Salon de Villepinte : Kalain, un parfum de deuil

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S’offrir l’odeur d’un être cher en flacon : c’est ce que propose la toute jeune société normande Kalain, qui vise notamment les familles endeuillées. Présent ces jours derniers au salon de Villepinte-Paris sur le stand de Funéplus, son créateur Florian Rabeau annonce un début de production en janvier.

Il aura donc fallu sept années de l’idée à l’entreprise, créé en octobre dernier. Sept années depuis que la mère du dirigeant, Katia Apalategui, a imaginé préserver une trace olfactive d’un défunt. Elle-même vient alors de perdre son père. Et les seules photos peinent à la réconforter.

Son désir est donc devenu réalité en avril dernier quand l’université du Havre leur a transmis les résultats de recherches : un parfum qui retranscrit fidèlement l’odeur d’un proche. « Nous avons tenu en avril une conférence de presse, bien relayée, qui nous a amené de nombreuses retombées jusqu’au Brésil, en Russie et en Chine », raconte Florian Rabeau. « Notre site internet a ouvert dans la foulée. Puis nous avons trouvé le laboratoire, que nous cherchions depuis deux ans. Et nous avons concrétisé des partenariats institutionnels : l’Agence de l’innovation en région Haute-Normandie ou l’Agglomération du Grand-Evreux par exemple. » Un partenariat de distribution a également été signé avec le réseau Funéplus.

A l’heure de débuter la production, Kalain compte, assure ses promoteurs, sur une centaine de précommandes. Certains viennent d’Espagne ou des Etats-Unis. A 560 euros TTC le coffret personnalisé (parfum, languettes…), leur réussite passera à la fois par des commandes internet et l’entremise de pompes funèbres.  « L’odeur est une vraie présence, argumente Florian Rabeau, c’est une charge émotionnelle puissante qui a le pouvoir d’évoquer les souvenirs les plus profonds. » Il suffit de leur transmettre sous enveloppe un vêtement. Le travail en laboratoire prend 15 jours.

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L’idée s’applique à recueillir la trace olfactive d’un défunt bien sûr. Mais selon lui, elle peut aussi se décliner plus largement en cadeau de Saint-Valentin. « On peut aussi imaginer une mère qui veut conserver avec elle l’odeur d’un enfant, ou  une famille celle d’un animal de compagnie qui vient de disparaître.» Commercialement, pourquoi pas. Avec cette interrogation, en matière de deuil : comment accepter la séparation d’avec un défunt si un lien aussi intime perdure ?

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