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Je quitte Funéraire Info et je vous dis, à bientôt

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Si Guillaume a quitté le monde du funéraire pour s’intéresser à la fumée de la vape, c’est à mon tour aujourd’hui de vous dire au revoir.

Bon il est fort possible qu’au moment où je vous dise au revoir, vous vous demandiez qui je suis, et quand je suis arrivée.

Loin d’être un article d’au revoir, c’est surtout un article de remerciement, parce que, croyez-moi, rien n’est plus salvateur que la gratitude, et je trouve que c’est une jolie hyperbole de la vie.

L’écriture c’est donner à chaque fois un morceau de l’intime. On dit qu’écrire c’est mettre tout entre parenthèses mais c’est faux, écrire c’est comme une bulle d’oxygène, tu déverses tout dedans, tu secoues le tout et au passage tu trembles avec.

Quand tu écris, t’es férocement vulnérable et tendrement tout puissant. Écrire c’est penser avec et contre soi. C’est s’exposer, c’est mentir, c’est partir un peu. C’est une plaie infectée qui ne se soignera jamais, c’est manger de la solitude et aimer un peu moins fort.

J’ai tout aimé de ce travail, même ce que j’ai moins aimé, même les jours où j’aurais voulu balancer mon ordi par la fenêtre, même les jours où j’ai maudit Facebook, les commentaires méchants entres vous, les insultes.

Mon travail c’était d’écrire le vôtre. C’était ma simple toute petite mission. Et puis finalement j’y ai appris beaucoup, mes collègues m’ont beaucoup appris, mon patron m’a beaucoup appris, les lecteurs m’ont beaucoup appris, les partenaires, le milieu du funéraire, et même ceux qui ne m’apprécient pas du tout, m’ont beaucoup appris. On apprend parfois dans la douleur, ou plutôt par elle, mais on apprend surtout si on est ouvert, souriant, curieux.

Transmettre les informations du funéraire, l’actualité des entreprises, du secteur, c’était ça mon travail, mais je n’oublie pas vos témoignages, vos histoires. Je n’oublie pas vos doutes, vos coups de gueule.

Derrière les pseudos, j’y ai connu de beaux moments de joie, je m’y suis fait des amis, j’y ai connu des personnes formidables dont je sais que je ne m’éloignerai pas. Il y a dans les valeurs communes quelque chose de foudroyant, qui vous laisse là, un peu pantois.

Mais je sais à quel point le milieu du funéraire peut être parfois dur, cinglant, intolérant. Que dans les hautes sphères et comme dans tous les secteurs, la politique, le pouvoir, l’envie de se faire voir, d’avoir des relations, prennent toujours le pas. Un pas destructeur, surtout pour eux-mêmes d’ailleurs.

Mais dans ma sphère à moi il n’y a pas de place pour ça, dans ma sphère à moi on respire de liberté, et d’individualité.

J’écris aussi aujourd’hui pour vous dire courage, et merci; à ceux qui s’occupent chaque jour sur le terrain des familles, à ceux dans les chambres mortuaires, à ceux à l’état civil, ceux qui embellissent les corps, ceux qui font partir les âmes, ceux qui trouvent les mots en cérémonie, et ceux qui aident les familles à retrouver les leurs. Merci à ceux qui luttent contre les éléments, dans les cimetières, sur les routes. Merci pour votre humour.

Partir lorsque l’on travaille dans le funéraire, c’est une jolie mise en abîme finalement. C’est mourir un peu. Oh pas longtemps, juste assez pour vous dire…à bientôt.