Stephen King, Mr Mercedes, la déception de l’année

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Un nouveau livre de Stephen King est un événement à chaque fois, tant l’auteur, à différentes phases de sa vie, a su réjouir ou décevoir, mais toujours avec panache. Mr Mercedes est il un nouveau roi du King ? Euh…
Présentation de Stephen King

Attendez, vous plaisantez ? Présenter Stephen King ? Disons juste que depuis Carrie en 1974, cet écrivain américain n’a jamais quitté les listes de Best seller, inondant le marché de livres dont beaucoup sont devenus des classiques instantanés de la littérature dite « de genre » jusqu’à ce qu’on se rende compte, au fur et à mesure du temps, que Stephen King n’était pas juste un grand écrivain d’horreur, mais un grand écrivain tout court.

Mr Mercedes, quatrième de couverture

« Je crois qu il y a plein de gens qui rêvent de faire ce que j ai fait…
La seule différence, c est que moi, je l ai vraiment fait ! »

Midwest 2009. Un salon de l’emploi. Dans l’aube glacée, des centaines de chômeurs en quête d un job font la queue. Soudain, une Mercedes rugissante fonce sur la foule, laissant dans son sillage huit morts et quinze blessés. Le chauffard, lui, s est évanoui dans la brume avec sa voiture, sans laisser de traces.
Un an plus tard. Bill Hodges, un flic à la retraite, reste obsédé par le massacre. Une lettre du tueur à la Mercedes va le sortir de la dépression et de l’ennui qui le guettent, le précipitant dans un redoutable jeu du chat et de la souris.

Alors, c’est bien ?

Le grand talent de Stephen King est de créer des personnages auxquels on s’attache, ou du moins pour lesquels on se passionne. Quiconque à lu les 1200 pages de ça sait de quoi je parle : les premières centaines sont consacrées uniquement à la présentation des héros, dans des portraits fouillés.

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On attendait donc avec impatience le nouveau King, plongée à la fois dans l’esprit d’un serial killer et du flic à la retraite qui s’est mis en tête de le coincer. Autant le dire tout de suite : la déception est à la hauteur de l’attente.

Non pas que ce soit un mauvais livre, simplement, il manque la petite étincelle. Celle qui est difficile à décrire, celle qui fait la différence entre Stephen King et l’écrivain de thriller lambda. Un peu comme si King allait chasser sur les terres d’un autre en laissant à la maison son meilleur fusil.

En un mot, les malheurs de son héros, on s’en fiche un peu, et, si il venait à ne pas s’en sortir, on s’en ficherait un peu. Pour preuve, cette scène ou un personnage majeur perd la vie de façon tragique : chez le lecteur, aucune réaction, pas plus, d’ailleurs, que chez les personnages du livre. King traite l’évènement très rapidement, comme si, deux pages plus loin, ils avaient déjà fait leur deuil.

Le méchant ? Il est méchant. Il a eu une enfance malheureuse, il n’aime pas les gens, il est très intelligent et souffre de migraines. Donc, il aime tuer les gens. Admettons.

Le souci, c’est que jamais, pas une seule seconde, le méchant n’effraie le lecteur, pas plus qu’une seconde, on ne tremble pour le héros, qui semble n’être jamais véritablement en danger.

Et donc…

Donc ce n’est pas un mauvais livre : l’intrigue est bien troussée, le suspense présent par moment… Le livre est dans la bonne moyenne des thrillers qui sortent par wagons entiers sur le marché. Son seul défaut, c’est qu’il y a marqué « Stephen King » sur la couverture, et qui en fait un livre dont on attendait plus, beaucoup, beaucoup plus.

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Guillaume Bailly

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