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Caen : dans le butin du cambriolage, une urne funéraire

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L'urne dérobée. (capture site Normandie-actu)

« Rendez-moi ma mère » ! Relayé par le site Normandie-actu, un médecin de Caen (Calvados) a lancé un appel public émouvant pour qu’on lui rendre les cendres de sa mère. L’urne a été volée chez lui lors d’un cambriolage le 6 juillet. Il s’en est aperçu en rentrant du travail. Elle devait être inhumée en septembre.

Au-delà de la plainte déposée pour le vol de plusieurs objets par effraction à son domicile, ce médecin du Centre hospitalier universitaire local mise sur la générosité de ses cambrioleurs. Il espère que quelqu’un viendra déposer l’urne devant chez lui. Car cette dernière n’a aucune valeur autre que sentimentale. « Un grand trésor pour nous », précise-t-il.

La mère de Gérard Babatasi est décédée à Caen le 10 juin dernier, âgée de 85 ans. Le praticien se trouvait alors au Cambodge, bénévole pour l’association humanitaire La Chaîne de l’espoir. Une organisation qui soigne des enfants partout dans le monde. Il est rentré d’urgence pour prévenir ses proches et organiser les obsèques. D’origine vietnamienne, issue d’une famille nombreuse, elle-même s’était dévoué aux autres. Et voilà son urne volée. « Elle ne méritait pas ce triste sort», confie au site ce fils éploré. « Même les policiers n’avaient jamais vu ça. » Il se dit aujourd’hui « totalement désemparé ».

Cambriolage à Québec : « rendez-moi ma fille ! »

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A huit ans d’intervalle, Marie-Andrée a vécu «la pire épreuve d’une vie». Cette jeune Québécoise en appelle aujourd’hui aux auteurs de son calvaire, pour qu’ils réparent. Qu’ils rendent l’urne volée chez elle, contenant les cendres de sa petite fille.

L’histoire est racontée par « Le Journal de Montréal », qui relaie cet appel. En rentrant dans son appartement du centre de Québec, à la veille du week-end dernier, elle y découvre un grand désordre. Sur le coup, elle pense que son chiot « a foutu le bordel », comme elle le raconte à nos confrères. Armoires ouvertes, tiroirs de la chambre tirés, une montagne d’effets personnels sur le lit. « Un viol de mon intimité », résume-t-elle.

Des objets ont également disparu. Un appareil-photo, son iPod notamment. Le plus dur reste à venir quand Marie-André constate aussi la disparition de l’urne en sable durci, gravée de trois petits pas de bébé. L’urne contenant les restes de sa fille, de son enfant mort-né voici huit ans, qu’elle avait brièvement tenu dans ses bras. L’urne qu’elle s’est faite représenté en tatouage. L’objet était emballé dans un petit sac, fermé d’un ruban doré. Peut-être a-t-il été confondu avec un sac à bijoux.

Ce vol a évidemment ravivé ce deuil. «La mort d’un enfant, c’est le pire deuil qu’un humain puisse passer», confesse-t-elle.  Elle avait réussi à le surmonter, au bout d’une longue et pénible déprime. Même si elle admet que les malfaiteurs n’aient pas su ce qu’ils emportaient, elle les exhorte à se manifester. «S’ils ont un cœur, confie-t-elle au journal, qu’ils se réveillent. Je ne veux pas savoir qui ils sont, je veux juste récupérer ma petite fille.»

Cambriolages aux pompes funèbres, insécurité des mort ?

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Une pompe funèbre s’est faite cambrioler ce week-end. Si ce dernier cas est, selon le directeur, sans gravité, le rapines sur les sociétés funéraires sont tout autant en hausse qu’inquiétantes.
Cambriolage bénin

C’est étonnant, mais les pompes funèbres sont victimes de cambriolages.

Dernier en date, une pompe funèbre de l’Est de la France dont le patron souhaite rester anonyme « Honnêtement, il n’y a pas de quoi faire un article » souligne-t-il, philosophe. Ce week end, on a forcé la porte d’une de ses agences « L’individu a pris une trentaine d’euros en espèces dans la caisse, et dans une seconde caisse, encore une trentaine d’euros. J’en ai plus cher en réparation de porte qu’en préjudice »

Mais le patron s’estime heureux « La porte a été forcée proprement, si on peut dire, il n’y a pas eu de dégradations. ». Rien de grave, donc « Non, et pourtant, je dis tout le temps à mes équipes que si ils se font braquer, même pour vingt euros, ils doivent s’interposer quitte à laisser la vie ! Non, non, je plaisante, il faut que j’explique à mes collègues à côté que c’est une blague, ils sont au bord du malaise ».

Mais cet entrepreneur qui garde son sens de l’humour n’est pas le seule victime de faits qui, si ils sont indépendants les uns des autres, n’en sont pas moins préoccupants.

Série noire

Ainsi, les pompes funèbres Abraham, à Neufchâtel, ont été victimes de trois cambriolages entre février et septembre 2014, trois aussi pour les pompes funèbres AFB Gendrillon, à Bressuire, un aux pompes funèbres Pomarède Morais à Venès, un dans les locaux des ambulances et funéraires de la Vallée du Thoré… La liste est longue.

Jusqu’à une attaque à main armée, aux pompes funèbres Dhenaut, à Pécquencourt, ou deux employées se sont vues menacer par un individu qui exigeait le contenu de la caisse… Vide.

A chaque fois, discrimination sans doute due à la mauvaise réputation du métier, le butin n’a pas l’honneur de se voir mentionner dans les annales du crime. Quelques dizaines d’euros en espèces, au mieux, parfois un ou deux ordinateurs, guère plus. La police et la gendarmerie n’ont pas jugé bon de se pencher sur un trafic international de plaques funéraires ou de cercueils, sous prétexte que les cambrioleurs ne se sont pas donnés la peine de les emporter.

Un peu idiot

Si l’on étudie les pratiques de paiement en général et aux pompes funèbres en particulier, les paiements en numéraire tendent à disparaître. Et les sommes souvent importantes en jeu dans les agences n’aide pas : hormis quelques petits accessoires, des inserts, la plupart des paiements se font en chèques, cartes, virements, qui n’ont aucune valeur pour un quelconque voleur.

Pas plus que les articles que l’on peut y subtiliser : les plaques funéraires et autres capitons se revendent difficilement à la sauvette. Quand aux ordinateurs, aux pompes funèbres, ce sont souvent des appareils optimisés pour la gestion, l’utilisation de tableurs et traitements de textes, sans processeur puissant, carte graphique haut de gamme et disque dur de forte capacité. Autant dire que le montant du larcin, à la revente de ce matériel d’occasion, est très largement insuffisant pour « amortir » le risque encouru.

Un risque néanmoins

Toutefois, ces délits, en hausse, peuvent recouvrer une autre signification : soit qu’un « verrou » moral a sauté, soit que la conjoncture soit si tendue que les cambrioleurs s’attaquent à ce qui leur tombe sous la main.

Parce que les boutiques de pompes funèbres ne sont qu’une épiphénomène. Bien sûr, on compatis au choc de l’entrepreneur qui découvre sa société cambriolée, bien sûr, on réaffirme notre soutien aux employés traumatisés, menacés. Mais les cibles des cambrioleurs risquent rapidement de devenir les funérariums, les bijoux dont les défunts sont souvent parés. Des cas se sont d’ailleurs présentés, rarissimes.

Mais cela pose la question de la sécurisation des salons funéraires, des agences de pompes funèbres, et des lieux afférents, encore considérés comme « tabous » il n’y a pas si longtemps. Devra-t-on enfermer les défunts dans des blockhaus sécurisés pour que les familles puissent se recueillir sans inquiétude ? L’avenir nous le dira, mais la multiplication des faits nous incite au pessimisme.

Guillaume Bailly