout, garant du pacte républicain, ciment de la nation, qu’il ne cesse pourtant de brandir à tout propos, François Hollande doit donc la limoger : Aurélie Filippetti a prouvé, en « faisant un choix » qui « donnait du sens » qu’elle n’était pas à la hauteur de sa tâche. La menace sur la pacte républicain, ce n’est pas d’avoir des idées contraires, mais de mettre ses idées au dessus de toute autre considération.

Au passage, l’on pourra également tancer ses parents : si Aurélie Filippetti méprise aussi ouvertement un mort, le deuil de sa famille et le respect dû à son public, c’est sans doute qu’elle a été très, très mal élevée.

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