Le salon du funéraire, vision d’une débutante, 3/3

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Quelques cercueils en carton

Dans quel état une conseiller funéraire (oui, je dis « une conseiller »), sans employeur encore mais fraîchement diplômée, sort-elle de la visite de son premier salon professionnel ? Moulue, rassasiée, rassurée ? Oui. Explications.

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Quelques cercueils en carton

Tous ceux qui touchent au funéraire : souvent de bien aimables personnes.

S’il était passionnant de découvrir les « produits et services » (dixit la brochure de présentation), ça l’était également de pouvoir discuter avec untel ou untel pour connaître son état d’esprit ou sa vision du monde funéraire.

Souvent, le discours était conforme à ce que j’avais entendu lors de la formation ou vécu pendant mon stage en entreprise. Ainsi qu’ils soient indépendants, chefs d’entreprise, salariés, professionnels syndiqués ou représentants d’associations tournées vers les familles, ça faisait du bien d’entendre des interlocuteurs aux opinions bien tranchées, qu’on les partage ou pas.

Ailleurs, certains stands présentaient de véritables œuvres d’art, presque insolites : cercueils peints avec bustes sculptés et toiles coordonnées, bronzes monumentaux ou pas, figuratifs ou abstraits, etc… Parler avec les exposants ouvrait des perspectives insoupçonnées : pas de doute, l’art, la mort, l’innovation et la créativité notamment peuvent se rejoindre dans une audace non-conformiste pour peu que l’excentricité soit bien dosée.

J’ai parfois retrouvé des gens que je connaissais, formateurs parisiens ou patrons de pompes funèbres de ma région. Pouvoir saluer quelqu’un qui sait qui vous êtes, au milieu de cette foule, de cette grande famille dont vous êtes à peine une nouvelle pièce rapportée, c’est un petit plaisir personnel qui s’apprécie. Déjà, avec le badge qui vous donne accès à cette manifestation, vous êtes étiquetée « pro », alors ce genre de bonjour, c’est du bonus.

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Tout de même, je vais vous faire une confidence : je lis Résonance, Funéraire Magazine, je dévore Funéraire-Info. J’y trouve l’actualité, notre actualité, sous toutes ses formes, des histoires d’entreprises, des anecdotes et des photos. Justement les photos. Allez faire le lien entre ces récits, ces noms, ces images et les gens rencontrés. Ainsi, dans cette vraie vie au salon, j’ai serré la main de Monsieur X., plaisanté avec Madame Y., été chaleureusement accueillie par Z. Alors quand ensuite on me chahutait en m’apprenant qu’il s’agissait du président de ceci, de la responsable de cela ou du numéro deux de chez Chose, c’était… bizarre. Eh oui, ils existent réellement. J’en souris encore.

Les conversations avec tous les gens croisés m’ont permis de discerner aussi les nœuds et tensions qui peuvent exister dans la profession : les gros, les petits, les pratiques jugées déloyales entre concurrents, la tradition bousculée par les créatifs, que sais-je encore. Les sujets ne manquent sans doute pas.

Il n’empêche que ces trois jours m’ont galvanisée. Rassurée. Je suis ressortie plus certaine de mes choix. Ressortie avec une faim accrue, la faim d’être enfin active dans mon métier tout neuf. Certaines personnes rencontrées recevront ma candidature ou seront une recommandation lorsque je solliciterai un entretien. Pour l’instant, encore rien à l’horizon, mais diplôme en poche, j’ai confiance. Moulue, rassasiée, rassurée : nous avons fait le tour, n’est-ce pas ?

 Vous vous souvenez d’E.T, l’extra-terrestre ? Alors imaginez la scène : devant les halls 1 et 2 du parc expo du Bourget où se tient le Salon 2013, une conseiller funéraire désigne ces bâtiments de son index tout boudiné et articule « mai-son ».

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Interprétation : le Salon m’apparaissait comme une bulle que je quittais le soir pour la rejoindre avec entrain le lendemain matin. Une autre planète, en somme. Ma nouvelle planète, celle que mes proches, notamment, préfèreraient repousser loin dans la galaxie.

J’en fais peut-être un peu trop ? Je l’admets volontiers, mais je ne m’égare pas complètement : le bus pour rejoindre cette planète depuis la station RER n’était-il pas dénommé « navette » ?

Permettez-moi d’insister : « maison ».

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