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Événement fortuit, sans motif apparent et sans lendemain, qui affecte une personne ou un groupe de personnes, en interrompant le déroulement normal, probable et attendu des choses

Le corps n’est pas visible, trouver les mots et des alternatives

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le corps n'est pas visible - Kingdom of heaven
Kingdom of heaven - Le Roi sur son lit de mort

Il arrive dans certains décès brutaux, que le corps ait subi des traumatismes tels qu’on ne saurait infliger à la famille de le voir. Le corps n’est pas visible, oui, mais comment le dire ?

Loin des défunts de la télévision, la mort est parfois très moche !

Accident de la route, suicide par balle en pleine tête, ce genre de décès laisse des traces, et le corps en devient méconnaissable, ou son état en donne une vision insupportable.

D’un point de vue psychologique, il s’agirait d’un choc pour la famille de voir ce corps dans cet état. Pour la famille, ce n’est d’ailleurs pas un corps, mais leur père, mère, frère ou sœur… Faire le deuil sans voir le défunt est souvent une difficulté, en plus de la brutalité du décès.

Si l’image que le « public » a de la mort est très édulcorée (films, séries), nous savons, en tant que professionnels à quoi peuvent ressembler ces défunts. Généralement, ce sont des expériences que nous-mêmes, n’oublions pas, bien qu’elles ne provoquent pas de traumatisme à proprement parler.

Nous savons aussi que nous n’aimerions pas voir un proche dans un tel état, une des raisons pour laquelle nous conseillons souvent les soins de conservation. Les soins de reconstructions sont parfois envisageables, mais représentent un coût qui n’est pas toujours possible à payer pour la famille.

Le corps n’est pas visible : quels mots ?

Avant toute chose, demandez-vous, si la famille insiste, si une solution est envisageable. Par exemple, présenter le défunt sous un voilage plus ou moins transparent. Une alternative qui permettrait de voir sans trop en voir. Faire dépasser la main du défunt du drap est aussi une possibilité si celle-ci est visible. Cette solution doit cependant être proposée à la famille, n’envisagez pas l’initiative sans lui en avoir parlé au préalable.

Souvent, le fait de voir le corps découle d’une inquiétude psychologique qui peut s’ancrer sur du long terme : est-ce vraiment lui ? Cette inquiétude cernée par vos talents de professionnels aguerris, vous devez rassurez : les enquêteurs ont trouvé ses papiers, vous pouvez proposer de vérifier une caractéristique physique.

bougie-personnalisée-3-300x200 Le corps n’est pas visible, trouver les mots et des alternatives
Bougie au portrait du défunt – France Funéraire

Si l’alternative du voilage n’est pas possible, c’est là qu’il faudra trouver les mots. Ils vous appartiennent et sont à adapter en fonction de la famille. Mais le tact est de mise, bien entendu. N’entrez pas dans les détails macabres, tout en faisant comprendre que le corps n’est pas visible car il a subi un traumatisme tel, que sa vision serait un choc pour la famille. Amenez la à penser à quelle dernière image elle souhaite avoir du défunt. Et une fois de plus, proposez une alternative : la photo du défunt près du cercueil dans la chambre funéraire (ou au domicile) et durant la cérémonie.

Ces alternatives ont leur importance car elles montrent que vous faites un pas vers la famille pour lui proposer une solution acceptable, et que vous ne lui opposez pas un « non » catégorique, mais une manière de la préserver.

Notez que légalement, rien ne nous autorise à interdire à la famille de voir le corps du défunt, et que si tel est vraiment son souhait, alors après avoir tenté de l’en dissuader, vous devrez céder. Une dernière précaution s’impose, bassement « intéressée », mais on ne sait jamais : faites signer une décharge vous dégageant de toute poursuite ultérieure. Cette dernière d’ailleurs, fera peut-être changer la famille d’avis.

Autriche : croque-morts et corbillard perdent un cercueil dans la rue

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le corbillard a perdu le cercueil

Vous connaissez Vienne ? Une belle ville, vraiment. Les architectes y sèment des merveilles de pierre, les compositeurs y sèment des symphonies inoubliables, les penseurs y sèment des idées et les corbillards y sèment des cercueils. Bon, un ne fait pas la règle, mais tout de même, la mésaventure d’un croque-morts autrichien laisse pensif.

Une viennoiserie ?

Vous avez noté cette propension qu’a le destin à toujours vouloir vous contrarier ? Si non, vous êtes chanceux. Il y a quelques temps, j’avais écrit un article sur le fait que les corbillards ne pouvaient pas perdre le cercueil en route. La semaine suivante, un corbillard avait perdu un cercueil. Vexé, j’avais écrit que c’était un cas unique. Et devinez quoi ?

Vous connaissez Vienne ? La riante capitale de l’Autriche compte parmi les plus belles villes du monde. La vie y est réputée paisible, la deuxième ville germanophone au monde donne pourtant l’aspect d’une paisible bourgade où s’écoule paisiblement le beau Danube bleu.  l’OSCE, l’OPEP et diverses agences des Nations unies, comme l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime ou l’ONUDI y ont leur siège, principalement du fait de la neutralité Autrichienne.

Les architectes y sèment des merveilles de pierre, les compositeurs y sèment des symphonies inoubliables, les penseurs y sèment des idées et les corbillards y sèment des cercueils.

Un moment de solitude

Alors qu’un corbillard roulait dans les rues de Vienne, défunt dans son cercueil et cercueil dans le catafalque, l’équipe de porteurs, on l’imagine, paisiblement en train de grignoter des croissants tandis que l’autoradio diffusait du Strauss (cliché ? Il n’y a pas de clichés à Funéraire Info, voyons), voilà qu’un bruit violent suivi d’un craquement sinistre retentit.

Aussitôt, les porteurs regardèrent derrière eux pour voir de quoi il s’en retournait, et crièrent au chauffeur de s’arrêter. Tous descendirent derechef, balayant du revers de la main les miettes de croissant sur leur veste.

Un spectacle sinistre s’offrit à leur vue : la porte du catafalque béait et le cercueil gisait, fendu, sur la chaussée.

Après avoir palabré, les croque-morts firent ce qu’ils devaient faire. Le défunt fut sorti de son cercueil en bois brisé, en plein jour, au milieu de la rue, pour être placé dans un cercueil en acier, certes laid et plus adapté au transport qu’aux obsèques, pour être ramené au dépôt. Là, il fut placé dans un cercueil flambant neuf, dont on ignore s’il a été offert par l’assurance ou la société confuse.

corbillard-cercueil-2 Autriche : croque-morts et corbillard perdent un cercueil dans la rueTout est bien qui finit bien

La famille du défunt a été avertie de la situation par le groupe funéraire, qui a par ailleurs déclaré réaliser 30 000 transports par ans sans que jamais un incident de ce genre ne se soit produit.

Le problème viendrait du système de fermeture électrique de la porte du corbillard, qui est actuellement en inspection auprès des contrôleurs techniques de son fabriquant. Certains verront là juste un coup de malchance, d’autres une incitation à revenir au bon vieux temps du bon vieux verrou mécanique.

Il ne manque qu’un seul point de vue : désormais inhumé, le défunt est resté de marbre face aux questions de la presse.

Et en France ?

Renseignements pris, il semble que les corbillards autrichiens ne soient pas soumis à la même obligation qu’en France, à savoir d’être équipés d’un dispositif de blocage mécanique du cercueil.

Rappelons les règles en vigueur : le cercueil, une fois calé dans le catafalque, doit être fixé par un dispositif mécanique verrouillable. Ainsi, même si la porte du fourgon s’ouvre, ce qui est rare, convenons-en, la bière ne doit pas bouger de sa place.

C’est au chauffeur du corbillard de s’assurer, techniquement, de la mise en place de la sécurité. Néanmoins, le Maître de Cérémonie, ou tout autre chef d’équipe, peut être désigné comme responsable si un incident survenait. Il convient donc de s’assurer, même si on a toute confiance en son équipe, de sa mise en place correcte.

L’absence ou le non-fonctionnement du dispositif de verrouillage du cercueil lors d’un contrôle technique peut être un motif de retrait de l’habilitation funéraire du véhicule.

Séjour d’un corps dans l’eau, noyade et décomposition : ça touche le fond

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paul delaroche noyade Ophelie la jeune martyre 1853

L’été, c’est la saison des… La saison des… Celui qui a répondu « vacances » est prié de se dénoncer, on est dans un journal funéraire, ici. Donc, l’été, c’est la saison de la noyade et décomposition. Et les croque-morts vous le diront : récupérer un noyé, c’est pas agréable, et c’est parfois bizarre. On vous dit tout.

Noyade et décomposition : une mort spécifique

En réalité, plus que de noyade et décomposition, c’est de mort dans l’eau dont il sera question ici : intervention sur un corps récupéré après un séjour en milieu aquatique. Parce que la noyade n’est qu’un des causes de décès dans l’eau. Il y en a trois naturelles : la noyade, proprement dite, l’hydrocution, et la mort subite dans l’eau. On arrive même à se noyer sans eau, avec la noyade sèche c’est dire !

La noyade, on connaît : le corps est immergé dans l’eau. Il y a différentes écoles en la matière. L’école Archimède, « Tout corps plongé dans un liquide subit, de la part de celui-ci, une poussée exercée du bas vers le haut égale au poids du volume de liquide déplacé ». L’école Desproges, « Lorsqu’on plonge son corps dans la baignoire, le téléphone sonne » et, celle qui nous intéresse, l’école naturaliste « Au bout d’un certain délai d’immersion dans l’eau, l’envie de respirer se fait irrésistible. »

L’hydrocution est un choc thermique entre le corps humain et l’environnement aquatique. En somme, plus la différence de température entre le corps et l’eau est importante, plus les risques d’hydrocution sont élevés. Le choc provoque un arrêt cardio-ventilatoire, qui peut suffire à provoquer la mort, ou bien affaiblir suffisamment la victime pour qu’elle subisse une noyade.

A ce propos, l’idée selon laquelle il ne faut pas se baigner après avoir mangé est fausse, digestion et hydrocution n’étant pas liés, du moins, si vous allez juste faire trempette. En revanche, tout effort physique, même au sec, juste après avoir mangé, est une très mauvaise idée, de l’avis général.

Enfin, il y a la mort subite en milieu aquatique, surnommée par les initiés « pas de pot ». Le sujet vérifie soigneusement la température de l’eau pour éviter l’hydrocution, vérifie qu’il a pied partout pour éviter la noyade, il se mouille précautionneusement, entre dans l’eau, et est terrassé par un infarctus massif ou par une rupture d’anévrisme. Pas de pot.

La flottaison, un fleuve non tranquille

Oubliez l’intertitre. Le parcours aquatique d’un corps est tout, sauf un long fleuve tranquille.

L’eau est un milieu généralement mouvant. Phénomènes de marées et de courants en mer, déplacement dans un milieu fluvial ou une rivière, incidents de parcours, corps bloqué par une branche, déchiqueté par des hélices de bateau, dévoré par la faune, milieu salin ou non, saison avec des changements de température, le parcours est différent et le résultat à l’arrivée aussi.

La faune aquatique diffère beaucoup entre milieux maritimes, fluviaux et lacustres, mais, hormis quelques rares exceptions, crocodiles, requins… Le corps d’un mort en milieu aqueux sera surtout la proie des petits animaux, qui ont une prédilection pour les parties molles. Globes oculaires et organes génitaux masculins font leur régal et sont les premiers à partir. Pour le reste, c’est plus rare, les charognards ne sont pas virulents en milieu marin.

Il est fascinant de constater que le corps d’un homme et celui d’une femme n’auront pas la même position durant ce trajet, du fait de morphologies différentes.

L’homme flottera vers le bas, le corps presque plié en deux. On pourra voir sur un noyé masculin des traces de frottement au fond sur le front et les jambes, des genoux aux pieds. La femme flottera courbée, sur le dos, et on verra le frottement du fond sur les talons, les fesses et l’arrière du crâne.

Ballastage, déballastage

Pour le reste, la noyade et décomposition dans l’eau obéit à certains principes. On constatera, exactement comme pour tout processus de décomposition humaine, l’apparition de la tache verte abdominale, qui s’étendra ensuite à l’ensemble du corps.

Une intense activité bactérienne intestinale va, dans le même temps, produire une quantité importante de gaz (méthane, hydrogène, dioxyde de carbone, sulfure d’hydrogène, pour votre culture générale, même si c’est compliqué de la placer dans une conversation) qui va distendre l’abdomen, de manière parfois impressionnante.

Cette dilatation gazeuse est responsable de la remontée du corps à la surface ainsi que de l’apparition plus marquée du système veineux, appelée « circulation posthume ». Une odeur pestilentielle se dégage alors du cadavre, typique de la chair en décomposition.

L’éclatement de la peau, due à sa fragilisation, va permettre aux gaz de s’échapper, et entraîner à nouveau le corps vers le fond. Beaucoup d’entre eux sont définitivement perdus à partir de ce moment là, à moins d’être récupérés par des filets de pêche ou d’être échoués sur le rivage par des courants de fond.

L’ordre de décomposition dépend de la quantité de matière à décomposer : dans l’ordre, les articulations, poignets et chevilles, les pieds, les mains, puis les mandibules et le crâne, suivies des chairs des membres, bras puis jambes, pour finir par le tronc. C’est pour cela que, pour les noyés de plus longue date, pas encore totalement décomposés, on peut voir remonter des corps se résumant à un tronc et de moignons.

Tout cela ne vous éclairera pas sur la meilleure façon de récupérer un noyé. La réponse est simple : avec beaucoup de courage. Mais analyser ces éléments permet de s’occuper un peu l’esprit et de détourner son attention de ce qui, autrement, va vous tarauder : la nausée.

L’art de mourir avec originalité, les morts idiotes de 2017

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morts idiotes danger

Mourir est un passage délicat de l’existence, qu’il convient de réussir, sans avoir eu, généralement, la possibilité de s’entraîner avant. Les risques sont nombreux si l’on rate sa mort, mais le plus sous-estimé reste vraisemblablement d’entrer dans la postérité d’une manière quelque peu ridicule. Florilège des morts idiotes de l’été 2017.

Assassiné avec une arme improbable

Il y a, bien entendu, des circonstances atténuantes au fait de périr d’une mort idiote. L’assassinat en est une : on n’a généralement pas émis le souhait de se faire trucider par une tierce personne, cette dernière agit de sa propre initiative, pour des motifs, l’immense majorité du temps, crapuleux.

Ainsi, dans le douzième arrondissement de Paris, une nonagénaire a été assassinée par sa petite nièce à coups de vases. Pardon, je viens de relire mes notes, et le « s » est superfétatoire : de vase, un seul vase, dont les coups répétés ont été fatals à la pauvre vieille dame.

Il convient ici d’observer que le vase est un objet bien étrange. Considéré comme l’un des biens les plus précieux de sa propriétaire, il sera placé en équilibre sur un guéridon boiteux, et se brisera en mille morceaux après avoir chuté au moindre frôlement de votre part, faisant faire à votre classement dans la liste des bénéficiaires de l’héritage une chute équivalente à celle du sommet du mont blanc. Si le chihuahua de la maison s’égratigne un coussinet sur un bris de verre, la chute sera équivalente à l’Himalaya.

En revanche, si d’aventure vous voulez transformer ledit vase en arme létale afin d’anticiper la perception dudit héritage, là, il reste bien costaud, et vous pouvez défoncer des crânes comme si vous aviez un marteau de guerre dans Games of Thrones. Il y a là dessous un mystère insondable qui éclipse de suite les grandes préoccupations de l’humanité, comme la chute de la tartine beurrée, par exemple.

A noter que, dans l’affaire qui nous intéresse, la petite nièce en question a été internée en psychiatrie et sera certainement déclarée irresponsable. Ce qui, selon le droit français, lui ouvre les portes de l’héritage. Ce n’est que justice : elle n’a pas cassé le vase.

Dans ma collection, j’ai rangé cette histoire, précieusement, à côté de celle de la femme assassinée à coups de pénis.

Trahi par un vieil ami

Il y a aussi la trahison inattendue, ce coup de poignard dans le dos asséné par celui qu’on attendait pas.

Ainsi, une femme est morte à la terrasse d’un bistro. Oui, même anodin, le lieu ou vous mourez comptera dans la postérité. Pour ses descendants, dans des dizaines d’années, qui se lanceront dans des études de généalogie, elle restera la mamie morte à la terrasse d’un bistro. Un silence se fera alors, et de regards entendus seront échangés.

La dame, par ailleurs certainement fort respectable, s’est aventurée dans la rue, et s’est attablée à la terrasse d’un estaminet. D’un œil, elle a vérifié qu’il n’y avait pas de terroristes de Daesh dans le coin, de l’autre, aucun psychopathe animé de pulsions homicidaires et armé d’un objet létal, couteau, fusil, pistolet, poison, vase. Elle a ensuit scruté les patrouille vigipirates, s’assurant qu’aucun militaire n’avait oublié d’enclencher la sécurité de son arme, un coup est si vite parti, avant de discrètement scruter l’arrière du bar, afin de s’assurer que les conditions d’hygiène étaient impeccablement respectés, puis, enfin détendue, elle a commandé une verveine.

C’est à ce moment là qu’une bourrasque de vent a fait chuter un parasol de plusieurs dizaines de kilos juste sur elle, la tuant sur le coup.

L’absence de commentaires étant déjà un commentaire, je vais donc me taire.

morts-idiotes-300x192 L'art de mourir avec originalité, les morts idiotes de 2017Le running gag

Il y a aussi le running gag de l’été. Oh, celui-ci n’a rien d’original, mais c’est un classique qui marche à tout les coups.

Mais, si, vous savez : « On va faire une photo de vous face à la mer, tenez, on va se mettre là, au bord de la falaise, attends, j’ai le soleil, bougez un peu, attention, recule, encore un peu, recule… Oh, zut, elle est tombée ! »

Je devais vous parler d’une dame à qui c’est arrivé, mais, après relecture de ce qui précède, avec deux victimes de sexe féminin et une psychopathe, je préfère m’abstenir, au risque de passer pour un misogyne. D’autant que c’est arrivé à d’autres personnes, ailleurs. Point commun entre tous ces lieux de décès, la présence de falaises. Malgré toute mes recherches, je n’ai pas trouvé de décès consécutif à une chute sur une plage de sable fin parfaitement plate.

La mort qui n’arrive jamais,
Sauf quand elle arrive

Se distinguant du ton ironique de ce qui précède, l’histoire qui va suivre est triste. Il est important de le stipuler, parce que, sinon, elle semblerait sortir du scénario d’un film gore de série B. Quoique, même dans la série de films « Destination finale », ils n’auraient pas osés.

Alors qu’une jeune femme venait d’accoucher, son bébé dans les bras, un brancardier a voulu la transférer d’un étage à un autre. Jusqu’ici, rien d’extraordinaire, une scène comme il s’en produit tous les jours dans tous les hôpitaux du monde. La femme étant espagnole, le bébé étant espagnol, le brancardier étant espagnol aussi, et même l’hôpital étant espagnol, on devine que la scène se passe en Espagne.

Les portes de l’ascenseur se ferment deux fois, avec eux dedans, sans pour autant partir, l’homme décide d’en changer, parce qu’il est brancardier, pas réparateur d’ascenseurs.

C’est là que l’appareil a changé brusquement d’étage, alors que la tête de la jeune femme se trouvait à l’intérieur. La jeune maman a été littéralement coupée en deux. Les pompiers ont mis deux heures à atteindre la partie de son corps qui se trouvait à l’intérieur de l’ascenseur.

La seule chose drôle, là dedans, c’est la conclusion de l’article du Journal de Saône et Loire « Les médecins n’ont rien pu faire ». Une découverte majeure : le bouche-à-bouche est inefficace lorsque la tête et les poumons ne se trouvent pas dans la même pièce.

Enfin, avec tout ça, les morgues cet été ont fini par ressembler à la salle de pause des employés de métro New-Yorkais.

Mort d’Olga Pronina, alias Monika9422, la motarde sexy

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Olga Pronina Monika9422

C’est une bien triste nouvelle qui frappe le milieu de la motorotisme, ou de l’érocyclisme : la mort de Olga Pronina, alias Monika9422, star d’internet, qui avait deux passions dans la vie, porter de la lingerie sexy en adoptant des poses lascives, et chevaucher de grosses cylindrées. Jamais, avant elle, personne n’avait su combiner de façon si harmonieuse ces deux passions.

Tragique accident

C’est dans un tragique accident que la star d’Instagram a perdu la vie. Un accident de moto, bien entendu, ce qui n’a rien de surprenant quand on connaissait la passion de Olga Pronina : chevaucher, cheveux au vent, de grosses cylindrées à toute allure.

Pardon : surtout pas les cheveux au vent. Sur toutes les photographies de la star du web, on pouvait voir un casque, qu’elle portait souvent. Un casque, et, il faut le reconnaître, pas grand-chose d’autre.

Parce que, sous le pseudonyme Monika9422, Olga était devenue, sur le réseau Instagram, une star, avec une recette simple : une dose de vêtements inversement proportionnelle à la cylindrée de la moto, et des pose suggestives qui ne poursuivaient qu’un but, mettre en valeur sa carrosserie pour concurrencer celle de la motocyclette.

Ici, une pause est nécessaire : je sens déjà que certains s’offusquent que j’utilise ici un champ lexical légèrement machiste pour qualifier les courbes de Olga Pronina. Mais, une simple consultation de son profil Instagram vous rassurera certainement sur ce point : c’est pas moi qui ait commencé.

Moto : un guidon et deux roues

J’ai toujours eu tendance à casser l’humanité en deux catégories : ceux qui aiment les motos, et ceux qui se lèvent le matin pour aller ramasser les morceaux de motards morts au bord des routes. A la découverte de l’œuvre d’Anna Pronina, dont j’ai appris l’existence à l’occasion de son décès, et dont j’ai dû, par la force des choses, aller consulter les photographies pour m’aider à la rédaction de cette nécrologie, ce qui m’inspire, d’ailleurs, la double réflexion que ce visionnage a quelque chose de malsain, et que cette phrase est sans doute trop longue, donc, j’ai dû ajouter une troisième catégorie : l’érotomane motocycliste.

Olga Pronina n’était, si l’on en croit les hommages, pas qu’une potiche posant sur sa BMW S1000RR. Elle était également une pilote chevronnée, postant des vidéos d’elle réalisant des figures acrobatiques, et coiffeuse dans le civil. Mais c’est surtout pour la partie sexy de son œuvre qu’elle s’est fait connaître. En bikini ou en minuscule robe, guidon bien en main et deux roues entre ses jambes interminables, elle aimait imposer un rythme rapide à son engin tout en se pâmant d’extase.

accident-Olga-Pronina Mort d'Olga Pronina, alias Monika9422, la motarde sexyLa fin de la motarde sexy

Derrière cette histoire qui aurait pu passer pour amusante, se cache un plus sinistre réalité : les photos de l’accident révélant la mot pulvérisée ne laissent aucun doute quand à la violence du choc. Et la femme, âgée d’à peine 40 ans, laisse derrière elle un mari et une fille de 16 ans. L’accident a eu lieu à Vladivostok, ou la motarde sexy vivait. Elle a été tuée sur le coup.

Starlette du web ? Flatterie des plus vils instincts machistes en combinant le sexe et la mécanique pour obtenir rapidement une gloriole superficielle ? Peu importe, au final : Monika9422 était une adulte consentante qui manquera à ses fans amateurs de motos et de jolies filles, et Olga Pronina une femme qui manquera à ses proches.

Isadora Duncan, une mort sur les chapeaux de roues

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Une femme talentueuse, belle, riche, célèbre et élégante, septembre à Nice, sur la promenade des Anglais : Isadora Duncan. Une belle automobile, une promenade luxueuse dans une tenue élégante. Le bonheur, l’insouciance et la certitude d’un avenir heureux. S’il n’y a pas là tous les ingrédients d’une histoire qui se finit mal, selon la loi de Murphy, j’arrête définitivement les tranches de vie !

En voiture, Isadora !

Isadora_Duncan_3-274x300 Isadora Duncan, une mort sur les chapeaux de rouesIl faisait beau, ce 14 septembre, à Nice, et la chaleur de l’été n’était pas encore retombée. Dans la cour d’une maison, une femme admirait une voiture. Ce n’était pas n’importe quelle femme, et ce n’était pas n’importe quelle voiture.

Isadora Duncan, le femme, était danseuse. Plus précisément, une des danseuses les plus célèbres au monde. On considérait qu’elle avait révolutionné la pratique, en intégrant dans son art des figures du classicisme Grec, mettant l’accent sur la beauté et le culte du corps.

Fondatrice de plusieurs écoles de danse, amie de tout ceux que l’art comptait d’important, révolutionnaire, féministe, libre, Isadora Duncan était l’une des grandes femmes de son temps, et la danse contemporaine lui doit, encore aujourd’hui, beaucoup. Isadora Duncan était également amatrice de jolies choses, et riche, ce qui amena la voiture dans sa cour.

Plus précisément, c’est ce qui décida son garagiste, Benoît Falchetto, à se rendre chez elle pour lui montrer cette Amilcar, une petite voiture de sport décapotable. La danseuse était une bonne cliente de Falchetto, à qui elle confiait l’entretien de ses voitures et chez qui elle achetait ses véhicules.

Une belle automobile, toutes options…

Le garagiste savait que la voiture plairait à Mme Duncan, et comptait bien la lui vendre. C’est donc tout naturellement qu’après avoir été ben accueilli, et avoir saisi la lueur dans l’œil de la danseuse à la vue des superbes courbes de l’automobile, qu’il lui proposa de faire un essai.

Isadora Duncan était aussi intrépide qu’enthousiaste, et accepta aussitôt. Alors qu’elle faisait mine de s’installer dans la voiture, le garagiste observa qu’elle était vêtue d’une simple robe légère et d’une grande écharpe blanche. Il lui suggéra donc d’aller s’habiller avec des vêtements qui la protégeraient mieux des courants d’air.

La danseuse refusa gracieusement : le temps était superbe, et elle n’était pas frileuse. Et quel plaisir d’avoir une décapotable, si l’on ne pouvait sentir le vent sur sa peau ?

Le garagiste insista, proposant à Isadora Duncan de lui prêter le blouson en cuir qu’il portait. Après tout, que valait un petit rhume si il lui rapportait une si belle vente ? Mais, encore une fois, Isadora Duncan refusa, et s’installa dans la voiture.

… Y compris les jantes alliage

Amilcar_cgss_sport_06011702-300x225 Isadora Duncan, une mort sur les chapeaux de rouesLe garagiste l’emmena sur la Promenade des Anglais. Il savait que la danseuse était sensible à la beauté du lieu, et qu’il la mettrait dans de bonnes dispositions pour faire un chèque. Sur place, ils croisèrent des amis de la star. Souriante, elle leur lança « Je m’envole vers la gloire ! » et, d’un ample geste, lança derrière elle son long foulard blanc.

Celui-ci voleta un instant derrière elle, avant qu’un souffle de vent, soudain, le rabatte sur le côté de la voiture. En une seconde, l’étoffe se prit dans les rayons de la roue, étranglant violemment la danseuse, écrasant sa gorge, puis, aussi brutalement, l’arrachant à son siège, la projeta violemment sur la chaussée.

Des cris d’effroi résonnèrent sur la Promenade des Anglais, les badauds accoururent, on convoqua un médecin, mais trop tard : Isadora Duncan avait été tuée sur le coup.

Si la roue du destin avait souvent été favorable à Isadora Duncan, la roue de l’automobile lui fut fatale.

Obsèques d’une famille, comment s’organiser ?

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cercueil

La situation n’arrive pas tous les jours, heureusement, mais les obsèques d’une famille entière peuvent se rencontrer dans une carrière de conseiller funéraire. Comment gérer ?

Accident de voiture, meurtre, attentat, il existe finalement peu de situations dans lesquelles une famille ou plusieurs de ses membres peuvent décéder en même temps, mais il en existe. Lorsque cela arrive, les proches chargés de l’organisation des funérailles feront appel à une seule entreprise de pompes funèbres.

Gérer les obsèques d’une famille va s’avérer particulièrement compliqué, passage en revue des points importants.

Réception pour les obsèques d’une famille

Quelqu’un entrera dans votre société, et vous informera qu’il vient pour des obsèques. Très probablement sous le choc, la ou les personnes va /vont probablement peiner à s’exprimer pour expliquer qu’il ne s’agit pas des obsèques d’une seule personne, mais de deux, trois ou quatre…

Une fois l’information enregistrée par le conseiller funéraire, c’est probablement lui qui sera sous le choc, ou empreint de doutes : comment gérer tous ces décès, là , tout de suite ?

Pour éviter ce genre de « surprise », l’abonnement à un canard local n’est jamais de trop. Feuilleté pendant votre café du matin, il aurait permis de vous informer sur l’accident ou évènement ayant provoqué ces décès simultanés, et par le même temps vous aurait potentiellement fait dire que peut-être quelqu’un passerait la porte pour que vous vous chargiez des obsèques.

Mais, la meilleure des préparations lorsque l’on est conseiller funéraire, c’est de se dire que tout, et surtout le pire peut arriver : décès de quelqu’un que vous connaissez, décès d’un terroriste, et décès de plusieurs membres d’une même famille… Réfléchir à ces situations, et même, préparer quelques notes pour palier à d’éventuelles difficultés seront déjà un premier pas.

Il est probable que vous ne vous en teniez pas à ce seul entretien avec la famille, ce que vous lui préciserez. Le premier entretien consistera au choix des prestations et le second à l’organisation de la cérémonie. Entre ces deux laps de temps, les proches auront pu réfléchir, s’ils l’on souhaité, aux hommages à rendre lors de celle-ci : qui parle, quelles musiques, où… etc.

exposition-cercueils-Pompes-Funèbres-Boiteux-300x225 Obsèques d'une famille, comment s'organiser ?
exposition cercueils, Pompes Funèbres Boiteux

Maître mot : organisation

L’entretien avec les proches pour les obsèques d’une famille « complète » risque d’être plus long qu’à l’accoutumée. Tous les états civil étant à recueillir, comme tous les documents seront à faire pour autant de défunts : transports de corps, demandes d’inhumations…

L’appui d’un collègue ou du chef d’agence est indispensable. L’un pourra assister l’autre en s’occupant de taper tous les documents, par exemple, ou en restant en boutique afin de ne pas déranger le conseiller funéraire chargé de l’organisation des obsèques si d’autres familles devaient se présenter.

Les prestations seront souvent, par commodités, les mêmes choisies pour chaque membre de la famille, même cercueil, même composition florale, capiton… Ce qui n’empêchera pas de proposer l’ensemble du catalogue, et de préciser que le cercueil des enfants s’il y en a, sera peut-être différent : modèle plus petit, finition ou couleur.

Prestations et services

Selon que les corps aient ou non fait l’objet d’autopsies, les proches voudront peut-être faire transférer les corps en chambre funéraire. Le transport sera compliqué, et ne pourra se faire qu’en autant de voyages que de corps. A moins que – et si ce n’est pas possible vous allez vite le regretter- vous fassiez gentiment appel à vos confrères locaux pour qu’ils vous aident à réaliser les transports.

C’est là que le fait de bien s’entendre avec ses concurrents prend tout son sens. Car au delà de leurs aide pour le transport, leur thanato pourra aussi vous être utile, en plus du vôtre, tout comme leurs porteurs et leurs corbillards lors de la cérémonie.

Toutes ces prestations auront bien entendu un coût, et il sera intelligent de les chiffrer d’un commun accord avant la signature du devis et du bon de commande à la famille.

Toutes les prestations et articles funéraires devront être vérifiés : une check-list sera votre meilleure amie. Notez et cochez au fur et à mesure tout ce dont vous avez besoin : cercueils, capitons, fleurs, commande, date de livraison, heure de préparation, briefing avec toutes les équipes, chemin du convoi, coordination des costumes… tout tout tout !

Précautions pour les obsèques d’une famille

Les obsèques d’une famille seront lourdes en terme d’organisation, avant et aussi pendant celles-ci. Elles amènent, en règle générale, beaucoup de monde, et pour palier à d’éventuels problèmes de circulation et de stationnement, vous devrez impérativement demander à ce que la police municipale régisse le bon déroulement du convoi.

La famille et les amis devront pouvoir circuler de manière facilitée : si c’est possible, demandez à ce que des places de parking leur soient réservées. Idem, des barrières qui puissent distinguer la foule d’anonymes venus rendre leur hommage de la famille seront les bienvenues.

Les fleurs seront également nombreuses, la prévision d’un véhicule de suite, en plus des corbillards transportant les cercueils sera prudente.

Au cimetière, les marbriers, auront probablement travaillé vite afin qu’une fosse soit creusée ou un caveau posé. L’allée dans laquelle se situera la concession ou le dépositoire ne sera peut-être pas suffisamment large pour recevoir les cercueils côte à côte, il vaudra mieux se reporter à une allée centrale plus large, ou un endroit du cimetière encore vierge de toute construction.

En l’absence de cérémonie religieuse et d’un représentant du culte, le maître de cérémonie clôturera les obsèques d’une famille avec des mots bien choisis, et un geste symbolique tel qu’un lâcher de ballon.

Toute l’organisation de la cérémonie ne devra pas seulement être vue et dite avec les proches, elle devra leur être écrite, avec les horaires et adresses des différents lieux de cérémonie des obsèques, plans, temps de paroles et de musiques. Dans un tel moment, où vous serez très occupé mais toujours disponible pour elle, ce « livret » de déroulement de la cérémonie lui permettra d’informer les proches et de ne pas être totalement déboussolée malgré le bouleversement.

Les obsèques d’une famille nécessitent une organisation hors-norme, plusieurs conseillers funéraires, porteurs, véhicules… Mais le tout pour que le déroulement se passe sans accroc, c’est l’organisation. Comme d’habitude finalement non ?

Corrida : peut on se réjouir de la mort d’un matador ?

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corrida taureador matador mort

La semaine dernière, un toréador est mort durant une corrida. Avec ce genre d’événements, deux voies s’expriment généralement : les tenants du «Ҫa n’aurait pas dû arriver, ce n’est pas normal » et ceux du « Il connaissait les risques ». Mais une troisième voix s’exprime : « C’est bien fait pour lui ! ». Cette dernière est-elle légitime ? Débat.

Les passions déchaînées, olé !

La corrida déchaîne les passions, c’est peu de le dire. En quelques occasions, on a même vu les anti, qui manifestent devant les sites, et les pro, qui se rendent au spectacle, en venir aux mains.

Aussi, est il facile et fréquent, de voir en la matière des jugements lapidaires. Pour les anti, la mort d’un toréador dans l’arène est bien faite, puisque, de leur point de vue, c’est un assassin, pur et simple, et que leurs adversaires sont, de toute façon, assoiffés de sang. Pour les pro, les anti sont des salauds de se réjouir de la mort d’un homme, et de toute façon, ce sont des imbéciles bas du front qui ne comprennent rien et attaquent un symbole du patrimoine.

Je n’exagère pas : c’est la moyenne des commentaires que j’ai relevé sur les réseaux sociaux. Autant dire que les débats sont tout, sauf sereins. Le point Godwin est même souvent atteint, la palme revenant à « les nazis adoraient la corrida », ce qui reste à démontrer, tout de même.

Pourtant, dans cette affaire, rien n’est simple, et considérer les faits d’un point de vue global permet de se faire une opinion plus argumentée, donc plus défendable.

Un homme est mort

Il y a, dans ce spectacle, une part de jeux du cirque : au bout du compte, il doit y avoir la mort. Du taureau ou du matador, peu importe. Ou un combat exceptionnel qui justifie la grâce du taureau, mais où sont présent la violence et une part importante de risque. Dès lors, à partir du moment où il acceptait cette philosophie, le matador acceptait la possibilité de mourir. Il n’y a donc théoriquement pas lieu de s’émouvoir.

Mais, il s’agit d’un homme. Avec une famille, des amis, des proches à qui il va manquer. Un matador, oui, mais quelle est la part de volonté et la part d’hérédité dans le choix de ce métier ? Ce matador a été élevé dans une région, et probablement dans une famille, où la corrida est une institution établie. De leur point de vue, les matador respectent le taureau, puisqu’il a, toujours selon leur point de vue, sa chance. La mise à mort finale doit se faire d’un coup sec et indolore. Sur les banderilles, en revanche, les réponses sont plus évasives.

Un homme, en définitive, comme les autres, pas plus mauvais qu’un autre : de son point de vue, forgé par son éducation, ce qu’il faisait n’avait rien de répréhensible ou de malsain.

Contre-productif ?

Si nous réfléchissons à tous ces éléments, une réflexion s’impose : c’est compliqué. Le matador, de son point de vue, ne fait pas le mal pour le mal, il est persuadé de livrer un combat noble face à un adversaire qu’il respecte et qui a ses chances. C’est un être humain, et sa mort est un déchirement pour ses proches et ceux qui l’appréciaient.

Mettons-nous d’accord : même s’il n’est pas humain, la mort du taureau, qui, lui n’avait pas demandé à se trouver là, aurait été une nouvelle tout aussi triste, différemment. Que l’on s’émeuve de la mort du taureau est dès lors contradictoire avec le fait que l’on se réjouisse de la mort du toréador.

S’opposer à la corrida en prenant comme postulat de base que la vie animale n’est pas moins respectable que la vie humaine est un argument qui s’entend tout à fait. Gare toutefois à ne pas tomber dans l’excès inverse, en expliquant que la vie humaine est inférieure à la vie animale : c’est ouvrir la voie à une forme d’extrémisme, qui est, comme tous les extrémismes, préjudiciables.

De surcroît, cette forme de radicalisme est contre-productive. La plupart des personnes ont un souhait : une existence paisible et protégée des ennuis. Ouvrir la porte à des extrémistes, ou perçus comme tels, est alors interprété comme une façon de s’attirer des ennuis. C’est, pour le militant anti, le meilleur moyen de se couper d’une partie de son audience, et de laisser le champ libre à l’autre camp.

Dernier point : le respect dû aux morts est la base de toute civilisation. Quel que soit sa cause, respecter son adversaire défunt est donc une condition indispensable pour ne pas verser dans la barbarie. Que son adversaire soit un homme ou un taureau.

Témoignage : « Ta sœur est morte », depuis j’ai appris à vivre

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Cyril et Delphine témoignage

« J’ai toujours été un tourbillon, à faire la fête en vivant davantage la nuit que le jour et en essayant d’absorber le plus de vie et d’énergie possible. À moins de 25 ans, j’avais derrière moi un père absent, infidèle envers ma mère, qui, pour oublier qu’elle l’avait épousé, et qu’il nous avaient eues ma sœur et moi, se plongeait dans l’alcool. Delphine, n’avait que deux ans de plus que moi, beaucoup plus sérieuse, elle prenait le rôle du papa et de la maman, pendant que je prenais le rôle de l’éternel Peter Pan. Travailleuse acharnée, elle rentrait un soir du travail lorsqu’elle s’est tuée en voiture.

Mon père, qui ne parlait presque pas, est venu me balancer comme ça de but en blanc « ta sœur est morte ». En une fraction de seconde, je suis passé d’un gamin qui se croyait éternellement avoir 5 ans, à un homme flasque, mou, avec plus aucune possibilité de bouger. Comme si tout était nécrosé d’un coup. Toute l’énergie que j’avais mis à vivre pendant ces années là s’était brutalement envolée.

J’ai repris bien vite mon souffle et je suis allé lui faire écouter de la musique à la chambre funéraire. Mes parents devenaient fous, je lui mettais du vernis, lui racontais comment je m’étais séparé de ma copine, et que, de toute façon elle n’aimait pas trop. La cérémonie était belle, ma mère a sorti les mouchoirs et mon père faisait semblant de ne pas pleurer.

Sauf qu’après ? il a fallu se remette à vivre. J’ai arrêté de courir, je n’avais plus de souffle. C’est comme si j’étais sur une rampe de lancement et que là j’avais été stoppé net. Je me suis paradoxalement rapproché de mon père en essayant de comprendre pourquoi il était comme ça. A peine eu-je le temps de m’y faire et de l’aimer en tant qu’homme et en tant que père que la maladie l’emportait. Je lui ai tenu la main jusqu’à la fin, et il est parti à mes côtés. En prenant sa respiration une dernière fois il a pris un bout de moi dans son dernier souffle.

La mort est partout, tout le temps, et elle avait frappé en mon cœur et en mon sein, deux fois, deux fois de manière brutale, soudaine, laide et inconsolable. Depuis je suis devenu papa, et j’ai sans cesse peur, pour ma femme, pour ma fille. La vieillesse me semble si loin, alors que la mort peut me les prendre comme ça, en une seconde d’inattention. Je me console en me disant que je suis toujours là, oui ça paraît égoïste, mais je vis, et tant que je vis, il y a de la vie tout autour de moi, tout renaît, tout doucement, en prenant soin des gens que j’aime. J’essaie d’être un meilleur père que le mien, et j’espère avoir un jour ou un autre enfant qui ressentira tout l’amour fraternel que j’ai pu avoir et que j’aurais toujours pour Delphine.

Lorsqu’on a du chagrin, qu’on est perdu, dans les plaies béantes et abyssales du deuil, la seule solution : c’est la vie. »

Merci à Cyril pour son touchant témoignage.

Fellation, la gâterie tourne au drame en Floride

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francesca marquinez et richard patterson fellation fatale

C’est dans une atmosphère étouffante que Richard Patterson, retraité américain jugé pour le meurtre de sa compagne, a avancé sa défense. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’argumentation ainsi dressée a laissé quelque peu décontenancé l’assistance. Un récit poignant qui vous laissera une boule dans la gorge.

Au commencement

Ne vous inquiétez pas pour ce qui suit : c’est après que ça se corse.

Tout débute le premier novembre 2015 par un SMS, envoyé par Richard Patterson à sa fille, dans lequel il dit avoir fait quelque chose de grave et s’excuse. Puis, Amérique oblige, l’homme de 65 ans appelle son avocat, qui, à son tour, prévient la police, qui débarque donc dans sa résidence de Homestead, en Floride.

Voici les faits : Francesca Marquinez, compagne depuis peu de Richard Patterson, gît dans le lit conjugal, recouverte d’un drap. La police ne peut que constater son décès. Les premières constatations démontrent que Mme Marquinez est morte des suites d’un étouffement ou d’une strangulation. Elle porte d’ailleurs des marques au cou. Dans une poubelle est découvert du papier absorbant contenant du sang et de la semence humaine.

Bref, tout est limpide pour la police, et Richard Patterson est arrêté pour l’assassinat de Francesca Marquinez. Chef d’inculpation : viol suivi d’homicide.

Un innocent se dresse

Richard Patterson n’entend pas se laisser ainsi mener en prison. Voire pire : la Floride n’a pas aboli la peine de mort. Et sa version à lui se tient, fière et droite : c’était un accident.

Et il précise : Francesca et lui aimaient à pratiquer le sexe violent. Bien que pouvant offenser certaine personnes, cette pratique n’est en rien illégale entre adultes consentants. Seulement, alors que Francesca démontrait à Richard que sa bouche pouvait servir à autre chose qu’à l’art consommé de la conversation, le vit vaillant volontiers englouti, de par sa taille imposante, étouffa la donzelle.

Les marques sur le cou auraient été laissées par Richard, ayant sans doute avec trop d’entrain voulu guider sa compagne tant sur le rythme que sur la profondeur de son engagement. Quand aux fluides retrouvés sur le papier absorbant, ils s’expliqueraient simplement, par le fait que Richard, concentré, ne se serait pas tout de suite rendu compte du décès de sa compagne, laissant tout d’abord exploser sa joie, et s’irritant sur les dents de l’infortunée en se retirant un peu trop précipitamment.

Et, pour enfoncer le clou, Richard a prévu d’apporter la preuve de ses dires : il compte bien exhiber son engin, ou, pour préserver les âmes sensibles, un moulage réalisé sous contrôle d’huissier. Afin que le jury, sans doute, se laisse pénétrer par l’idée.

Merci qui ?

Une version néanmoins difficile à avaler pour l’accusation, qui avance une autre version : le couple ne s’entendait pas, en attestent de nombreux témoins, et Francesca Marquinez avait fait part à une amie de son intention de quitter Richard Patterson.

Ce dernier, enragé, aurait alors violé et tué Francesca. Jalousie ou accident, de toute façon, la cause du décès reste la taille. De l’ego, déjà.

Une affaire, donc, amenée sur un terrain glissant. Richard saura le 15 mai prochain si il devra se laisser pénétrer par l’aiguille de l’injection létale dans une salle d’exécution de Floride. Mieux aurait il eût fallu qu’il se contente de sa paisible vie de retraité, une soupe, une petite pipe et au lit.

En tout cas, peu importe qui lui a donné l’idée, il ne leur dit pas merci. Quand aux jurés, s’ils démêlent le vrai du faux, nous ne sauront leur adresser que nos sincères fellations. Euh, félicitations, pardon.