Suicide d’un adolescent : un fléau d’une grande complexité

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suicide d'un adolescent

Chaque année, en France, plus de 10 400 personnes se suicident. Près de 600 d’entre elles sont âgées de moins de 25 ans ; et environ 1 000 ont entre 25 et 34 ans. 80 000 tentatives de suicide d’adolescents sont comptées. Le suicide d’un adolescent est d’une complexité sans nom.

Les données statistiques du suicide d’un adolescent

Parmi les principaux facteurs de risque, on peut y voir les indicateurs suivants : déscolarisation précoce, faible qualification professionnelle, absence d’emploi stable, chômage connu/vécu par des membres de la famille, maladie… mais également la consommation d’alcool, la dépression, le fait d’avoir subi récemment une agression, d’avoir subi des abus ou des violences durant l’enfance, et d’avoir une faible estime de soi, notamment par le nouveau fléau de ce siècle : les réseaux sociaux.
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Avec 15% du total des décès, le suicide représente la deuxième cause de mortalité chez les moins de 20 ans, loin derrière les accidents de la route. Les filles sont plus nombreuses que les garçons à tenter de se suicider, mais ces derniers arrivent plus souvent à leurs fins. Le suicide d’un adolescent ravage les questionnements existentiels et chacun voudrait comprendre ce qui peut pousser un être en construction à se donner la mort.

Malgré les quelques notes explicitées plus haut, ces suicides sont toujours très complexes à démêler, les causes de ces morts tragiquement volontaires sont complexes, et les morts singulières

L’adolescence, un passage compliqué

L’adolescence est un passage qui peut être très complexe dans la vie d’un individu, selon son histoire, sa famille, ses relations amicales, amoureuses, et son environnement scolaire. L’adolescent suicidaire à bien souvent une très faible estime de lui-même. Mais un adolescent peut avoir des comportements bien à lui, colère contre les autres, ou contre soi. C’est aussi le moment où l’on se révolte parce que l’on comprend que nos parents peuvent aussi avoir tort. Il faut faire le deuil de l’enfance, et la société pousse les jeunes à dessiner de plus en plus vite leur avenir.
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Les difficultés familiales arrivent en tête des causes à l’origine d’idées suicidaires ou du passage à l’acte : disputes, conflits, divorce, manque d’amour ou d’estime des parents, rupture de lien avec l’un des parents.

Autre point clé , les difficultés dans la vie sentimentale : un premier amour déçu, un complexe d’infériorité, une humiliation, une expérience râtée, un isolement affectif, etc.

Une tentative de suicide d’un adolescent, n’est pas une crise d’adolescence

Une tentative de suicide ne doit jamais être banalisée, ni provoquée « tu n’es pas capable de toute façon ». Outre les séquelles physiques et médicales, le risque est également élevé de récidives et de souffrance psychologique à long terme. Dans près de 30 % des tentatives de suicide, il existe une pathologie sous-jacente comme la dépression ou d’autres troubles mentaux comme celui de la personnalité.

Suicide d’un adolescent : les signaux d’alerte

teens Suicide d'un adolescent : un fléau d'une grande complexitéDans le cas des suicides, et notamment du suicide chez l’adolescent, les signaux ne sont pas toujours perceptibles, ce qui peut conduire à de nombreuses formes de culpabilité de la part des proches. Néanmoins, parfois quelques signaux précurseurs permettent d’anticiper le passage à l’acte :

  1. les contextes de deuil, de perte douloureuse, de rupture sentimentale,
  2. les propos ou écrits avec des allusions directes (« Je vais me foutre en l’air ») ou indirectes (« Je ne vous embêterai plus… Vous allez avoir la paix »…) au suicide,
  3. Isolement, repli, appauvrissement affectif,
  4. les comportements « trop calmes », effacés,
  5. les répétitions des plaintes physiques (maux de ventre, maux de tête…),
  6. désinvestissement scolaire, baisse du niveau des résultats, voire absentéisme scolaire,
  7. fugues,
  8. des attitudes d’opposition systématique, de provocation,
  9. des conduites agressives avec menaces, actes délictueux gratuits,
  10. une escalade dans les prises de risques,
  11. des consommations répétées de toxiques, alcool, drogue.

Les réseaux sociaux : ce qui pousse au suicide

On ne compte plus ces dernières années le nombre de suicide d’adolescents liés à un harcèlement sur les réseaux sociaux considérés si tristement comme « faits divers ». Pourtant le mal est bien là. En France, 6% des jeunes gens seraient cyber-harcelés, et il s’agit probablement d’un chiffre qu’il faut voir à la hausse tant il est difficile de le chiffrer avec précision. Insultes sur le physique arrivent en tête de ce triste classement, humiliation suite à un échec amoureux, et sur l’orientation sexuelle sont à dénombrer parmi les attaques des cyber-harceleurs. Les parents réclament plus de contrôle, mais pour l’instant rien n’est réellement suivi d’effets.

Ces parents qui ont dû faire face au suicide de leur adolescent

 » Mon fils était très empathique. Il était capable d’intégrer tous les problèmes des autres. En revanche, il ne s’épanchait jamais sur les siens. Il avait des discussions avec les adultes et se posait plein de questions sur tout notamment sur sa sexualité, et sur ses attirances homosexuelles. On parlait pourtant de tout, il n’y avait rien de tabou chez nous. Il était proche de nous, et entouré.

Avant son suicide, il avait deux tentatives, mais nous n’étions au courant que de la première. On a découvert des traces sur son cou, on ne l’a pas fait hospitalisé, mais nous l’avons fait suivre par un psychologue. Il y a deux ans, il s’est pendu, il allait avoir 17 ans et c’est sa petite sœur qui l’a découvert. La grande sœur ne souhaite pour l’instant pas consulter, la petite est suivie par un psychologue, ma femme aussi et moi je participe à des groupes de paroles pour des parents « comme nous ». On pense à ce qu’on aurait pu faire ou non. D’autres parents ont fait hospitaliser leurs enfants après une tentative mais ça n’a rien changé. C’est le genre de chose où l’on se dit que ça n’arrive qu’aux autres, alors que ça peut arriver à chaque parent.

Le psychologue qui le suivait disait sans cesse qu’il fallait que ça soit à lui de prendre les rendez-vous et pas à nous, pourtant j’avais dit qu’il avait déjà fait une tentative, résultat, trois séances plus tard il se pendait. Au lycée une cellule psychologique a été ouverte mais seuls les professeurs y sont allés, les jeunes ont préféré rester entre eux, y compris ma fille. La petite a vu ses notes dégringoler mais rien dans son dossier scolaire ne comportait la notion de ce qui s’était passé. Le suicide est tellement tabou, surtout dans les lycées, pourtant il faudrait en parler. »

Suicide écoute

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