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Thanatopraxie : pour des soins chaudement recommandés

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soins chaudement recommandés

Il fait au moins 2 000 C … bon j’exagère presque mais tout de même, vous aussi vous avez chaud : le jour vous avez la chemise de conseiller ou de dirigeant de pompes funèbres qui colle à la peau et la nuit, vous hésitez entre enlever la couette, mais vous n’aimez pas ça, ou la laissez mais dites adieu à votre oxygène. Même si nos défunts sont privés d’oxygène, eux aussi ont chaud, le corps, c’est scientifique, se décompose plus vite, la conservation devient plus compliquée, et les soins chaudement recommandés.

En formation de conseiller funéraire, vous avez au moins une journée consacrée à la thanatopraxie. Que vous ayez déjà vu un corps mort ou non, là n’est pas le propos, on va surtout vous apprendre à le vendre. On va vous expliquer l’éloignement géographique, que c’est mieux pour le deuil « beaucoup de personnes vont venir le voir ? » « avait-il une grande famille », « nos salons sont équipés du système digicode », etc. Sauf qu’il est rare que l’on vous parle des conditions climatiques. Peu importe qu’il y ait un frigo ou non, que le salon détienne le dernier équipement en matière de climatisation, quand il fait chaud, il fait chaud, et seul un granita – mélange framboise et citron de préférence- pourrait vous rafraichir un minima. Exit le carbo glace, même pour les nostalgiques de l’ancien temps, la seule solution pour nos défunts reste le soin de conservation. « Madame, monsieur, mes pensées vous accompagnent dans l’épreuve que vous traversez, mais attention : soins chaudement recommandés ».

Qui dit chaleur, dit plus de décès ? oui et non, c’est un peu comme le froid, la grippe, le pic de vieillesse à l’instant T d’une démographie, d’un pays, les décès arrivent par vague et pompes funèbres et thanatopracteurs se voient alors vite débordés. Il y a ceux qui vont dire « je ne suis pas favorable au tout soin, il s’agit d’une prestation inutile » Bon déjà, ça se discute, et ça n’est pas plus inutile que le capiton en satin dans le cercueil, mais bref, passons. Ensuite lorsque la température extérieure avoisine les 40°C, si, c’est nécessaire, si c’est important pour la famille de voir le corps comme si l’on était en Sibérie. Après tout personne ne choisit le lieu et l’heure de sa mort, enfin, pour l’instant.

Expliquez, non de diou, de la pédagogie

La famille est humaine, elle est comme vous, certes elle est bouleversée, certes elle a chaud, mais comme je vous l’expliquais par ici, elle comprendra. Le soin de conservation est une prestation on ne peut plus utile lors des pics de chaleur pour prévenir la dégradation abusive des corps et donc le maintien dans de bonnes conditions du défunt le temps que sa famille lui rende hommage, et le temps de la cérémonie.

Thanatopracteurs, pitié, de l’indulgence

Je sais, vous n’aimez pas refaire une heure de route pour refaire un maquillage qui s’est un peu effacé à cause des marques tactiles de l’entourage. Mais en cas de fortes chaleurs, les retouches sont parfois nécessaires, à fortiori, à de nombreuses reprises.  Je ne rentre pas dans les détails techniques parce que ma légitimité s’arrête là, mais n’hésitez pas non plus à davantage concentrer votre formol et injecter davantage de fluide, la conversation sera ainsi un peu plus longue ce qui vous évitera de revenir.  – oui je sais vous faites toujours ça, oui je sais vous faites bien votre travail, mais en bonne maman chamallow que je suis, je vous le rappelle.

Soins chaudement recommandés : de l’eau dans le vin, ou l’inverse

En d’autres termes tout le monde doit y mettre du sien autour de ce défunt, famille, pompes funèbres, thanatopracteurs, car l’objectif n’est-il pas la famille après tout ?  Et dites-vous que l’on rouspète assez toute l’année comme ça contre la météo, et si pour une fois on laissait le soleil un peu tranquille, faisons notre travail, suons à à grosses gouttes et aidons les familles à faire le deuil.

: Vous reconnaitrez un thanatopracteur ou une thanatopractrice à sa manière impeccable de s’habiller et à ses valises. Exit la barbe de Merlin l’enchanteur et la baguette magique, ce n’est pas un magicien. Le soin n’est pas non plus une solution miracle dont si vous laissez le corps même après un soin dans un endroit archi chaud, ça n’est pas sa faute, ni la faute de ses fluides, si le corps ne « tient pas ».

Chaleur mortelle, de plus en plus de concernés d’ici 2100

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chaleur mortelle

Hier c’était l’été, hier il faisait chaud, voilà quelques temps maintenant que les températures abusent légèrement, nous obligeant à déguster notre apéro bien frais quelques semaines en avance sur les vacances et à revoir notre manière de travailler. C’est un cri alarmant que vient de lancer une étude dans la revue Nature Climate Change. Actuellement, le risque de mourir de chaud concerne une personne sur trois dans le monde et la situation risque de s’aggraver. La chaleur mortelle peut elle devenir le gros danger de ce XXIème siècle ?

1/3 de la population mondiale, connaît des pics de chaleurs extrêmement dangereux pendant au minimum 20 jours. L’étude en anglais – met en garde que si rien n’est fait pour limiter le réchauffement climatique, alors cette propension devrait s’élever à 70% de la population d’ici moins de 100 ans. Pour les zones qui sont déjà touchées par cette chaleur mortelle, le risque serait qu’elles connaissent ces pics de chaleurs toute l’année.

Cette étude, au demeurant très intéressante explique que pour arriver à ces taux de pourcentage, les chercheurs ont travaillé sur des données entre 1980 et 2014. En 34 ans donc, 783 cas de surmortalité humaine ont été recensées et liées directement aux fortes chaleurs et ce dans 36 pays différents.

Personne n’a oublié la canicule de 2003, qui a tué près de 70 000 personnes dans toute l’Europe. La plupart des données proviennent des pays occidentaux, comme les 10 000 personnes mortes à Moscou en 2010. Mais l’étude s’appuie aussi sur d’autres régions du monde comme en Inde où la température à déjà dépassé les 50°C cette année.

En fait ce qui tue c’est un combo fatal de la chaleur associé à l’humidité de l’air. Les raisons évoquées sont très scientifiques, le corps doit transpirer et l’évaporation nous fait nous refroidir, or il n’y a pas d’évaporation possible lorsqu’il fait trop humide. 30 % de la population mondiale est directement concernée par cette combinaison d’effets.

Dans leur hypothèse la plus grave, 74 % de la population pourrait être concernée à terme par cette hausse des températures de près de 4°C. Certains pays tels que l’Indonésie ou encore le Nord du Brésil et l’Afrique de l’ouest pourraient subir des vagues de chaleur presque toute l’année.

À l’inverse, côté scénario idyllique, 50% de la population connaîtrait quand même ces vagues de chaleur de plus de 20 jours par an. C’est le cas pour des villes comme Caracas, ou encore Djarkarta.

Pour estimer le nombre de morts, c’est un peu plus complexe que des données de températures. Il est lié évidemment à la démographie à ce moment là, à l’âge, aux facteurs socio-économiques, et aux équipements mis en place pour pallier à cela. Comme à toutes les époques et pour toutes sortes d’épidémie ou de catastrophes naturelle ce sont les plus jeunes et les plus âgées qui seront les plus touchés.

Les convois en pleine chaleur, comment gérer au mieux vos décès ?

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convois en pleine chaleur

Ce sont les tongs aux pieds et un bol de fraises à la main que je vous écris aujourd’hui. Tout ça pour vous dire que ça fait un petit moment que le soleil brûle d’amour pour nous et d’après les prévisions météo, ça n’est pas prêt de s’arrêter. Canicule cette année ? En tout cas c’est possible. À ceux qui l’ont déjà connu ou à ceux qui s’apprêtent à le vivre, petits conseils glacés pour gérer au mieux vos convois en pleine chaleur, cet été.

Gérer les décès

Qui dit fortes chaleurs, peut éventuellement dire pic de décès, le même à peu de choses près que vous avez à gérer en hiver au moment de la grippe, du froid, et des nez qui coulent. Il faut avoir la même considération avec chaque famille, même si trois en même temps arrivent dans votre agence. Pas facile. La chaleur doit vous pousser à une chose : un sens aigu de l’organisation. Rien ne doit être laissé au hasard, vos employés doivent être briefés et n’hésitez pas à faire appel à de la main d’œuvre supplémentaire en cette période, quitte à demander de l’aide à la concurrence sur les convois. En tant de crise, faites appel à votre bon sens. Les obsèques doivent être gérées au mieux, et tout doit être calibré, soins de conservation, église, cérémonie, comme d’habitude en fait, mais avec encore plus de vigilance.

La chaleur et vous

Endossé dans votre costume, gardez la tenue, ne faites pas comme moi en allant en tongs au bureau, je suis chez moi personne ne me voit, vous oui. Si une personne est en chemise à manches longues, tout le monde doit l’être, idem avec les chemisettes, il n’y a rien de pire que du dépareillé. Privilégiez les chemises en coton, ça va de soi. En revanche, même si cela paraît évident, éviter les repas copieux le midi avec vos collègues, exit l’alcool aussi, privilégiez le frais et buvez beaucoup d’eau.

Équipez votre agence : si vous n’avez pas les moyens de mettre la clim, pensez au moins à un brumisateur pour vos équipes et à un petit ventilo. Pour la cérémonie, essayez au maximum de bénéficier de la fraîcheur des églises au lieu de rester dehors au soleil chewing-gum à la bouche, et lunettes de soleil vissées sur le nez – et ce en toutes saisons.

Pensez à vos thanatos et au défunt, faites vérifier vos équipements, la climatisation dans les salons et la fraîcheur du labo. Les soins sont en hausses à cette période de l’année, ça n’est pas pour rien, usez de pédagogie avec la famille. Idem dans le corbillard, si vous n’avez pas fait réviser la clim, allez-y tout de suite. N’en abusez pas en revanche, une cérémonie avec la voix enrouée, ça n’est pas terrible.

La chaleur et la famille

Parlez à la famille, elle comprendra, elle vit sur la même planète que vous, et elle aussi… elle a chaud. Vous avez des parapluies quand il pleut au cimetière ? Prévoyez la même chose, une tonnelle, des brumisateurs à distribuer ou des bouteilles d’eau, il n’y a rien de pire qu’une cérémonie au cimetière sous le soleil.

En agence, proposez-lui de l’eau, éventuellement du café et du thé, la chaleur permettant de réguler la température corporelle, bien mieux qu’un verre d’eau glacé.

Au petit soin avec la famille mais aussi avec vos employés, c’est important.

 

La nature assassine : La canicule de 2003

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Les volcans, les glaciers, le vent ou les océans lorsque la nature tremble ou se déchaine, non seulement elle entraine tout sur son passage mais elle est aussi très impressionnante. Parfois c’est plus sournois, discret, silencieux. Parfois la nature nous renvoie notre propre irresponsabilité comme un boomerang. Mais un boomerang mortel. C’est ce qui s’est passé en 2003, lorsque la canicule s’est abattue sur l’Europe.

La canicule exceptionnelle de 2003 est causée par une circulation atmosphérique d’altitude complètement bloquée. Un anticyclone se détache du flux, circulant normalement d’ouest en est par un puissant flux ininterrompu d’air très chaud et très sec remontant directement du Maghreb et d’Afrique du Nord sur l’Europe. Tout cela a eu pour conséquence des températures estivales exceptionnellement élevées sur la plupart de l’Europe de l’Ouest. Un système dépressionnaire prenait en tenaille cet anticyclone et à empêché par la même la formation de nuages. L’absence de vent et de nuit, qui sont des phénomènes familiers sont venus renforcer cet état. Ainsi le faible renouvellement de l’air est à l’origine d’un pic de pollution au dioxyde d’azote.

La canicule européenne de 2003 est un événement climatique exceptionnelle survenu de juin à août 2003.  De nombreux records de température sont enregistrés dans toute l’Europe et notamment en France. Les températures atteignent à certains endroits déjà 30 °C fin avril. Dans certains pays, comme la France les conséquences sur les écosystèmes et la population provoquent une crise politique. Dans la plupart des stations météorologiques, le mercure a atteint ou dépassé 40 °C.

Selon Météo-France, « cette période de canicule dépasse de très loin tout ce qui a été connu depuis 1873 par son intensité et sa longueur tant au niveau des températures minimales, maximales que moyennes ».

Différentes sources (Inserm, Insee, INED) comptabilisent environ 15 000 décès en sus durant les deux premières semaines d’août.

Ce sont majoritairement chez les personnes âgées qui sont touchées, représentant déjà la majeure partie des décès en période habituelle. Le groupe d’âge le plus atteint est celui des plus de 75 ans.

Polémique : le gouvernement a d’abord annoncé 3 000, puis 5 000 décès, et les projections par les entreprises de pompes funèbres ont fait état d’une surmortalité de 10 400 morts.

Selon une première estimation de l’Institut de veille sanitaire (InVS) la canicule a fait 11 435 morts du 1er au 15 août.

Le 25 septembre on en dénombre 14 802.

Les chambres mortuaires sont saturées. Un hangar réfrigéré du marché international de Rungis, est mis à disposition afin d’y entreposer temporairement les corps des défunts. À la date du 24 août, en région Parisienne, ce sont encore 300 corps non réclamés par les familles qui attendent une inhumation.

Les hôpitaux sont débordés et sonnent le signal d’alarme. Mais c’est trop tard pour l’État qui a sous estimé le problème et qui est vite pointé du doigt. Le 3 septembre 2003, 57 victimes parisiennes de la vague de chaleur n’ont pas été réclamées par des proches sont inhumés . Jacques Chirac qui nie la responsabilité de l’exécutif et Bertrand Delanoë assistent à la cérémonie.

En Europe la France arrive deuxième juste après l’Italie – 20 000 morts- dans le nombre de décès lié à la canicule.

C’est la première fois que l’espérance de vie recule.

Quatre ans après en mars 2007, le nombre de décès du fait de la canicule 2003 s’élève à 19 490 en France et à 20 089 en Italie ; pour l’ensemble de l’Europe, il est de l’ordre de 70 000.

Depuis des plans d’urgence ont été mis en place car les décès exceptionnellement élevés liés à la canicule sont le fait non seulement du climat mais aussi de la gestion socio-politique qui s’en est suivi. Personne n’oublie cette année là où les pompes funèbres ont du faire face à une urgence et un drame humain.

Pompes funèbres : convois d’été, lutter contre la chaleur

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La canicule de juillet

Travailler l’été, en pleine chaleur, peut s’avérer parfois compliqué. Il existe quelques petites astuces qui, si elles ne sont pas miraculeuses, peuvent vous aider à tenir une journée de convoi. Conseils Funéraire Info pour un été qu’on espère beau.

Se rafraîchir

Le brumisateur est sans doute la meilleure invention pour tenir à la chaleur. Cette décharge d’eau sur le visage vous aide momentanément à avoir une sensation de fraîcheur qui soulage souvent les maux dus à la chaleur. Si la vaporisation sur le visage est bienfaisante sur le plan thermique, la vaporisation dans le cou est efficace pour contracter les vaisseaux sanguins, et éviter les migraines, pour ceux qui sont sensibles à la céphalée.

Pour faire baisser la température du corps, une solution consiste à se laisser couler longuement de l’eau froide sur les poignets. Zone accessible et fortement vascularisée, le sang refroidi circulera dans tout le corps et aidera à réguler sa température. Et ça tombe bien : les cimetières sont généralement pourvus de robinets, cherchez les arrosoirs.

Boire beaucoup

Ca, vous le savez : il faut s’hydrater quand il fait chaud. Si l’eau est largement préconisée, un autre allié a un pouvoir hydratant équivalent : le thé glacé. Ce dernier a de surcroît l’avantage d’être sucré, et de pouvoir donc vous fournir des sucres rapides.

En cas de déshydratation suspectée, faite les test du pli cutané. Prenez entre l’index et le pouce la peau de la face dorsale de la main. Si le pli persiste, vous êtes en manque d’eau.

Assistez aux cérémonies religieuses

Oui, on a tendance, dès qu’on peut, à fuir les églises. Pourtant, surtout les plus anciennes, elles sont construites en pierre épaisse qui font office d’isolant naturel. Il y règne une température inférieure de quelques degrés à l’extérieur. C’est toujours ça de pris.

Rien ne vous empêche non plus de vous réfugier dans le corbillard, moteur allumé, et de faire tourner la clim. Ceci dit, attention : la climatisation assèche les muqueuses. Évitez de renifler du pollen en transportant les fleurs juste après, et attention si vous portez des lentilles de contact…

La solution bonus

Enfin, il existe une dernière solution pour éviter les périodes de forte chaleur estivale eu travail : économisez soigneusement vos jours de congés et vos RTT, posez un mois de vacances du 14 juillet au 15 août, et offrez vous une croisière en Antarctique. Quel plaisir de regarder barboter les pingouins en pensant à vos collègues qui transpirent dans leurs costumes sombres…

Météo : voici la première alerte canicule de l’année

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La canicule de juillet

Pour la première fois de l’année, la canicule s’installe sur le pays ce lundi. Météo-France a placé sept départements du centre-ouest en alerte orange. Il est prévu des températures au-delà de 35 degrés, sans baisse significative durant la nuit. Rappelons que la forte chaleur avait l’an dernier entrainé une surmortalité française d’environ 3.300 décès.

Ce premier épisode de 2016 entre Loire et Charente devrait perdurer ces prochains jours, à entendre les prévisionnistes. Les pouvoirs publics recommandent aux personnes fragiles de ne pas sortir au soleil aux heures les plus chaudes du jour. Il faut également rechercher les endroits frais, boire beaucoup, et se rafraichir en se mouillant le corps régulièrement.

Cet air chaud devrait se décaler et remonter sur le pays (Bourgogne, Ile-de-France, vallée du Rhône, l’Est) d’ici à mercredi. Les spécialistes parlent de canicule quand les températures sont hautes et ne descendent pas dans la nuit, pendant au moins trois jours de suite. Des conseils sont prodigués par le ministère de la Santé, en appelant le 0800.06.66.66.

Démographie : 600.000 morts en France l’an dernier

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La canicule de juillet

C’est historique. L’an dernier, la France a connu sa pire mortalité depuis la Seconde guerre mondiale. 600.000 morts en 2015, soit une hausse de 7,3% des décès en un an. Voilà ce que précise l’Insee dans son dernier bilan démographique, présenté hier mardi.

Le pays vieillit, et ses 66,6 millions d’habitants avec. Le solde naturel s’est rétréci sous l’effet conjugué de nouveau-nés moins nombreux et de morts plus abondants. Selon l’Institut de la statistique, ces derniers sont le reflet d’une population qui voit le volume de ses plus de 65 ans augmenter, tout comme le taux de mortalités après 65 ans. Cette tranche d’âge représentait 18.8% des Français au 1er janvier 2016.

Funéraire Info a relaté tout au long de l’année dernière les épisodes sanitaires successifs qui ont aussi joué, amplifiant le phénomène. Trois principalement. Il y a d’abord eu la grippe du premier trimestre. Puis la canicule de juillet. Et enfin une vague de froid en octobre. Sale temps.

Du coup, l’espérance de vie à la naissance recule nettement. Un enfant né en 2015 en France vivra en moyenne 85 ans (une femme) ou 78,9 ans (un homme) avant de croiser la route d’un entrepreneur de pompes funèbres, et d’avoir à faire ces difficiles choix : cercueil en bois ou en carton ? Inhumation ou crémation ? Un indépendant, PFG ou Pascal Leclerc ?

Toutefois, prévient l’Insee, il faut relativiser. Ce coup d’arrêt dans l’espérance de vie n’est qu’un épisode (comme en 2003 et 2012), pas très significatif. En effet, la tendance est à la hausse constante depuis vingt ans.

Souvenirs de canicule et sueurs froides pour les croque-morts

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Il arrive parfois que les pompes funèbres interviennent dans des situations extrêmes. Lors de la fameuse canicule qui a sévi dans le pays en 2003, des équipes ont été appelées en renfort.

C’était l’été 2003, et le ministre de la santé en polo n’avait pas encore annoncé que tout allait bien, rajoutant au désastre sanitaire un scandale politique. Mais déjà, aux pompes funèbres, le système frôlait la surchauffe. Le responsable de cette grande régie de région parisienne s’était rendu, à la demande de son régleur, au dépôt principal, pour y constater les besoins en terme d’hommes et de matériel.

Ce qu’il constata, c’est surtout que ses équipes étaient débordées, et qu’elles avaient besoin de repos.

Dans cette autre régie municipale de l’Ouest de la Bretagne, la directrice avait convoqué le personnel. Tout le monde s’était rassemblé dans le garage, en chemisette, pour fuir la chaleur. Tout le monde avait conscience qu’il se passait quelque chose.

« Bon, vous avez tous constaté qu’il fait extrêmement chaud, et ici, pour vous donner une idée, nous sommes épargnés. Nos collègues de Paris, eux, sont complètement saturés de décès depuis quelques jours, et la situation en va pas en s’arrangeant. Comme ici, la situation semble sous contrôle, je leur ait dit que nous leur apporterions notre aide, si possible. Y aurait il parmi vous des volontaires pour constituer une équipe en renfort ? »

Il y en avait eu plusieurs, et quatre furent sélectionnés pour partir. Deux porteurs, qui avaient une expérience de Maîtres de Cérémonies, et savaient donc parler aux familles. Un thanatopracteur, dont la fonction serait d’appuyer les porteurs et de faire le tri entre les corps présentables ou non. Un conseiller funéraire, pour aider à l’administratif.

L’équipe embarqua dans un corbillard, leurs bagages sur la plage arrière, là ou étaient habituellement disposées les fleurs. Personne ne fit mine de mettre valises et sacs dans la catafalque, et personne non plus ne suggéra l’idée. Ils partirent joyeux vers la capitale, bien décidés à mener grand train après des journées de travail bien remplies.

Ils restèrent une semaine sur place.

Finalement, ils ne menèrent pas grand train, et leurs journées étaient toutes similaires.

Ils se levaient tôt le matin. Le conseiller funéraire rejoignait alors le plateau d’accueil qui avait été aménagé pour recevoir les familles, les identifications de police, et organiser les obsèques d’indigents lorsque personne ne pouvait s’en occuper.

L’équipe, elle, partait sur le terrain. Le matin, une première demande d’intervention tombait, ils se rendaient à l’adresse indiquée, levaient le corps. La police leur donnait alors l’adresse du dépôt ou ils devaient déposer le corps, ils s’y rendaient, stockaient le défunt selon les instructions qui leur étaient données, recevaient alors une nouvelle adresse et reprenaient la routine.

Sur place, c’était toujours la même chose : une personne, âgée ou malade, seule, décédée de puis plusieurs jours, en état de décomposition avancé. C’étaient les voisins, alertés par l’odeur, ou sensibilisés par les informations, qui prévenaient les pompiers.

Leur pire journée, me confièrent ils, ils procédèrent à quinze de ces réquisitions. Sur tous les corps qu’ils convoyèrent durant leur détachement, seul un fut considéré par le thanatopracteur comme susceptible de recevoir des soins de conservation.

Puis le niveau des décès retomba vers la normale et ils rentrèrent. Le directeur tint à venir les remercier personnellement. Ils pensaient s’arrêter faire la fête à paris, lorsqu’ils évoquaient leur départ, quelques jours auparavant, mais quand vint le moment, ils prirent la direction de l’Ouest sans même s’arrêter.

Ce fut le seul cas ou le travail des pompes funèbres sur une catastrophe fut tellement mis en avant. Sans doute était-ce dû au grand nombre de décès, ou était-ce parce que des personnes âgées mortes frappaient plus que des personnes âgées sur un brancard dans le couloir des urgences d’un hôpital.

Il y eut des conséquences à cette affaire, mais il y en eut une dont on ne parla jamais : parmi les professionnels chevronnés qui intervinrent sur la canicule, beaucoup firent des cauchemars liés au pour la première fois. Et aujourd’hui encore, il leur arrive de se réveiller au milieu de la nuit.

Eté 2015 : la canicule a tué 3.300 personnes en plus

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La canicule de juillet

On l’attendait, le voici : l’Institut de veille sanitaire a dressé le bilan des victimes des trois épisodes de canicule de l’été dernier, entre le 29 juin et le 9 août. Ensemble, ils ont causé le décès de 3.300 personnes supplémentaires. Rien à voir toutefois avec les 15.000 morts supplémentaires dus à la canicule d’août 2003.

Ainsi donc, les fortes chaleurs (entrainant hyperthermie, déshydratation…) ont fait augmenter de 6,5% la moyenne estivale habituelle de la mortalité. Les trois-quarts des victimes avaient plus de 75 ans (soit presque 2.500 personnes). Pour autant, cet « accident statistique » changera t-il les données sur l’ensemble de l’année 2015 ? Les experts ont l’habitude de pondérer une surmortalité saisonnière en indiquant que les décès sont souvent des personnes fragiles qui seraient de toute façon décédées sous peu.

Il faudra encore attendre un peu pour examiner le détail des pathologies à l’origine directe de ces décès. L’institut (qui étudie l’état de santé de la population) constate qu’il y a eu un recours accru aux structures d’urgence, dans toutes les régions touchées. SOS Médecin, l’été dernier, avait dressé le même constat.

Le premier épisode caniculaire a duré dix jours à partir du 29 juin, et s’est étendu sur 40 départements, principalement au nord-est du pays. Il a causé à lui seul 2.000 décès supplémentaires. Les deux suivants (14 au 23 juillet et 5 au 9 août) ont tué environ 600 personnes supplémentaires chacun.

Canicule et surmortalité : trop tôt pour mesurer l’effet

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Marisol Touraine (capture site ministère Affaires sociales et Santé)

Les pouvoirs publics moulinent-ils, histoire d’y trouver une publicité à bon compte ? Les  médias dramatisent-ils trop vite ? En ces jours de fortes chaleurs, la canicule a en réalité eu pour l’instant des conséquences sanitaires limitées.

A entendre hier la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, l’épisode chaud du début du mois (29 juin au 5 juillet) aurait causé une surmortalité pour 700 personnes, surtout âgées. Soir 7% d’augmentation par rapport à la moyenne de cette période. Une hausse très limité, explique-t-elle, grâce à une bonne campagne d’information préventive et à la mobilisation des services de santé et des établissements médicaux-sociaux. Par comparaison, la canicule de 2003 avait tué 15.000 Français supplémentaires (+ 55% d’augmentation par rapport à la moyenne estivale).

Marisol Touraine a indiqué également qu’au début du mois, 3.580 personnes étaient passées aux urgences, soit trois plus que dans une période normale. De plus, le centre d’appel d’aide médicale d’urgence SOS Médecin a été sollicité dix fois plus que d’habitude avec plus de 1.460 consultations.

Dans le quotidien « Le Figaro » d’hier, le professeur François Piette (gériatre) relativise. Il appelle à attendre la fin de l’été pour tirer des bilans et se méfier des chiffres. La canicule n’est pas forcément la tueuse annoncée. Plus : pour lui, elle a un effet important sur des personnes déjà fragiles, et précipite donc le décès qui aurait du intervenir dans l’année de toutes façons. Ainsi, l’année 2004 a connu moins de morts que d’habiture, 2003 ayant accéléré des fins qui s’annonçaient. Sans compter que l’hiver est bien plus meurtrier que l’été. Il meurt en moyenne 30.000 personnes en cette saison. Soit l’équivalent de deux canicules de2003.