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Un catafalque automatisé pour les obsèques du futur

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corbillard automatique

Les robots vont ils nous remplacer ? Jusqu’à il y a très peu de temps, la question appartenait aux domaines de la science-fiction et du travail à la chaîne. Mais le progrès ne semble plus s’arrêter, comme le prouve ce catafalque entièrement automatisé, qui voudrait préfigurer les obsèques du futur.

« Chef, chef, y’a le catafalque qui vient de se faire la malle !
Mais non, c’est le nouveau corbillard automatique. Au fait, on n’a plus besoin de toi, passe à la compta prendre ton chèque. ».

L’Aeternal, catafalque de la société Lunatic Concept, basée à Bombay, en Inde, et de son patron/designer Abhishek Roy, n’est pour l’instant qu’un projet qui ne va pas plus loin qu’un plan et quelques photos sur un ordinateur.

L’idée est très simple : un véhicule moderne pour des obsèques luxueuses et un tantinet original. Abhishek Roy s’est posé la question de ce qui pouvait être à la fois suffisamment emblématique et susceptible d’être amélioré. Alors que ses confrères planchent sur des idées de cercueils révolutionnaires ou de tombes connectées, Abhishek Roy s’est, lui ; posé la question de ce que pourrait être un corbillard du futur.

Corbillard ? Un tantinet abusif. Son concept ressemble plus à un catafalque. Un chariot de la taille d’un corps, à peine plus, bas, muni de petites roues. Mais la comparaison s’arrête là. gardons néanmoins cette dénomination de catafalque, plus proche de ce que nous connaissons.

Le défunt est allongé dessus, protégé par une bulle de plastique renforcée parfaitement transparent. Bulle étanche, puisqu’un système d’air conditionné permet de conserver le corps à la température idéale afin qu’il ne subisse pas de dégradation importante.

Le catafalque est placé sur un système de roues mécanisées. Chacune peut se mouvoir indépendamment des autres, permettant ainsi au véhicule de se déplacer dans toutes les directions, de toutes les façons. Tourner sur place, se déplacer latéralement, toutes les fantaisies sont permises. Et, comme dans tout véhicule high tech qui se respecte, en pilotage automatique. Un pilotage manuel, par le biais d’une télécommande, est également possible, même à longue distance, comme les drones.

Abhishek Roy précise que son véhicule peut ainsi, du lieu du repos du défunt jusqu’au cimetière, être utilisé dans toutes les situations.

Petit détail qui tue, si j’ose dire, le catafalque est, bien entendu, équipé d’une sonorisation surround, pour la cérémonie au cimetière, mais aussi d’un projecteur holographique, qui peut servir à projeter des images ou des films du défunt, à la demande de la famille. Pour les esprits particulièrement tordus, oui, son holographe peut être projeté parmi l’assistance, pour qu’il puisse assister à son propre enterrement.

Bon, certes, ce n’est qu’un projet, encore loin de voir une concrétisation. Certes, il y aura des adaptations : en Inde, le cercueil n’est pas obligatoire, le défunt repose à même la terre ou est crématisé dans un linceul, et clairement l’objet est conçu pour le marché local.

Mais, il n’empêche, amis professionnels de funéraire : à l’heure ou vous lisez ces lignes, quelque part dans le monde, quelqu’un travaille à la meilleure manière de se passer de vous. Hasta la vista, je reviendrais.

Le catafalque

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president-lincoln-catafalque-300x216 Le catafalque
Catafalque du président Lincoln

Le catafalque est le support sur lequel on dépose le cercueil. Il désigne aujourd’hui par extension le caisson à l’arrière des corbillards ou l’on transporte le cercueil.

Origine du mot et usage

Le mot vient de l’Italien « catafalco », lui-même issu du latin vulgaire « catafalicum ». À la surprise générale, ce mot ne désigne pas un objet typiquement funéraire, mais pré-funèbre, plutôt : l’échafaud. Nous savons peu de choses des méandres qui ont présidé au changement de sens du mot : entre le XIème et le XIIème siècle, le mot a muté pour devenir « échafaud », et le catafalque est devenu une estrade sur laquelle l’on posait le cercueil dans les églises. Ce sont les pompes funèbres qui s’en sont emparé pour dénommer le caisson dans lequel repose le corps lors de son transport, avec ou sans cercueil.

Pratique

f1.highres-300x243 Le catafalque
Bateau catafalque de Napoléon

L’on dénommera catafalques les grandes estrades majestueuses sur lesquelles reposent les cercueils prestigieux. Généralement décorées, on s’en sert surtout pour les rois, les princes (comme à Monaco) ou les papes. A moins d’exercer des fonctions de régence ou de droit divin, l’usage d’un catafalque au sens chrétien du terme pourra être perçu comme la preuve d’un ego surdimensionné.

L’usage du terme catafalque pour désigner un caisson de transport de corps, réfrigéré ou non, quoique étymologiquement incorrecte, s’est généralisée et sera beaucoup plus élégante, au final. Un cercueil posé sur des tréteaux dans un lieu de cérémonie pourra être désigné comme reposant sur un catafalque, puisqu’il s’agit d’une version épurée mais de même usage de l’objet.

Le corbillard

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Le corbillard est le véhicule indispensable, aujourd’hui, aux pompes funèbres. Mais d’où vient l’usage, et le nom, de cette funeste voiture ?

La peste, encore

corbillard-300x214 Le corbillard
Bienvenue dans le catafalque

Le nom corbillard ne désignait pas, à l’origine, une charrette, mais un bateau. Et c’est durant cette fameuse épidémie de peste ou furent baptisés les croque-morts et la bière, celle d e »mise en bière », bien entendu, que le véhicule des pompes funèbres trouva son nom, ou plutôt son surnom.

Durant les épidémies de peste du XIéme siècle, les corps amoncelés à Paris posaient problème. Des fosses communes avaient été creusées, entre Paris et l’actuelle ville de Corbeil. Le plus simple, à ce moment là, pour évacuer les corps, était d’utiliser un bateau qui faisait la liaison entre Paris et Corbeil, et qui était appelé le corbeillard.

Le nom resta aux charrettes qui, ensuite, servirent aux obsèques, et, déformations après déformations, devint corbillard. Tout simplement, quitte à faire de la peine aux habitants de Corbeil.

Une révolte ? Non, une révolution

Le corbillard Continua son chemin dans l’histoire. Elitiste, il fut d’abord réservé aux riches, d’abord sous la forme d’une charrette à bras, puis, à partir de la renaissance, sous la forme d’un carrosse hippomobile. Le peuple, lui, continua de se contenter de la charrette ou de la force des bras.

Ce fut la révolution Française, encore, qui démocratisa la voiture hippomobile pour tout le monde. Au terme d’une longue période d’incertitudes, le monopole des pompes funèbres revint à l’église, qui avait pour mission de fournir le véhicule. La différence de classe sociale était alors marquée par le nombre de chevaux qui composait l’équipage, de un à six.

Puis, au début du XXéme siècle, le corbillard se motorisa. Les chevaux et le moteur à explosion cohabitèrent, à certains endroit, jusqu’aux années 1970, ou le cortèges hippomobile disparut au profit exclusif du corbillard motorisé. A certains endroits, l’usage des chevaux est interdit, à d’autres, il est toléré, mais reste surtout l’apanage de cortèges de prestige.

Aujourd’hui

Le corbillard, aujourd’hui, a été scindé en deux véhicules, ou en un seul polyvalent : transport de corps avant et après mise en bière, selon qu’il est équipé ou non d’un compartiment réfrigéré. Son homologation fait l’objet d’un passage aux mines et d’un numéro d’agrément après qu’il ait été équipé d’un catafalque.

On regrettera peut être qu’aujourd’hui, le corbillard soit devenu un véhicule comme un autre : il était un temps ou les automobilistes laissaient passer les convois funéraires. Aujourd’hui, il est fréquent de voir un corbillard arrêté à un cédez-le-passage tandis que le flot de la circulation s’écoule, indifférent.

Finissons ce petit article avec une chanson de Armand Gouffé (1775 – 1845) et une proposition : pourquoi ne nous posteriez-vous pas une photo de votre corbillard, en commentaire de cet article ?

« Le Corbillard » Armand Gouffé

Que j'aime à voir un corbillard !
Ce début vous étonne?
Mais , il faut partir, tôt ou tard ,
Le sort ainsi l'ordonne ;
Et, loin de craindre l'avenir,
Moi , dans cette aventure,
Je n'aperçois que le plaisir
De partir en voiture.
En voiture , nos bons aïeux
Se plaisaient; mais du reste ,
Chez eux , quand on fermait le» yeux ,
On était plus modeste.
Nous n'avons pas , vous le voyez ,
Leur ton , ni leur allure ;
Nous mettons les vivants à pieds ,
Et les morts en voilure.
Le riche , en mourant , perd son bien ;
Moi , je vois tout en rose :
Je n'ai rien , je ne perdrai rien ,
C'est toujours quelque chose;
Je me dirai : D'un parvenu
Je n'ai pas la tournure ;
Pourtant , à pied je suis venu ,
Et je pars en voiture.
De ces riches', qu'on trouve heureux,
Quel est donc l'avantage?
Ils font, par des valets nombreux,
Suivre leur équipage.
Ce luxe ne m'est point permis ,
Ma richesse est plus sûre ;
Un jour , ou verra mes amis
Derrière ma voiture.
A mon départ , en vérité,
Je songe , sans murmure ,
Pourvu que, long-temps , la gaîté
Piemise ma voiture.
O gaîté, ! lorsque tu fuiras ,
Invoquant la nature,
Je dirai ; Fais , quand tu voudras ,
Avancer ma voiture!