Accueil Tags Allemagne

Tag: allemagne

Danemark, il y avait bien un pilote dans l’avion enterré

0
avion allemand seconde guerre mondiale

On fait parfois de drôles de découvertes avec un détecteur de métaux. Comme cet adolescent Danois, qui cherchait des vestiges de la seconde guerre mondiale pour un devoir d’Histoire de son école. Il a trouvé, au-delà de ses espérances : un avion entier. Tellement entier que le pilote était encore dedans…

Le bon vieux temps des vikings

Tout s’achève (pour le pilote) et tout commence dans une paisible ferme de Birkelse, au nord du Danemark. Ladite ferme appartenant à un exploitant du nom de Klaus Kristiansen, dont on sait peu de choses avec certitude, hormis le fait qu’il ne soit pas frileux. Il faut le reconnaître : le Danemark est sans aucun doute un des plus beaux pays au monde, mais si on aime la chaleur, ce n’est pas le meilleur endroit.

Le fils de Klaus, Daniel, dont on sait qu’il a 14 ans et qu’il n’est pas frileux non plus, rentre un jour de l’école avec un devoir à faire sur la seconde guerre mondiale.

Depuis l’unification du pays par Harald, en 980, les choses ont bien changé. Avant, les vikings avaient coutume de poser une épée sur le berceau de leur enfant nouveau-né en prononçant la formule rituelle « Voici tout ce que tu auras de moi, tout ce que tu désireras, tu devras le conquérir avec cette épée ».

Peut être néanmoins Klaus fut-il tenté de tendre un détecteur de métaux à son fils, en disant « Voici tout ce que tu auras de moi, tout ce que tu désireras, tu devras le trouver avec ce détecteur de métaux », au lieu de quoi, il l’accompagna jusqu’à un champ de la ferme ou il avait déjà trouvé des petites choses.

Un trésor de guerre

Karl avait une idée en tête : depuis tout petit, on lui disait qu’un avion s’était écrasé dans le champ où il amenait son fils. Plus précisément un avion Allemand, et le grand-père de Klaus avait assisté à la chute. Les Allemands, avait expliqué le grand-père, étaient venus enlever l’avion, ne laissant derrière eux qu’une bonne histoire à raconter lors des soirées d’hiver (fraîches, très fraîches, au Danemark). Klaus espérait en retrouver quelques morceaux que l’adolescent aurait pu amener à l’école.

La stridulante sonnerie du détecteur de métaux ne leur laissa bientôt plus de doute : ils avaient trouvé, au milieu du champ, des débris métalliques qui ressemblaient à des pièces d’avion. Sauf que, bien que les deux hommes aient trouvé de nombreuses pièces et les aient emmenées loin, le détecteur continuait de sonner et de dévoiler des fragments toujours plus nombreux.

Au final, Klaus décida d’en avoir le coeur net, et appela un voisin pour lui emprunter son excavateur. Ils creusèrent jusqu’à sept ou huit mètres de profondeur, continuant de trouver des pièces, avant de tomber sur le plus gros morceau et de réécrire les légendes familiales : effectivement, un avion s’était écrasé à cet endroit, effectivement, c’était un Allemand, mais ce dernier n’avait pas évacué l’appareil.

decouverte-avion-allemand-pilote-danemark Danemark, il y avait bien un pilote dans l'avion enterréL’oublié

Les Kristiansen commencèrent l’exploration de l’épave, en dégageant les pièces avec les plus infinies précautions, jusqu’au moment ou ils firent la découverte la plus stupéfiante : dans le cockpit de l’appareil, le corps du pilote était toujours là.

Karsten Kristensen, chef de la police du Jutland, après que ses services aient été prévenus par des Kristiansen sous le choc, a confirmé que l’avion était un Messerschmitt, un chasseur Allemand. Une équipe de démineurs vint sur place, pour s’occuper des munitions de l’aéronef, toujours présentes.

La dépouille a été recueillie par les équipes du musée d’archéologie, et son directeur, Torben Sarauw, pense avoir établi l’identité du pilote. Dans le reste des vêtements de ce dernier, ils ont retrouvé des papiers d’identité, trois préservatifs non usagés, un peu d’argent Danois et des restes de rations de survie de la base Allemande de Aalborg, installée pendant l’occupation.

Les débris de l’avion ont eux, été exposés au musée du Juntland du Nord, l’ambassade Allemande a été informée officiellement de la découverte, et souhaite organiser des obsèques en Allemagne pour le pilote dès que son identité aura été confirmée.

Daniel Kristiansen aurait obtenu, aux dernières nouvelles, une très bonne note pour son devoir d’histoire.

Lusitania, la dernière traversée, d’Erik Larson

0

Il est des écrivains, rares, qui arrivent à rendre des sujets, à priori pointus, totalement passionnants. C’est le cas d’Erik Larson, qui, pour son quatrième livre, nous plonge dans la tragédie du Lusitania. Coulé par un sous-marin Allemand durant la première guerre mondiale, il avait entraîné l’Amérique dans le conflit. Ou presque…

Lusitania, de quoi ça parle ?

1er mai 1915. Tandis que la Première Guerre mondiale entame son dixième mois, le Lusitania, luxueux paquebot britannique, quitte New York pour rejoindre Liverpool. Près de 2 000 passagers profitent des équipements modernes de ce navire puissant et rapide surnommé « le lévrier des mers ». L’Allemagne a classé en zones de guerre les mers entourant l’Angleterre mais le capitaine, William Thomas Turner, connait les règles interdisant les attaques de bateaux civils. Dans le périmètre du paquebot, à bord du sous-marin allemand U-20, le Kapitänleutnant Walther Schwieger décide néanmoins de passer outre ces règles.

Le 7 mai, les deux vaisseaux progressent vers Liverpool et les pièces du puzzle – notamment l’orgueil, un brouillard fortuit et un secret bien gardé – s’assemblent pour produire l’un des pires désastres de l’histoire.

Erik Larson, c’est qui ?

Diplômé de l’université de Pennsylvanie où il étudie l’histoire, la culture et la langue russe, il obtient également un master en journalisme de l’université Columbia. Après un bref passage au Bucks County Courier Times, il devient journaliste pour le Wall Street Journal, et contribue ensuite au Time Magazine. Il a écrit des articles pour plusieurs journaux et magazines, notamment The Atlantic Monthly, Harper’s et The New Yorker.

En 1999, il publie Issac’s Storm, un livre qui, sous la forme d’un reportage romancé, raconte sur les expériences météorologiques d’Isaac Cline pendant le passage de l’ouragan de Galveston en 1900. Ses livres suivants ont tous été des best-sellers.

A quoi ça ressemble ?

Il y a deux constantes chez Erik Larson. La première, c’est que, bien que romancé, tout est vrai. Chaque fait cité dans livre est adossé à la documentation correspondante dans la bibliographie de plusieurs dizaines de pages en fin de livre. C’est donc, historiquement, du sérieux.

La seconde, c’est cette habitude de raconter des histoires en parallèle jusqu’à la jonction finale. Lusitania ne fait pas exception à la règle, avec pas mois de quatre intrigues qui n’en font, en réalité, qu’une seule : Larson raconte les parcours parallèles du sous-marin et du Lusitania, décrivant, pour chaque bâtiment, la vie à bord, une galerie de portraits… Mais aussi la vie à la Maison Blanche, ou le président Wilson semble se préoccuper de bien d’autres choses que de la guerre en Europe, et celle de la Room 40, cellule du renseignement britannique qui espionne les sous-marins allemands.

Et au final, c’est comment ?

Au final, ça donne un livre d’Erik Larson, à avoir un livre d’histoire extrêmement rigoureux qui se lit comme un polar très bien raconté. Et qui ne manque pas de faire comprendre certains faits historiques et les remettant en perspective. Erik Larson explique dans son livre, preuves à l’appui, pourquoi et par qui le Lusitania a été sacrifié. Sacrifice vain, puisque l’Amérique n’entrera en guerre que deux ans plus tard, et que, dans son discours de vingt minutes devant le Sénat pour déclencher le conflit, pas une fois le président Wilson ne citera le Lusitania.

livre-lusitania-193x300 Lusitania, la dernière traversée, d'Erik Larson« Lusitania, la dernière traversée »

Erik Larson

Editions Le Cherche Midi
640 pages
22 Euros

Allemagne : des obsèques sans crucifix ni frères ni sœurs

0

Hubert Martini a eu la rancune tenace. Cet Allemand de 64 ans est décédé à Trèves le 24 juin dernier. A l’heure de partir, gravement malade, il a écrit sa propre notice nécrologique, à paraître dans le journal local le Trierische Volksfreund. Il y est clair : une bonne partie de sa famille était indésirable à ses obsèques.

Pareille demande est suffisamment rare pour passer inaperçue. Et depuis la publication de l’avis, la presse et internet (125.000 vues) se sont largement saisis de cette histoire dans le pays. Le défunt a auparavant confié à son fils la tâche de faire paraître l’avis. Un texte au vitriol.

Il y remercie d’abord sa femme et son enfant. Il y ajoute son ami turc Mustafa , qui lui a fait découvrir une autre culture, « ce qui n’a pas toujours été sans douleur ». Et parce que franchise et honnêteté ont mené sa vie, quitte à blesser des proches, il règle ses comptes avec « les autres enfants de mes parents ».

Pour ses obsèques, il ne souhaite « ni crucifix, ni signes religieux, ostentatoires ou cachés ». Pas d’hypocrisie, juste le tube My Way, entendu pendant la cérémonie dans la version de Franck Sinatra. L’histoire d’un artiste en bout de course qui se retourne sur son passé, chantée par un crooner qui ne l’aimait pas. Pour rester dans le ton.

 

La nuit, l’infirmier criminel tuait l’ennui à l’hôpital, mais pas que …

0

Mourir d’ennui, cet infirmier allemand condamné à perpétuité l’an dernier en Basse-Saxe pour deux assassinats le redoutait par-dessus tous. Aussi, en quête d’un peu d’action, il aurait empoisonné « beaucoup plus » qu’une trentaine de malades entre 2000 et 2005. D’après les parties civiles, on frôlerait les 200 personnes.

Personne ne saura vraiment combien de victimes Niels, 39 ans, a bien pu tuer à l’hôpital. Lors de son procès, l’homme avait convenu qu’il avait au moins abrégé la vie d’une trentaine de patients par overdose là où il a travaillé. Ces derniers jours, il aurait passé de nouveaux aveux devant les enquêteurs. Et la liste s’allonge.

Le plus souvent la nuit, il pénétrait « de façon spontanée » dit-il dans la chambre des malades, leur injectant dans les veines des surdoses de produits pour insuffisance cardiaque. Pourquoi ? Parce qu’il s’ennuyait, et que se battre pour tenter de ranimer ces malades mettait un peu d’action dans sa vie. Cela le valorisait aussi aux yeux de ses collègues.

Pour tenter de cerner l’ampleur des faits, la justice allemande emploie de gros moyens. Une centaine d’exhumations d’anciens patients a déjà eu lieu, à la recherche de traces de poison. Selon le procureur d’Oldenburg, 33 cadavres se sont révélés positifs. On ne saura jamais ce qu’il en est pour les malades passés entre les mains de l’infirmier, décédés puis crématisés.

Les enquêteurs ont repris tous les dossiers médicaux des services hospitaliers où le dénommé Niels a exercé. Cela représente potentiellement « plusieurs centaines de cas ». Évidemment, tous n’ont pas succombé entre les mains du tueur en série. Le pire dans cette histoire est que dès 2001, le comportement très bizarre de Niels avait été soupçonné dans un hôpital qui l’embauchait. On l’avait remercié, sans pour autant prévenir la police. Muni d’un certificat de travail en règle émis par cet établissement médical, Niels avait alors pu trouver un autre emploi.

Allemagne : piment, sextoys et concombre fatal

0

Si la consommation de légumes est vivement encouragée, on ne joue pas impunément avec une cucurbitacée. C’est ce que retiendra un Allemand, accusé d’homicide involontaire et qui risque la prison après la mort de sa partenaire lors d’une partie de jambes en l’air qui a très mal tourné.

L’homme avait profité de l’absence de sa compagne et de sa fille pour recevoir chez lui une maitresse, rapporte le quotidien Bild. Ces retrouvailles clandestines n’étaient pas une première fois pour ce couple, qui aimait pimenter ses ébats en employant divers sextoys. Faute d’en avoir un sous la main, les idées plus très clair d’avoir vidé plusieurs bouteilles, ils se sont saisis d’un concombre.

Pendant les préliminaires, l’homme a alors introduit un demi-légume dans la gorge de sa camarade de jeu. C’est alors que son attention a été distraite par une odeur de brûlé, venue de la cuisine. Cessant son action, il s’est précipité dans cette pièce pour retirer du feu un morceau de viande qu’il faisait cuire pour son chien. Tant qu’il y était, il s’est grillé une petite cigarette.

Pause fatale, temps perdu, funeste tentation. Car cette absence a coûté la vie de la maîtresse, étouffée par le légume au fond de sa gorge, gisante inconsciente au sol en petite tenue dans le jus du concombre (bio ?). Les tentatives pour extirper celui-ci ont échoué. Appelés à la rescousse, les secours sont arrivés trop tard.

La compagne trompée a très modérément apprécié les scènes maraîchères qu’abritait sa demeure. L’homme volage, lui, attend désormais le jugement, qui viendra sanctionner le fruit de sa négligence.

Jardinage : quand la courgette avance masquée

0
Courgettes, tomates : récolte au potager

Bénédiction du jardinier, amie du cuisinier, la courgette peut aussi être l’alliée du croque-mort. C’est l’amère expérience vécue récemment par un couple d’Allemands qui, jusque là, entretenait une saine relation avec son voisinage et la production légumière locale.

A-priori, ce dîner était ordinaire. L’homme, 79 ans, et son épouse dégustaient l’âme en paix un gratin de courgette maison des plus raffinés. Mais le repas achevé, le couple de retraités s’est senti mal. Direction la clinique d’Heidenheim (état du Wurtemberg, au sud du pays).

A l’heure de rechercher une explication, le corps médical s’est penché de suite sur le contenu du repas. « Les courgettes avaient un goût amer », ont convenus tous deux les retraités gastronomes. Mais là où la femme n’en a pas mangé beaucoup, son mari ne s’est pas arrêté à ce goût désagréable. Il a poursuivi, dégustant bouchée après bouchée son assiette jusqu’au bout. La semaine dernière, il en est mort.

Empoisonnement, ont conclu les médecins, nourris par les analyses toxicologiques. Le couple s’était vu offrir ces courgettes par un voisin jardinier qui cultivait son potager et aimait à en partager les fruits.

A Stuttgart, l’Office des affaires chimiques et vétérinaires en a profité pour mettre en garde les consommateurs et jardiniers amateurs. Lorsqu’on constate un goût amer à la dégustation de courgettes, concombres et courges, gare à l’intoxication. Ces légumes pourraient contenir un taux trop élevé de cucurbitaces, une substance potentiellement toxique.

Une mise en garde utile, même si le décès de cet Allemand est un cas rarissime. Les courgettes vendues dans le commerce ne contiennent d’ailleurs plus cette substance. Mais les jardiniers professionnels savent que des mutations peuvent apparaître lorsque que les amateurs de potagers recueillent les graines au terme de la saison, et replantent ainsi année après année.

Edito : Cimetières paysagers, crématoriums agréables, et droit Français…

0

Les spécificités du droit français, en matière de crématoriums, sont censées garantir la notion de service public dans le funéraire. Ce qui part d’une bonne intention n’est il pas, par rapport à d’autres, la raison d’un retard préjudiciable aux familles ?

Crématorium, trente ans fermes

Cimetière-Berlinois-224x300 Edito : Cimetières paysagers, crématoriums agréables, et droit Français...
Cimetière Berlinois

Les crématoriums trouvent leur origine à deux sources : soit des créations à l’initiative des collectivités territoriales, soit des initiatives privées. Dans ce dernier cas, la règle est simple : l’entrepreneur crée son pôle funéraire après agrément, et obtient une délégation de service public d’une durée maximale de trente ans. Au terme, l’ensemble revient dans l’escarcelle de la collectivité territoriale, qui est libre d’en réattribuer la gestion à un opérateur choisi. Entre temps, la collectivité pourra prélever une dîme sur chaque crémation.

Le système a été conçu pour que, malgré la libération des services funéraires, certaines prérogatives restent du domaine public : gestion, donc, de la crémation et gestion des lieux de recueillements. Certes, cela en garantit, en théorie, l’accès à tous. D’autres solutions seraient possibles, en la matière, si d’aventure ce système n’était pas satisfaisant. Dans les faits, il semble l’être. Tant qu’on ne regarde pas autour de soi.

Jalousies de voisinage

Nos voisins Allemands, Hollandais, Espagnols… Ont eux, libéralisé le système, autorisant la pleine propriété des crématoriums, et même les cimetières privés. Imaginez : une ancienne ferme rénovée. La salle de cérémonies se trouve dans le corps central. Décoration feutrée, parque de chêne massif, pierres et poutres apparentes. L’acoustique y est soignée. Un peu plus loin, dans la partie la plus récente du bâtiment, construit pour respecter le caractère du lieu, la salle de départ, la partie crémation, et une autre salle, destinée à recevoir les familles après les obsèques. Ici, elles peuvent organiser une collation pour l’assemblée, faire venir un traiteur.

cimetière-Crooswijk-Rotterdam-Pays-Bas-300x225 Edito : Cimetières paysagers, crématoriums agréables, et droit Français...
Cimetière Crooswijk, Rotterdam, Pays-Bas

Dans le hall d’accueil, à côté du petit salon ou les familles rencontrent les Maîtres de Cérémonies, une machine à café. L’employé lève un sourcil curieux lorsqu’on lui fait remarquer que le café est gratuit. Lorsqu’on lui explique qu’en France, il faut le payer, l’agent nous regarde comme s’il on était fou.

Le cimetière à côté est un parc. Une partie du lieu de recueillement fait d’ailleurs partie d’une réserve ornithologique. Plusieurs essences d’arbres et de plantes cohabitent, sous l’œil avisé des jardiniers. Ce sont des arboriculteurs spécialistes : ils savent où planter les arbres et comment s’en occuper.

L’on se fait la réflexion que le retour au pays sera dur, avec ses cimetières gris et gravillonnés, ou l’on croise de temps en temps un peuplier famélique, qui sera abattu à terme parce qu’il ralentit la tonte de la bande de gazon verdâtre de l’allée centrale.

Libéralisme forcené ?

Cimetière-de-Leipzig-300x225 Edito : Cimetières paysagers, crématoriums agréables, et droit Français...
Cimetière de Leipzig

Le modèle économique chez nos voisins, particulièrement nordiques, repose sur le postulat que, confiés des intérêts privés, et donc à une concurrence acharnée, les espaces funéraires vont hisser la qualité vers le haut. Et ça fonctionne : encadrés par des lois qui garantissent que chacun a droit a des obsèques dignes, poussés à la qualité par des associations d’usagers sourcilleux, les crématoriums et cimetières privés privilégient l’investissement sur le long terme, haussant la qualité à des sommets.

Sans se poser de questions économiques : ici, on n’hésite pas à investir de smillions d’euros pour un crématorium qui fait 300 départs par an. Nul besoin de se soucier d’un quelconque couperet d’un retour au service public, l’objectif est juste de faire un meilleur accueil que chez le voisin.

Ces espaces, crématoriums et cimetières, sont, à l’inverse, considérés comme une charge en France. Le but des collectivités ? En rationaliser la gestion, en amoindrir le coût, sans se soucier d’y attirer des gens : de toute façon, ils n’ont pas le choix. Certaines communes font des efforts, mais toujours dans le cadre d’initiatives isolées, quand le dossier est confié, chose trop rare, à des élus sensibilisés au sujet.

Le candidat constructeur de crématorium sera également tenté de ne pas trop en faire. Si un crématorium trop dépouillé sera un repoussoir, en revanche, la garantie d’exclusivité sur un territoire donné sera source de revenus garantis, alors pourquoi investir six millions quand deux peuvent suffire ? Surtout qu’à terme, l’équipement ne lui appartiendra plus, sans garantie de l’avoir rentabilisé.

Il n’est pas souhaitable de faire une révolution : l’histoire nous apprend que chacune d’entre elles a été suivie par une période de Terreur. Mais commencer dès à présent à remettre en cause notre système, en ne gardant en tête qu’une seule chose, l’intérêt des familles, est peut être un moyen, à terme, pour rattraper cet immense retard que nous avons pris. Il n’y aura pas de changement de mentalité à espérer, pour cette révolution-là : les familles aspirent déjà à mieux qu’une allée de gravier poussiéreux agrémentée d’un peuplier famélique.