Rome : les funérailles du chef de clan passent mal

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« Une faille dans le système » : devant le scandale suscité, c’est l’explication trouvée par l’administration et l’Eglise pour comprendre, une semaine après, comment un chef mafieux a pu bénéficier en plein jour de grandioses et très kitschs funérailles à Rome. Comme un ultime défi.

Considéré comme étant le chef d’un clan de la banlieue sud de la capitale italienne Vittorio Casamonica est mort à 65 ans, vaincu par un cancer. Fraudes, extorsions, trafic de drogue… Le nom des Casamonica est venu garnir bien des dossiers judiciaires. Mais le chef, plusieurs fois arrêté, n’a jamais été condamné. Son clan est cité dans un maxi-procès qui s’ouvre le 5 novembre, soupçonné d’avoir infiltré la mairie de Rome.

Alors des oreilles ont du siffler dans l’administration municipale à voir tourner en boucle sur les chaines de télévisions européennes les images de cet enterrement, intervenu jeudi dernier. « Vittorio Casamonica, roi de Rome », proclamait ainsi ouvertement une affiche placardée à l’entrée de la basilique Don Bosco, tandis que le cercueil arrivait dans un carrosse antique tiré par six chevaux en grand deuil, sur la musique du film « Le Parrain ».

Une autre banderole lançait modestement : « Tu as conquis Rome, maintenant tu vas conquérir le paradis ». Un hélicoptère larguait des pétales de roses. Le corps a ensuite été porté à l’intérieur sous les applaudissements de la foule. Après la cérémonie, le cercueil est reparti à bord d’une Rolls-Royce, sur la musique du film « 2001, Odyssée de l’espace ».

L’affaire embarrasse. « C’est un acte d’arrogance à l’égard des institutions et de l’Etat », s’est indigné un prêtre antimafia à l’antenne de Radio-Vatican, déplorant qu’on se serve de l’Eglise à d’autres fins, parlant même de « religiosité de façade », de « coup de force ». Rappelons que le pape a excommunié la Mafia l’an dernier.

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Le curé de la paroisse jure n’avoir rien su de ce qui allait arriver. Il assure aussi qu’il ne connaissait pas le passé du défunt. Sa hiérarchie se dédouane, expliquant que la cérémonie dans l’église a suivi le rite funéraire habituel. Le ministre de l’Intérieur italien et le maire de Rome réclament désormais des comptes au préfet. Le maire s’est offusqué que des funérailles « soient l’instrument des vivants pour envoyer des messages mafieux ».

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