Le salon du funéraire, vision d’une débutante, 1/3

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Les bras chargés ? Quelques éléments de preuve

Dans quel état une conseiller funéraire (oui, je dis « une conseiller »), sans employeur encore mais fraîchement diplômée, sort-elle de la visite de son premier salon professionnel ? Moulue, rassasiée, rassurée ? Oui. Explications.

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Les bras chargés ? Quelques éléments de preuve

Moulue mais pas au point d’en être « mourue ». Voyons cela.

Les pieds : en compote. Les jambes : fatiguées d’avoir arpenté les allées en tous sens. Les bras : allongés sous la charge des sacs de documentation élégamment siglés du nom des exposants rencontrés. L’estomac : empli de petits fours et de breuvages avec et sans alcool. Bah, il fallait bien respecter le calendrier. Ainsi se sont imposés par exemple le Beaujolais nouveau du troisième jeudi de novembre ou le champagne pour célébrer le diplôme obtenu.

Pour ce qui concerne la tête, les oreilles ont entendu des propos très engageants sur l’activité funéraire, réalistes mais assez optimistes, bien amarrés à l’acquis mais aussi tournés vers l’avenir. Pour en finir, les yeux eux ont été très sollicités : charmés, séduits, étonnés, parfois stupéfiés ou même déconcertés par les réalisations présentes.

Moulue donc? Certes, mais surtout exaltée. Vraiment. D’accord, je suis d’un naturel enthousiaste, mais imaginez : au Salon, finis les clichés, les silences gênés ou les sarcasmes de mon entourage. Au retour de Paris, il serait bien temps de les retrouver. Dotée d’un naturel taquin également, je savais que je ne pourrais pourtant pas révéler à mes proches combien j’avais apprécié la délicatesse de certaines poignées et vis de cercueils ou trouvé intéressants les principes de récupération et de recyclage des métaux après crémation. Comment leur dire qu’il était instructif et même plaisant de participer à une reconstruction d’oreille sur un masque meurtri avec une sorte de chair synthétique et du maquillage

 En tout cas, la perspective, parmi d’autres, de ne croiser enfin que des gens qui considèrent que le funéraire est un domaine respectable, digne, voire admirable me ravissait. Eh bien je ne suis pas déçue.

Tout ce qui touche au funéraire était là ; tous ceux qui touchent au funéraire étaient là. Non je ne me répète pas, je savoure. Rétrospectivement. Rassasiée vous dis-je.

(à Suivre)

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