Sécurité des maisons funéraires, police funèbre ?

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Une affaire reprise par beaucoup de grands médias met en lumière un problème auquel on n’aurait pas forcément pensé : la sécurité dans les funérariums… Mais que fait la police ?

securite-300x200 Sécurité des maisons funéraires, police funèbre ? L’affaire est la suivante : alors qu’elle reposait dans un salon funéraire, une défunte s’est faite dépouiller de tous ses bijoux par des cambrioleurs. Le corps est transféré dans un second funérarium… Qui se fait lui-même cambrioler la nuit suivante. La poisse, intégrale et absolue.

La poisse ? Quoique. Quelles mesures de sécurité sont elles prises dans les funérariums ?

La maison funéraire d’aujourd’hui

Dressons un portrait de la maison funéraire moyenne d’aujourd’hui : une porte d’entrée principale fermée la nuit, ou non, des salons munis de serrures classiques, fermés la nuit et parfois le jour… Ou jamais.

La maison funéraire remplit ses fonctions : elle est calme et accueillante, tout y est conçu pour rasséréner les familles et faire en sorte qu’elles puissent se recueillir auprès du défunt qu’elles chérissaient sans contrariété aucune.

Aussi, vous noterez que l’accent y est mis sur le décor, sur les indications également, quel défunt se trouve dans quel salon, et ou ce salon est-il situé, ou se trouvent les commodités, toilettes, machine à café. Certains fonctionnent avec des digicodes, d’autres avec des poignées munies classiquement d’une serrure dont les clefs sont alors confiées aux membres de la famille.

En revanche, nulle part trace de caméra, ni de système d’alarme. Pour quoi faire ?

Privés de vie et vie privée

Excluons d’entrée la mise sous protection des salons. Une fois que la famille a signé le bon de commande et la demande d’admission par lesquelles elle accepte de payer la facture de location du salon et en accepte le règlement intérieur, le salon devient automatiquement un espace privatif accessible à condition de service.

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En somme, un agent funéraire peut y accéder, mais uniquement avec une bonne raison (vérifier que les bougies sont bien éteintes le soir, que les soins de conservation tiennent dans certains cas) mais soit en dehors des heures de présence de la famille, soit après en avoir demandé l’autorisation.

Si la famille a envie d’apporter un guéridon et d’organiser une séance de spiritisme dans le salon, ne riez pas, ça m’est arrivé, rien ne justifie qu’on l’en empêche ou que l’on rentre dans le salon à ce moment là sans raison. Ce qu’elle a a dire à ses morts ne regarde qu’eux.

Hors de question, dès lors, d’installer une caméra dans le salon, ce serait une violation de la vie privée, dans un espace, justement, privatif.

Dans le hall d’entrée, cela peut s’admettre. A condition d’en informer les usagers. Et la première chose qu’apprend un cambrioleur malin, c’est à éviter les caméras.

poignee-de-porte-a-verrou-biometrique-300x300 Sécurité des maisons funéraires, police funèbre ? La confiance règne

Le problème, c’est que, jusqu’à présent, personne n’avait considéré les funérariums comme des cibles de malandrins. Présupposant un certain respect des morts et une prise de risque pour un butin souvent relativement modeste, rares sont les professionnels à avoir pris leurs précautions quand à l’accessibilité des chambres funéraires.

Ce type d’incident sera donc amené à se reproduire, puisque d’une part le respect ne veut plus rien dire à notre époque, que la prise de risque est nulle, comme la protection, qu’il n’y a pas de petits profits, et que la médiatisation de cette affaire va donner des idées.

Cible des cambrioleurs gagne-petits, les funérariums ? Pas tant que cela, si l’on considère le nombre de bijoux dont sont parés certains défunts. Il suffit de lire le journal, parfois, pour se rendre compte du milieu socio-professionnel du disparu, et supposer qu’il est paré de quelques richesses. Au pire, qu’est-ce qu’on risque ? Pas d’alarmes, pas de caméras.

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D’autres cas de figurent existent. Les vols internes (le défunt a une jolie montre, un membre d’une autre famille s’en aperçoit, et vient la dérober avec un passe, qui accuser?) voire même certaines familles qui peuvent succomber à la tentation de percevoir un petit acompte sur l’héritage…

Qui garde les gardes ?

Alors, que faire ? Généraliser les serrures électroniques à code, dans un premier temps, qui permettent de générer des codes aléatoires et de savoir lequel a servi pour entrer dans les salons. Installer des alarmes anti-effraction, voire des caméras dans les halls. Demander à Monsieur le Préfet de bien vouloir installer une caméra de surveillance dans la rue, devant l’entrée du funérarium. Ou plutôt plusieurs, devant les entrées… Responsabiliser les familles sur les accès qu’elles laissent parfois ouverts.

Bref, revenir au réel. Peu importe les causes profondes ou l’identité des coupables, les faits sont là : aujourd’hui, le respect des défunts n’est plus une garantie du respect des funérariums. L’époque est dure, les choses ne vont pas s’arranger, et il est de notre devoir de professionnel de garantir aux familles la sécurité des biens et des personnes, vivantes ou mortes, dans les funérariums.

Il sera bien temps plus tard de faire notre deuil d’une époque ou la morale avait encore cours.

 

2 COMMENTAIRES

  1. Pour ma part, l’entreprise dans laquelle je travail n’a pas eu de problème de vol au funé, mais nous avons pris les devants, les familles sont informés qu’aucun bijou ne peut être laissé sur le défunt lors de son séjour en salon funéraire, mais qu’il est possible de remettre au défunt ses bijoux lors de la mise en bière. Les familles sont très compréhensives et aucun problème n’a eu lieu à ce jour.

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