Le suicide sur les réseaux sociaux : si je meurs tu m’accompagnes ?

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suicide sur les réseaux sociaux

Vous allez dire « elle parle souvent de suicide celle-là », comme ici, ou encore ici, et vous n’auriez pas tort. Le suicide est un véritable fléau. Il y a quelques jours j’ai assisté à ce qu’on appelle, un « appel au secours » via les réseaux sociaux. Voilà pourquoi je viens vous parler aujourd’hui du suicide sur les réseaux sociaux, le mal du XXIème s.

Le suicide reste une responsabilité collective

Le 10 septembre était la journée mondiale de prévention contre le suicide. Il y a plus de 10 000 suicides par an en France, et il y a 200 000 tentatives de suicide. Le suicide reste la première cause de décès chez les adolescents, mais touche en priorité les personnes âgées. Si Durkheim était encore parmi nous, il aurait sans nul doute pu étoffer sa théorie sur la responsabilité sociétale concernant le suicide notamment par le biais des réseaux sociaux. En effet, Facebook, Twitter etc, sont non seulement devenus une cause de plus dans le passage à l’acte mais sont aussi un des moyens utilisés pour véhiculer ce dit passage à l’acte.

Le suicide sur les réseaux sociaux : une caisse de résonance

Les réseaux sociaux sont une véritable caisse de résonance au suicide. Paradoxalement, même si le suicide est un acte isolé et individuel voire intime, le véhiculer parfois en direct sur les réseaux sociaux permet de lui donner de l’ampleur. Pourquoi ? puisque quelque part, ça n’a plus vraiment d’importance. Tout se fait par les réseaux sociaux aujourd’hui, on se rencontre, s’aime, divorce, se fait embaucher ou licencier sur et part les réseaux sociaux. Les naissances s’affichent sur Facebook, et les décès tout autant, le suicide entre dans cette dynamique.

Le suicide sur les réseaux sociaux au milieu du chaos des émotions du web

Internet et ensuite les réseaux sociaux ont représenté un progrès dans bien des domaines et pourtant… Si l’on a appris à les utiliser à notre avantage, nous avons également appris à faire mal grâce à eux, divorce, ou encore revenge porn, etc. Tout ce qu’il y a de plus beau est véhiculé sur les réseaux sociaux, mais tout ce qu’il y a de plus sordide l’est également. Le suicide vient logiquement prendre sa place au milieu du chaos.

Se suicider sur les réseaux sociaux et en direct, permet à nouveau de pointer du doigt. C’est une manière d’accuser la masse des internautes passives à n’être que spectateurs d’une vie avortée. Parfois il s’agit d’un appel au secours, mais lorsque personne ne décroche, alors les réseaux sociaux sont une manière d’être accompagné dans la mort.

Pour ceux qui restent

Suicide ou tentative de suicide, c’est assez traumatisant pour ceux qui restent, car avec l’apparition de ces suicides 2.0, ceux qui restent, sont aussi… ceux qui regardent. J’ai été « spectatrice » d’une tentative de suicide. Depuis le matin, je suivais dans mon fil d’actualité les posts de quelqu’un qui déclarait ne « plus avoir le goût de vivre » suite à une rupture amoureuse. Des ruptures j’en ai vu un tout un paquet sur Facebook, des renouveaux aussi, des naissances, des rebondissements.  J’ai même vu des gens qui dépressifs, mais là c’était différent. Jusque dans l’après-midi où il a fait ses adieux à ses proches, là, c’était clairement un appel au secours.

J’ai vu le message dans les premières minutes postées, mais entre l’appel au secours et le passage à l’acte il peut se passer des heures, comme moins de 5 minutes. C’est une connaissance professionnelle, donc je n’ai pas son adresse et je ne connais pas ses proches, je poste un commentaire pour dire qu’il faut que « quelqu’un intervienne ». Des proches sont intervenus, il est en vie… de justesse. En postant ce commentaire, je me suis sentie ridiculement impuissante, et en même temps j’ai ressenti la détresse de cette personne. J’ai été à la fois en colère de ce spectacle et à la fois en colère contre moi-même et de l’inutilité de ce que je pouvais faire pour lui.

Avec le suicide s’accompagne toujours la culpabilité de ceux qui restent, même si c’est l’égo qui parle. Comme si l’on avait le pouvoir de vie ou de mort sur quelqu’un. Pourtant nous avons tous une responsabilité à un autre niveau : prévenir et non rattraper. Lutter contre le harcèlement, l’exclusion, la solitude. Prendre soin de soi, et soin des autres.

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